INFLUENCES DES FACTEURS BIOTIQUES SUR LES ÊTRES VIVANTS

INTRODUCTION

On appelle facteurs biotiques l’ensemble des relations qui existent entre les êtres vivants d’un milieu donné. Ces relations sont : les relations interspécifiques et les relations intraspécifiques.

I- LES RELATIONS INTERSPECIFIQUES

Les relations interspécifiques sont des relations entre individus d’espèces différentes.

I-1. La notion de niche écologique

Au cours de la journée ou sur une période plus longue, un animal peut fréquenter plusieurs endroits sans entrer en compétition avec un autre animal. Chacun de ces endroits a une fonction bien déterminée (nourriture, reproduction, habitat) et constitue sa niche écologique.

I-2. Les principaux types de relations interspécifiques

Les relations entre individus d’espèces différentes varient en fonctions du rôle que chacun joue vis-à-vis de l’autre.

I-2-1. Les relations d’indépendance ou de neutralisme.

On parle d’indépendance ou de neutralisme lorsque des espèces différentes vivant dans le même milieu n’entrent pas en compétition pour la nourriture ou l’habitat.

Exemple  : L’exploitation d’un arbre par des animaux peut se faire à différents niveaux :

  • La girafe exploite les végétaux de 5 à 6 m de haut ;
  • Le généruk exploite des végétaux de 2 à 3 m de haut ;
  • La madoqua exploite des végétaux de moins de 1 m.

I-2-2. Les relations de compétition

Chez les animaux il y a compétition entre individus d’espèces différentes pour la nourriture et l’habitat quand la demande est supérieure à l’offre.

Exemple : Le lapin et le kangourou ont le même régime alimentaire. L’introduction des lapins en Australie entraine une réduction de façon nette de la ration alimentaire du kangourou qui tend à disparaître par manque de nourriture, car le lapin étant plus actif et se reproduisant plus rapidement.

Chez les végétaux la compétition se fait pour la nourriture, l’espace et la lumière. Exemple : Le cultivateur enlève les mauvaises herbes pour éviter une compétition avec les semis.

I-2-3. Les relations d’exploitation

Les relations d’exploitation sont : le parasitisme et la prédation.

a-Le parasitisme

C’est une relation entre le parasite et son hôte. Le parasite vit au dépend de son hôte qui lui procure les aliments dont il a besoin. Il est le seul bénéficiaire de cette relation qui lui est indispensable. Il exploite son hôte sans le tuer. Exemple : le ténia chez les animaux et le gui chez les végétaux.

b-La prédation

C’est une relation entre le prédateur et sa proie. Le prédateur recherche sa proie, la tue avant de la manger .

c-La régulation des populations prédateurs-proies

Dans ce cas précis, le lynx se nourrit de lièvre. Lorsque le nombre de lièvres augmente celui des lynx augmente avec un léger retard, car mieux nourrit. Une consommation démesurée des lièvres réduit sa population. Ce qui entraine ensuite une réduction de la population de lynx :

  • Soit par une forte mortalité due à la faim ;
  • Soit par une migration vers d’autres endroits à la recherche de nourriture.

I-2-4. Les relations de coopération

Ce sont des relations d’entraide entre individus d’espèces différentes dont les bénéfices varient en fonction du type de relation.

a-Le commensalisme

On entend par commensalisme une relation entre 2 individus favorable à l’un des individus sans nuire l’autre. C’est le cas de cette plante épiphyte qui utilise l’arbre pour grimper et accéder à la lumière sans gêner l’arbre.

b-Le mutualisme

Le mutualisme est une association entre 2 ou plusieurs êtres vivants avec des avantages réciproques. Cette association n’est pas obligatoire, car chacun peut vivre seul.

Exemple  : Bernard-l’hermite est protégé par l’anémone de mer contre ses prédateurs, en revanche, l’anémone profite des restes alimentaires de Bernard-l’hermite.

c-La symbiose

C’est une relation entre 2 individus d’espèces différentes qui profite aux 2 individus. En général aucun des individus ne peut vivre seul ou ne peut se développer correctement sans l’autre. On dit que la relation est indispensable aux 2 individus. Cependant, ils existent des symbioses indispensables à un seul des partenaires.

Exemple

– L’association entre les racines de plantes avec certaines bactéries qui se matérialise par la formation de nodules. Les plantes apportent aux bactéries les sucres dont elles ont besoin pour leur développement et les bactéries leur procurent l’azote nécessaire à leur croissance.

– L’association entre les termites et les protozoaires qui se trouvent dans leur intestin. Les termites mangent le bois, mais ne peuvent digérer la cellulose du bois, les protozoaires de leur intestin en se nourrissant décomposent la cellulose du bois qui peut être digérée par les termites.

I-2-5. Les relations commensalisme ou antagonisme

II- LES RELATIONS INTRASPECIFIQUES

Les relations interspécifiques sont des relations entre individus de même espèce.

II-1. La vie en solitaire

La vie en solitaire est un isolement observé chez certains les animaux, c’est le cas du rouge-gorge et de la mante religieuse. Ils ne se regroupent que pendant la période de reproduction.

