COMMENTAIRE COMPOSE

Le travail préliminaire est identique à celui de la lecture analytique, mais le commentaire ne doit pas être organisé linéairement, mais structuré autour de centres d’intérêt, selon des idées directrices. C’est notamment votre capacité à produire un raisonnement construit qui sera évaluée.

I-LE TRAVAIL PRÉPARATOIRE

Après avoir lu plusieurs fois le texte, notez vos impressions : ce que vous avez compris, ce que vous pensez du texte. Ces « premières » impressions sont très souvent pertinentes.

DÉGAGER LA CARTE IDENTITÉ DU TEXTE

– Le genre.

– Les types de discours : narratif, descriptif, argumentatif, explicatif.

– Le contexte d’énonciation : qui s’exprime, à qui s’adresse-t-il ? Dans quelle condition.

– Le paratexte et le contexte : l’auteur, la date, l’œuvre, le contexte historique et littéraire.

– Les thèmes abordés.

– Le ou les registres dominants : tragique, épique, fantastique, pathétique, comique, lyrique (et puis les nuances polémique, satirique, ironique, laudatif, élégiaque).

– La structure du texte : repérer les différentes parties ou mouvements du texte.

– Et surtout l’objet d’étude auquel renvoie le texte, en mobilisant les connaissances issues de vos cours.

Ceci fait, le terrain est déblayé et doit offrir un certain nombre de pistes pour l’étude. On peut à ce stade déjà réfléchir à la problématique et à ce que pourraient être les axes d’études et le plan. La problématique va interroger la particularité du texte, elle sera l’idée générale qui va assurer la cohérence de l’ensemble de votre commentaire.

II-ÉTUDE PRÉCISE DU TEXTE

Il s’agit de trouver tous les éléments qui vont venir étayer votre commentaire, les exemples à analyser. Il vous faut les mettre en lien avec les idées déjà dégagées.

Le genre

Poésie, théâtre, roman, essai, lettre etc. (en étudiant les caractéristiques de chacun)

L’énonciation

Le narrateur et la focalisation : externe, interne, zéro. Étude des pronoms et de leurs valeurs.

Le temps et l’espace, progression du récit

Repérage du cadre spatio-temporel.

Pause, sommaire, scène, ellipse.

La structure du passage

Effet de contraste, de mise en valeur ; la progression argumentative.

La valeur des temps verbaux

Notamment le présent de l’indicatif, les temps du récit.

Le lexique, les champs lexicaux

Évaluation du registre de langue (familier, courant, soutenu). Repérage des champs lexicaux, caractérisation du lexique en général et son appréciation (mélioratif, péjoratif etc.)

La modalisation / expression de la subjectivité

Outre le lexique, les modalisateurs : degrés de certitude, appréciation.

Construction et rythme des phrases

Effets de répétition, d’accumulation, de gradation, d’anaphore. Etude de la ponctuation.

Les figures de style

Figures d’opposition, d’identité (ou analogie, ou image), d’amplification (atténuation ou exagération), etc.

Et n’oubliez pas de prendre en compte le travail effectué pour la question préliminaire.

III-CONSTRUIRE UN PLAN 

1) LE PLAN DÉTAILLE

Le plan détaillé va permettre d’organiser la réflexion selon une logique démonstrative destinée à convaincre votre lecteur. C’est là que vous allez élaborer votre stratégie argumentative, c’est-à-dire l’organisation de vos arguments.

Choisissez les grandes parties et leur enchaînement, celles-ci découlent de votre problématique. La stratégie démonstrative impose que l’on termine par le plus important, le plus intéressant. Vous pouvez donc enchaîner les axes d’étude selon un ordre de complexité croissante.

Pour bien fixer les esprits et garantir la cohérence de votre travail, résumez en une phrase l’axe d’étude que vous allez présenter et démontrer.

Au brouillon, croisez, rangez les éléments qui conduisent à un même effet. Composez alors les sous-parties qui feront autant de paragraphes. Chaque paragraphe est une explication justifiant un élément de l’axe d’étude. Un paragraphe est composé de 3 parties :

  • La thèse : ce que vous voulez démontrer.
  • L’exemple : citation extraite du texte et analysée.
  • Une argumentation : appuyée sur l’exemple, elle vient justifier la thèse.

Veillez constamment à ce que votre idée principale s’articule de manière pertinente avec l’axe d’étude de la grande partie et avec la problématique générale de votre commentaire.

Si vous rencontrez des difficultés pour déterminer vos sous-parties, essayez de décomposer la thèse de votre grande partie : les différents aspects, les différents thèmes à aborder, les rapports logiques (cause, conséquence etc.). Confrontez cela aux idées mises à jour lors du travail préparatoire.

