INTRODUCTION

Au 19ème siècle, les puissances impérialistes et le Japon profitent de la faiblesse de l’empire du milieu pour s’atteler à la division du pays en zones d’influences confiées aux puissances étrangères. Mais au 20ème siècle, l’histoire chinoise est surtout caractérisée par la lutte pour la libération nationale et l’émancipation sociale. Entamé dans la 1ère décennie du 20ème siècle, ce combat est lancé par Sun Yat Sun avant que le PCC (Parti Communiste Chinois) crée en 1921 ne continue la lutte au lendemain de la 2ème guerre mondiale. Alors de 1945 aux années 90, l’histoire de la chine moderne est très mouvementée : reprise de la guerre civile, l’ère Maoïste et la période des réformes.

I- L’AVENEMENT DU COMMUNISME CHINOIS 49 - 56

1- La victoire communiste

La guerre Sino-japonaise provoque une alliance entre le Guamindang de Tchang Kai Tchek et le PCC de Mao. Cette alliance est rompue en 1945 après la défaite du Japon : C’est la reprise de la guerre civile (45-49). Bien implantés dans les campagnes du Nord-Ouest, les communistes constituent une armée populaire de libération qui lance plusieurs opérations en direction de la chine centrale.
Bénéficiant de l’appuie des masses paysannes, grâce aux réformes à gré effectués dans les zones qu’ils contrôlent, les communistes s’emparent peu à peu de toutes les grandes villes chinoises. Après la chute de Canton, Tchang se réfugie sur l’île de Taiwan avec 2 millions de chinois nationalistes et le gouvernement de Taiwan est reconnu par les occidentaux comme seul représentant chinois au conseil de sécurité de l’onu. Le 10 Octobre 1949, Mao proclame à Pékin la naissance de la république populaire de chine qui est aussitôt reconnue par l’URSS et ses alliés.

2- La voie soviétique

Le traité d’assistance et d’amitié mutuelle signé avec l’URSS en Février 1950 concrétise l’alignement de la république populaire de Chine en le modèle soviétique. On constate dans le domaine politique :

Le PCC dirigé par un bureau politique, domine les institutions de l’état. Le véritable pouvoir est partagé entre un conseil de gouvernement présidé par Mao et un conseil des affaires de l’Etat présidé par Zhou Enlai.

  •  Le PCC contrôle toute la vie sociale grâce à ses organisations militaires syndicales, ses mou-vement de jeunesse, de femmes… L’enseignement du Maoïsme est obligatoire. En re-vanche, la culture traditionnelle est répudiée notamment dans le domaine religieux.
  •  La censure politique, la répression policière est omniprésente. Des millions de contre-révolutionnaires sont arrêtés, exécutés après des jugements sommaires des « tribunaux du peuple » ou envoyés dans des camps de rééducation politique. Mao reconnaitra la liquida-tion de 840.000 personnes entre 1949-1954. On applique le même modèle stalinien dans le secteur économique.
  • Après la grande réforme agricole de 1950 qui avait entrainé la redistribution de la moitié des terres cultivées, celles-ci sont collectionnées de 1953 à 1956 : ainsi, l’Etat peut-il préle-ver les bénéfices de surplus agricoles pour financer l’industrialisation.
  • Dans le cadre d’une planification rigide lancée par la 1ère quinquennal de 1953, la priorité est accordée à l’industrie lourde. Mais ce modèle est critiqué à partir de 1956 par Mao lui-même qui se détache de l’URSS et qui tente d’imposer à la société chinoise un modèle communiste original.
    II- La voie chinoise du socialisme ou le modèle maoïste
    Elle a été définit par Mao lui-même : « Prendre l’agriculture pour base et l’industrie pour facteur dominant »
1- Le grand bond en avant (1958 - 1960)