II-2. Les relations de coopération

Ce sont des relations d’entraide qui existent entre individus de la même espèce.

II-2-1. La famille

La famille est constituée par le rapprochement de 2 individus de même espèce, de sexes opposés et leurs enfants. Il existe :

  • La famille maternelle où la mère s’occupe des enfants ;
  • La famille paternelle où le père s’occupe des enfants ;
  • La famille parentale où les deux parents s’occupent des enfants.

II-2-2. Le groupe ou effet de groupe

Certains animaux ont tendance à se rassembler en groupe pour se défendre (babouins), se reproduire (babouins, cormorans), améliorer leur croissance (têtards de grenouille), lutter contre les températures très basses (manchot, chauve-souris). L’effet de groupe est favorable aux individus du groupe.

II-2-3. La société

La société est un groupe d’individus organisés dans lequel s’instaurent des catégories sociales, une hiérarchie rigoureuse et une communication entre les individus. Exemple  : les personnes, les abeilles, les termites…

II-3. Les relations de compétition

Ce sont des relations de concurrence entre individus de la même espèce.

II-3-1. L’effet de masse

L’effet de masse se manifeste quand le milieu est surpeuplé et le plus souvent il s’agit d’un effet à conséquence néfaste sur la population. Ce qui se manifeste par une perte de poids pouvant aller jusqu’à la mort quand la densité est très élevée. Exemple de la moutarde blanche.

II-3-2. La compétition

Chez des individus d’une même espèce, la compétition peut se faire pour l’alimentation, la reproduction et l’occupation de l’espace. C’est le cas de ces 2 cerfs mâles  se battant pour une femelle.

III- LES RELATIONS TRPIQUES 

Les relations trophiques sont des liens nutritionnels qui existent entre des espèces différentes d’un écosystème.

III-1. Structuration d’une chaîne alimentaire

Les chaînes alimentaires présentent une organisation qui varie en fonction des différents êtres vivants qui la constituent et de l’écosystème.

III-1-1. La notion de chaîne alimentaire

La chaîne alimentaire est une suite ordonnée d’êtres vivants dans laquelle chaque individu mange celui qui le précède.

III-1-2. Les niveaux trophiques

Les chaînes alimentaires sont constituées de plusieurs niveaux trophiques : les producteurs, les consommateurs et les décomposeurs.

a- Les producteurs ou producteurs primaires

Les producteurs sont les plantes et le phytoplancton qui grâce à leur chlorophylle fabriquent de la matière organique à partir de l’eau, des éléments minéraux, du CO2 et de la lumière.

b- Les consommateurs

Les consommateurs se nourrissent de matière organique déjà produite. Suivant l’origine de la matière organique consommée on distingue :

  • Les consommateurs de 1ier ordre qui sont représentés par les consommateurs de végétaux ou phytophages.
  • Les consommateurs de 2ème ordre qui sont représentés par les carnivores mangeurs de végétariens.
  • Les consommateurs de 3ème ordre qui sont représentés par les carnivores mangeurs de carnivores.

c- Les décomposeurs

Ce sont des micro-organismes du sol qui transforment la matière organique morte en matière minérale qui sera utilisée par les plantes chlorophylliennes.

III-1-3. Types de chaînes alimentaires

En fonction de l’état de vie de la matière organique du producteur primaire, on distingue 2 types de chaînes alimentaires : les chaînes débutant par des végétaux chlorophylliens vivants et des chaînes débutant par de la matière organique morte.

  • Les chaînes débutant par des végétaux chlorophylliens vivants sont de 2 types :
  • Les chaînes de prédateurs dont les individus sont de plus en plus grand et de moins en moins nombreux quand on va des consommateurs primaires aux derniers consommateurs.

  • Les chaînes de parasites dont les individus sont de moins en moins gros et de plus en plus nombreux quand on va des consommateurs primaires aux derniers consommateurs.

Les chaînes débutant par de la matière organique morte : dans ce type de chaîne alimentaire, les consommateurs de 1ier ordre se nourrissent de débris de végétaux ou d’animaux morts. Ce sont des détritivores ou saprophages s’il s’agit des animaux ou des saprophytes s’il s’agit de champignons.

III-2. Réseaux trophiques

Un réseau trophique renferme au moins 2 chaînes alimentaires. Dans un réseau trophique les producteurs peuvent être mangés par plusieurs consommateurs de 1ier ordre qui sont à leur tour mangés par plusieurs consommateurs de 2ème ordre dont certains peuvent s’entremanger et devenir également des consommateurs de 3ème ordre.

IV- ÉQUILIBRES ECOLOGIQUES

Un écosystème constitué uniquement de producteurs primaires a un nombre d’individus qui augmente. L’introduction de consommateurs primaires entraine une réduction du nombre de producteurs primaires. Le nombre de consommateurs primaires est également réduit par l’introduction de consommateurs de 2nd ordre. La réduction du nombre de consommateurs primaires entraine une réduction du nombre de consommateurs de 2nd ordre. Ce processus est observé à chaque niveau trophique et le nombre d’individus de chaque niveau trophique diminue jusqu’à atteindre un certain niveau qui correspond à l’équilibre écologique.

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