INEGALITES DE DEVELOPPEMENT

INTRODUCTION

Le monde n’évolue pas au même rythme. Des inégalités de toutes natures se manifestent à l’échelle de la planète. Les inégalités de richesses, de revenus, sont tout aussi grandes que celles relevées en matières d’échanges ou de croissance démographique. L’opposition entre pays riches et pays pauvres, entre le « Nord » et le »Sud », entre dominants et dominés reste un trait fort du monde actuel.

I-LA PROBLÉMATIQUE DU DÉVELOPPEMENT

Le développement est une notion globale. Il n’est pas seulement une affaire de richesse économique ou de niveau de production. Depuis longtemps, les économistes le développement d’un pays en se fondant sur le PNB (Produit National Brut : ensemble des valeurs et richesses réalisés par an, par pays et par habitant) et la structure du PIB (Produit Intérieur Brut : Total de la valeur ajoutée des biens et des services réalisés dans un territoire pendant une période donnée, y compris par les ressortissants étrangers)

PNB = PIB+richesses réalisées par les nationaux à l’étranger – richesses réalisées par les étrangers dans le pays.

Mais ces indicateurs ne peuvent pas réellement définir cette notion.. Pour une bonne approche, le PNUD a élaboré un indicateur comme l’IDH qui est un indice synthétique qui prend en compte le revenu du pays, l’espérance de vie, le niveau d’instruction des populations sur une échelle de 0 à 1.

A partir de ce moment, on peut définir le développement comme un processus qui conduit une société à la satisfaction de ses besoins vitaux, à l’épanouissement intellectuel et à un niveau de vie acceptable.

II-RICHES ET PAUVRES

A)Un Nord riche mais hétérogène

1- Caractéristiques des pays riches

Les pays du Nord, encore appelés Pays Industrialisés Développés (PID) ou Riches ou Centre représentent 20% de l’humanité et produisent 80% de la richesse mondiale. Leur économie est puissante et fondée sur les productions agricoles et industrielles et les services. Ils détiennent les grandes bourses de valeurs et de marchandises (Londres, New York, Tokyo, Chicago….). Ils dominent les organisations économiques internationales comme la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC. Pour mieux asseoir leur hégémonie économique et avoir des orientations communes, les huit pays les plus industrialisés ont créé le G8 (France, Japon, Angleterre, Italie, Allemagne, Canada, Etats-Unis, Russie).

Les PID ont un niveau de vie très élevé, un encadrement médical et social très performant (1médecin/350 habitants en France dans les années 90). L’alphabétisation est presque universelle, l’espérance de vie est de 74 ans pour les hommes et 82 ans pour les femmes. Cela leur donne un IDH de 0,916.

Par ailleurs la faible fécondité et le contrôle de la natalité se traduisent par une famille restreinte. Cependant, la population, urbaine à 80%, diminue et tend à baisser dans certains cas.

Enfin, ce sont des pays de liberté démocratique et de régimes politiques largement stables.

2-Géographie et poids des PID

Malgré son opulence, le monde développé connaît des disparités criantes :

  • d’une part, il y a la « Triade capitaliste » (Europe Occidentale, USA, Japon), à laquelle il faut ajouter le Canada.
  • D’autre part, le pôle asiatique avec les NPI (Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong Singapour, appelés aussi les « Dragons de l’Asie du sud-est »
  • Enfin, il y a les pays de l’ancien bloc communiste qui connaissent une transition difficile vers l’économie de marché (système économique qui repose sur les mécanismes du marché, sur le principe du libre jeu de l’offre et de la demande et qui limite l’intervention de l’état).

A côté de ces trois pôles, il faut ajouter l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Cependant, dans chacun de ces ensembles, il y des « niches de pauvreté » extrêmes comme les Aborigènes d’Australie et de Nouvelle-Zélande, les exclus de l’UE (les SDF) et les victimes de la discrimination raciale encore très active aux USA.

B)Un Sud pauvre et marqué par la diversité

1-Caractéristiques des pays sous-développés PSD

Les pays du Sud, Pauvres, sous-développés, en voie de développement, pays du Tiers-monde ou Périphérie regroupe 80% de la population mondiale (4,5 milliards d’habitants), mais ne consomment qu’environ 20% des richesses.