Le passage au socialisme chinois ne doit pas venir d’en haut mais s’est effectué à travers des mouvements de masse, des campagnes censées exprimer les préoccupations du peuple. En réali-té, le pouvoir s’en sert pour éliminer les opposants : c’est le cas en 1957 avec la campagne des cents fleurs qui appelle les intellectuels chinois à formuler leurs critiques sur le régime. Mais cette tentative de libre expression est vite réprimée.
En 1958, Mao lance « le grand bond en avant » qui a pour but de stimuler en un temps record la production par la collectivisation agricole, l’élargissement des infrastructures industrielles et la réalisation de projets de travaux publics. D’envergure utopique, ce projet tourne vite à la catastrophe à cause des erreurs de gestion et surtout du manque de motivation des paysans. Très critiqué au sein du parti, Mao reste à sa tête mais doit abandonner en 1959 la présidence de la république à son adversaire Liu Shaoqi.
L’échec du grand bon en avant va déboucher sur une autre manoeuvre de Mao : reprendre le pouvoir et exclure ses adversaires du parti. Il s’agit de la révolution culturelle qui plongera la Chine dans le chaos et permettra à Mao de revenir à la tête du pays jusqu’à sa mort en 1976.

2- La révolution culturelle (1966-1976)

En 1966 Mao lance la révolution culturelle : c’est un appel à la révolte de jeunesse contre l’appareil de P.C, rendu coupable des erreurs du passé et suspecté de vouloir restaurer le capitalisme. Etudiants, ouvriers, soldats affrontent les cadres du parti P.C et des comités révolutionnaires se créent dans tout le pays en 1967. Avec le soutien de l’armée dirigé par le maréchal Lin Biao, Mao reprends en main le P.C et en fait exclure Liu Shaoqi. Des millions de chinois sont à nouveau victimes de l’épuration maoïste.

III- L’ère des réformistes ou l’économie socialiste de marché

Les problèmes causés par l’échec du grand bond en avant n’ont pas été résolus par la révolution culturelle. Pour les « pragmatiques » tels que le premier ministre Zhou Enlai et son conseiller Deng Xiaoping influant dans le P.C, il faut privilégier avant tout la croissance au détriment de l’idéologie. Face à eux, Lin Biao et les maoïstes radicaux veulent au contraire prolonger l’ergonomie de l’armée. Cet affrontement entre les deux clans se double d’une opposition sur la politique étrangère : les pragmatiques sont partisans d’un rapprochement avec les USA.
Pendant ce temps, les voisins de la chine populaire constituent les 4 dragons de l’économie asiatique. Leur exemple conforte la position des réformistes qui souhaitent une libéralisation del’économie chinoise.
Fort de ce succès, Zhou Enlai peut lancer en 1975 une grande réforme économique connue sous le nom des « 4modernisations » : industrie, agriculture, science et technologie défense nationale mais il meurt en Janvier 1976 quelques mois avant Mao décédé le 09 septembre. Le sursis du maoïsme, avec le pôle Hua Gusfeng sera sans lendemain. Impopulaire, Gusfeng va être remplacé par Deng Xiaoping en 1978. Ce dernier généralement considéré comme celui étant à l’origine du développement économique de la chine actuelle.
L’ouverture chinoise au capitalisme libéral atteint son apogée avec la mise en place des ZES (Zone Economique Spéciale) qui accueillent des entreprises financés par des capitaux étrangers et mixtes. Le régime de pékin met alors en pratique le fameux slogan « Que l’étranger serve le national ». Cette politique de libération de l’économie fait adhérer la Chine au FMI et à l’OMC (2001). Le paradoxe de la chine c’est de conduire un système économique libéral sous un régime politique socialiste. L’économie est libéralisée et non la politique : c’est cette alliance de libéralisme économique et d’autoritarisme politique que l’on appel le socialisme de marché.
Malgré cette ascension fulgurante, le pays fait face également à des problèmes socio-économiques et politiques persistants

CONCLUSION :

En 1949, Mao sort victorieux de la guerre civile contre le duo. Jusqu’en 1976, il tente plusieurs voies dans son oeuvre de reconstruction du pays en utilisant le model soviétique et son propre modèle sans réussite.
Mais en 1976, au milieu des années 90, la chine de Deng Xiaoping s’ouvre à l’occident et adopte une économie de marché mais tout en gardant un régime politique autoritaire. Malgré son histoire mouvementée, le pays n’arrête pas de monter en puissance en entrant en force aujourd’hui dans l’économie mondiale.

×