Reliez les sous-parties par des articulations logiques. A partir de ce point, l’ensemble de votre dissertation est balisé, vous pouvez passer à la rédaction.

2) QUELQUES AXES D’ETUDE GENERAUX

Évidemment, pour chaque texte, le thème diffère et il convient de le prendre en compte. Ceci dit, il peut être intéressant de réfléchir à certaines problématiques générales (car les textes en sont souvent parcourus).

Pensez que certaines directions d’étude se révèlent pertinentes pour de nombreux textes :

La tonalité dominante (lyrique, épique, tragique …).

Le traitement original d’un thème.

La transformation du réel ou du quotidien.

Le caractère symbolique d’un élément essentiel.

Plus spécifiquement, s’il s’agit d’un récit :

Le rythme et la progression du récit.

Le mode de présentation des faits.

Le rôle de la focalisation.

Pour une description ou un portrait :

Le mode de caractérisation des personnages.

Les contrastes.

Le caractère élogieux ou dépréciatif.

La fonction du portrait.

  1. La poésie

– Le « je » lyrique : l’expression des sentiments.

– Le type de discours : descriptif, argumentatif, narratif.

– Le traitement du thème : réaliste / symbolique. La force des images (métaphores, symboles)

  1. Le théâtre

– Le caractère des personnages à travers leurs paroles.

– Leur rôle dans l’extrait (adjuvant, opposant …).

– La visée d’un dialogue (émouvoir, convaincre, tromper etc.), d’un monologue etc.

– La place du spectateur à travers la double énonciation.

  1. Le roman et ses personnages

– Objectif/subjectif : la modalisation.

Le regard que porte un personnage.

– Le rapport entre le réel et la fiction.

  1. Convaincre, persuader, délibérer

– La (les) thèse(s).

– Comment le texte sert, l’argumentation (structure de l’argumentation, style).

– Déterminer s’il s’agit de Convaincre,

Persuader ou bien Délibérer …

IV-LA REDACTION 

1) L’INTRODUCTION

L’introduction comporte quatre étapes :

_ Une « accroche » qui intègre le texte dans un ensemble plus vaste en rapport avec le texte (genre, courant littéraire, l’auteur dans son époque). Vous pouvez utiliser pour cela les connaissances issues de votre cours sur l’objet d’étude concerné.

_ La présentation du texte : Nom de l’auteur, titre de l’œuvre, date, thème du passage, sa spécificité. D’où découle la problématique.

_ L’énoncé de la problématique.

_ L’annonce du plan.

2) LA CONCLUSION

La conclusion comporte trois étapes :

_ Résumer les principaux éléments que vous avez mis à jour lors de l’étude.

C’est le lieu pour afficher une vision claire sur le texte. Cette étape peut paraître scolaire mais n’oubliez pas que vos conclusions sont fortes de toutes vos analyses, vous pouvez donc les énoncer sans qu’elles puissent être remises en cause ou interrogées. C’est l’aboutissement de votre travail.

_ Si nécessaire, répondre à la question posée par la problématique.

_ Élargir la perspective d’étude. Pour cela vous pouvez puiser dans vos connaissances (les problématiques générales issues de votre cours) ou bien vous interroger sur l’intérêt du texte par rapport à l’œuvre dont il a été tiré, d’autres textes qui traitent du même thème ou encore ceux du même mouvement littéraire.

3) LA RÉDACTION DU COMMENTAIRE

La disposition du commentaire doit faire apparaître avec évidence l’introduction, les grandes parties du développement, la conclusion, grâce à la mise en page : deux à trois lignes entre l’introduction et le développement, entre le développement et la conclusion.

Veillez à respecter la logique de votre démonstration. L’axe d’étude de chaque partie doit être clairement exprimé, ce qui sert d’introduction partielle.

Les phrases de transition relient entre elles les grandes parties du plan. Elles ont une triple fonction :

  • Conclure la partie en rappelant l’idée que vous venez de démontrer.
  • Montrer le lien logique qui relie deux parties.
  • introduire et annoncer l’idée que vous allez démontrer dans la partie suivante.

NB : La première partie est introduite par une phrase annonçant l’idée directrice de votre partie.

En général, ne laissez pas le correcteur deviner votre démarche, annoncez-la explicitement ; votre devoir en sera plus clair et permettra de bien rendre compte de la cohérence de votre raisonnement. N’hésitez pas à bien marquer les liens logiques entre vos parties, vos paragraphes, vos arguments : “tout d’abord”, “ainsi”, “pourtant”, “donc”, “à cela s’ajoute”, “on constate également” …

Et surtout, évitez la paraphrase en vérifiant que chaque exemple est véritablement analysé.

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