Leur niveau de vie est faible : le PNB moyen/hab. inférieur à 1600$ peut descendre jusqu’à 70$ au Tchad, l’espérance de vie moyenne est de 60 ans. L’analphabétisme touche encore 40% des adultes et 14% des moins de 15 ans. L’IDH moyen de 0,570 peut descendre jusqu’à 0,389 en Afrique subsaharienne (0,823 en Amérique Latine et aux Caraïbes).

La population, rurale à 60% connaît une forte fécondité qui alimente une forte croissance démographique, la mortalité infantile reste encore élevée. Les pays pauvres sont victimes de la famine, des épidémies, des endémies pour une faible couverture médicale (1 médecin pour 18000 hab. en Afrique subsaharienne dans les années 90).Enfin ce sont des pays de limitation des libertés et d’instabilité politique.

2-Géographie des pays du Sud

Le Tiers-monde connaït globalement une diversité qui permet de distinguer plusieurs situations.

D’une part on note les pays de l’OPEP (1960) qui se sont enrichis avec les pétrodollars avec notamment des PNB/hab. supérieurs à 8000$ dans les monarchies du golfe.

D’autre part il y a les puissances émergentes comme le Brésil, l’Inde, la Chine, le Mexique, l’Argentine qui réalisent plus de 80% de la production industrielle du Tiers-monde.

Enfin au bas de l’échelle il y a les PMA qui forment le quart-monde et dont la majorité se trouve en Afrique au sud du Sahara.

Cependant l’ensemble de ces pays conserve certains caractères du sous-développement comme l’analphabétisme, les inégalités sociales, un retard technologique, la dépendance, etc.

                       III-ECHANGE ET EXPLOITATION

1-La mondialisation des échanges

Depuis 1960, les échanges ont pris une tournure internationale. Ils concernent un marché sans cesse en extension avec des produits divers. Les produits manufacturés occupent la part du lion avec 70% des échanges internationaux. Par contre les matières premières agricoles, énergétiques et minières ne pèsent pas lourd dans la balance commerciale internationale.

Les échanges internationaux s’effectuent d’abord entre l’Europe, l’Asie de l’est (Japon) et l’Amérique du nord. L’Afrique quant à elle ne représente que 2% du commerce mondial. Certains pays, pour mieux développer leur commerce, ont créé de grands ensembles. C’est le cas de l’ALENA (Accord de Libre Echange Nord-Américain) qui regroupe les USA, le Canada, le Mexique, de l’OCDE (Organisme de Coopération et de Développement Economique) qui regroupe plusieurs états européens, les USA, le Canada, le Japon,la Corée du Sud, le Mexique, le MERCOSUR (Mercado Comun del Sur) etc.

Aujourd’hui dans le but de promouvoir et renforcer le libre échange, l’OMC fondée en 1993 et entrée en vigueur le 1er Janvier 1995, a été mise sur pied avec missions de gérer et contrôler les accords de libre échange et de réglementer le commerce mondial.

2-L’échange inégal

L’échange est un système de relations économiques (commerce) établis entre états ou continents.

Aujourd’hui on assiste à un échange inégal qui résulte de la division internationale du travail et de l’inégalité économique des partenaires, et se traduit par deux éléments :

  • la fluctuation permanente des prix des produits de base fixés arbitrairement par les bourses commerciales des PID (Chicago, Londres, Rotterdam) en fonction d’un marché insensible au sort des producteurs du Tiers-monde.
  • La détérioration des termes de l’échange, tendance à la baisse des prix des produits de base du Sud et à la hausse de celui des biens d’équipement du Nord. Le résultat est la dégradation du pouvoir d’achat des pays du Sud, le déficit de leur balance commerciale, et un surendettement massif qui a atteint le seuil critique de 2600 milliards de$ dont plus de 350 milliards pour l’Afrique au sud du Sahara (2005).

Pour pallier aux difficultés économiques liées à l’échange inégal, les pays les plus pauvres se tournent vers l’aide extérieure des pays riches, ce qui installe une dépendance continuelle des pays du Sud.

CONCLUSION

A l’échelle du monde, les inégalités de développement se sont accrues. Les pays défavorisés deviennent de plus en plus pauvres impliquant une dépendance vis-à-vis des pays du Nord. La mondialisation vient aujourd’hui aggraver cette situation favorisant les pays du Nord au détriment des pays du Sud.

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