LA RÉPARTITION DE LA POPULATION MONDIALE

INTRODUCTION

L’œkoumène, c’est-à-dire, la partie de la surface terrestre occupée en permanence par l’homme, ne représente que le dixième de la superficie de la planète. L’homme n’est pas partout présent sur la surface de la Terre. La répartition de la population est très inégale. Deux grands foyers de peuplement, l’Asie  du sud et de l’est et l’Europe, rassemblent à eux seuls 70 % de la population mondiale. A des régions vides ou presque s’opposent des régions fortement  ou moyennement peuplées. Cette inégale distribution à l’échelle de la planète Terre s’explique par des facteurs d’ordres physique, économique et historique.

I-UNE CARTE DE LA RÉPARTITION HUMAINE TRÈS CONTRASTE 

Pour exprimer les différences de peuplement et mettre en valeur le degré d’occupation d’une région par rapport à une autre, on utilise les notions de densité, de surpopulation et de sous-population.

La densité nous donne une idée de la répartition de la population. Elle est commode mais ne montre pas les inégalités à l’intérieur d’un ensemble. Elle ne nous montre pas le rapport entre la population et les ressources disponibles. Elle s’exprime en habitants par km2.

A l’échelle mondiale, la densité moyenne avoisine 44 hab/km2. Il y a cependant une très grande discontinuité dans l’occupation. Les continents ne sont densément peuplés que sur 20 % de leur superficie, 30 % sont occupés de manière discontinue et 50 % sont vierges de toute population. Comparées à l’Asie et à l’Europe, l’Amérique, l’Océanie et l’Afrique semblent peu peuplées. A l’intérieur des continents aussi, on note de grandes inégalités. En Afrique par exemple, le Sahara présente une densité de 0,3 hab/km2 alors que la vallée du Nil compte plus de 500 hab/km2.

A l’intérieur des pays, la répartition est inégale. Au Sénégal par exemple, 2/3 de la population sont concentrés sur 1/10 des terres. En Egypte, 99 % de la population se regroupent sur 3 % du territoire, le long de la vallée du Nil. Au Japon, 80 millions de personnes s’entassent sur 3 % du territoire ; d’ailleurs 70 % de la superficie japonaise sont totalement vides.

1-Des zones fortement peuplées

Trois foyers s’observent

  • L’Asie

C’est le continent le plus peuple avec plus de la moitié de la population mondiale. La densité moyenne est de 77 hab/km; mais l’Asie des moussons est le foyer le plus densément peuplé. On y trouve des géants démographiques comme la Chine (1,3 milliards d’habitants), l’Inde (1 milliard d’habitants). Six pays de cette zone ont des populations qui dépassent 100 millions d’habitants.

  • L’Europe

Elle rassemble 726 millions d’habitants, avec une densité moyenne d’environ 68 hab/km2. Le peuplement de l’espace est assez homogène, mais les plus forte densités s’observent surtout en Europe occidentale (Angleterre, Italie du Nord, Allemagne, Belgique, Pays-Bas).

  • Le foyer nord-américain

Les rives atlantiques de l’Amérique du Nord sont très peuplées. Assez récent, le foyer n’est vieux que de deux siècles. L’Est des Etats-Unis présente un long chapelet de villes sur plus de 1 000 km : c’est la Mégalopole atlantique (de Boston à Washington, en passant par Philadelphie, New York, Baltimore, Trenton, etc.).

2- Des zones vides ou presque

L’absence ou la rareté de la vie végétale, la sécheresse ou le froid excessif limitent la présence de l’homme. L’Antarctique est désert et les terres arctiques, les grands massifs montagneux comme les Andes et les Montagnes Rocheuses aux Etats-Unis sont à peine peuplés. Les déserts chauds de la zone tropicale et les déserts froids de l’Asie centrale sont aussi des zones faiblement humanisées. La forêt dense d’Afrique équatoriale et la forêt amazonienne sont des zones à faibles densités. Les déserts presque vides en hommes occupent pourtant les 2/3 des terres émergées.

II-LES FACTEURS EXPLICATIFS DE L’INÉGALE RÉPARTITION DE LA POPULATION MONDIALE 

L’inégale répartition de la population est liée à des facteurs d’ordres physique, économique et historique.

1- L’influence des facteurs physiques

La contrainte exercée par le climat est double. Les températures excessives et les pluies diluviennes peuvent rendre le milieu inhospitalier ou inhumain. Le climat détermine les conditions hydrographiques, végétales, pédologiques et les conditions de l’agriculture. Trois zones se révèlent particulièrement répulsives :

les zones polaires où le froid éprouve l’organisme ;

les zones arides où le manque d’eau n’autorisent pas généralement l’agriculture ;

les régions humides et chaudes sont inhospitalières du fait de la persistance des maladies endémiques qui menacent les hommes et les animaux. C’est le cas par exemple dans la forêt dense équatoriale et dans les zones marécageuses du milieu tropical.

2-Les facteurs économiques

Les facteurs économiques prennent une place de plus en plus importante. Les populations rurales s’accumulent dans les régions fertiles ou irriguées. La population s’agglomère aussi à proximité des zones minières et énergétiques et sur les axes de communication. Aussi les opportunités d’affaires, la disponibilité des industries et l’expansion du secteur tertiaire sont-elles les éléments explicatifs majeurs des fortes densités de population à l’échelle mondiale.

3-Le poids de l’histoire

Certaines concentrations de population ne peuvent être expliquées que par l’histoire. La surcharge humaine de certaines montagnes et des forêts résulte de la recherche de zones de refuge durant les périodes troubles.

Les fortes densités du nord-est des Etats-Unis sont ainsi liées aux courants migratoires venus d’Europe et d’Afrique alors que les faibles densités de certaines zones côtières d’Afrique s’expliquent par les ravages de la traite négrière atlantique. Les fortes densités de l’Asie et de l’Europe s’expliquent aussi par l’existence de civilisations agricoles (riz et blé).

CONCLUSION

Bien que le monde cherche à les surmonter, les contraintes naturelles continuent d’exercer une forte influence sur la répartition générale de la population mondiale, très inégale à l’échelle de la surface de la Terre. Actuellement, la distribution géographique des hommes demeure stable à l’échelle continentale ; mais au niveau régional, on constate une concentration massive dans les villes. D’ailleurs, la population urbaine a été multipliée par 10 depuis le début du XXIe siècle.

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