LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

INTRODUCTION

Autour de la vallée du Nil, s’est épanouie, il y a 5 000 ans, l’une des plus brillantes civilisations de l’humanité : celle de l’Egypte pharaonique. L’histoire de l’Egypte n’en n’est pas moins mouvementée (révolutions, invasions étrangères). La richesse de la civilisation égyptienne repose sur la forte personnalité de ses pharaons, sur sa solide organisation administrative, sur les apports féconds du Nil et sur le dévouement et la créativité du peuple.

I-LE PAYS, LES HOMMES ET LES GRANDES PÉRIODES DE L'HISTOIRE DE L'EGYPTE PHARAONIQUE

1-Le pays et les hommes

 Située au nord-est de l’Afrique, entre les déserts de Libye et d’Arabie, l’Egypte est une bande de terre large de quelques dizaines de kilomètres, qui s’étire sur plus de 1 000 km. Le delta du Nil, élargi en éventail, constitue la Basse-Egypte ; au sud de Memphis située la pointe du delta du Nil se trouve la Haute-Egypte. Le fleuve Nil, qui traverse le pays du nord au sud, joue un rôle important dans la vie des populations ; c’est pourquoi l’historien grec Hérodote dit que « l’Egypte est un don du Nil ».

Les Egyptiens, qui vivaient dans une société hiérarchisée, étaient des Noirs, comme le prouvent les textes des auteurs anciens et les travaux du savant sénégalais Cheikh Anta Diop et de ses continuateurs. Hérodote, par exemple, affirme dans ses Histoires ou Enquêtes que les anciens Egyptiens étaient des Noirs car « ils avaient la peau noire et les cheveux crépus et pratiquaient la circoncision ».

2-Les grandes périodes de l’histoire de l’Egypte pharaonique

L’histoire égyptienne nous est  connue grâce à de nombreuses inscriptions sur les monuments, aux textes et à l’archéologie. Grâce au prêtre égyptien Manéthon, on connaît la classification des pharaons en 30 dynasties. Les savants qui accompagnaient Bonaparte lors de l’expédition d’Egypte, en 1798, ont également publié une description du pays qui marque le point de départ de l’égyptologie moderne. Le plus illustre des égyptologues reste le Français Jean-François Champollion, qui réussit à percer le secret des hiéroglyphes, après la découverte de la pierre de Rosette, conservée au British Museum de Londres.

Aux alentours de l’an 3000 av. J.-C., l’Egypte entre dans l’histoire. Les Egyptiens connaissent déjà l’architecture, le travail du cuivre, l’agriculture irriguée, l’écriture, le calendrier, etc. Mais ils sont toujours divisés en petits groupes indépendants appelés nomes. Ces nomes vont par la suite se regrouper en deux ensembles : les royaumes de Haute-Egypte et de Basse-Egypte. On a coutume de diviser l’histoire de l’Egypte pharaonique en quatre périodes (l’Ancien Empire, le Moyen Empire, le Nouvel Empire et la Basse Epoque, séparées par des phases de déclin dites périodes intermédiaires, correspondant à un affaiblissement.

a-L’Ancien Empire (3200 – 2160 av. J.-C.)

Vers 3200 av J.-C., un prince Haute-Egypte, Narmer (ou Ménès) unifie l’Egypte et installe sa capitale à Memphis. C’est à ce moment que les rois sont appelés pharaons. Les pharaons de l’Ancien Empire sont des guerriers (Snefrou, Djoser) et des bâtisseurs (Kheops, imité par Khephren et Mykérinos élèvent sur le plateau de Gizeh trois grandes pyramides). L’Ancien Empire se termine avec la IVe dynastie, quand la fin du règne de Pépi Ier (94 ans) est marquée par une véritable et la terreur.

b-Le Moyen Empire (2160 – 1580 av. J.-C.)

Les souverains thébains de la XIe dynastie rétablissent l’unité de l’Egypte. Ils réalisent l’aménagement de la grande oasis du Fayoum (sud-ouest du Caire actuel). Sous les XIIIe et XIVe dynasties, l’Egypte connaît une nouvelle période de troubles et de confusion marquée par des invasions étrangères (Nubiens et Hyksôs).

c-Le Nouvel Empire (1580-1070 av. J.-C.)

Il commence lorsque les Hyksôs sont chassés du pays. Aménophis IV venu du Sud s’installe à Thèbes et instaure la paix et la prospérité pour deux siècles. L’Egypte a été conquérante au Nouvel Empire grâce à l’action de pharaons puissants : Haschepsout, Thoutmosis III, Aménophis IV, Ramsès II, etc.

d-La Basse Epoque (1070-32 av. J.-C.)

Elle dura plusieurs siècles. A partir de 1070 av. J.-C., l’Egypte est affaiblie par les troubles et les invasions. Elle change cinq fois de maîtres : les Assyriens (en 664 av. J.-C.), les Kouchites (en 715 av. J.-C.), les Perses (en 525 av. J.-C.), les Grecs (en 332 av. J.-C.) et les Romains (en 32 av. J.-C.).

II-LA CIVILISATION EGYPTIENNE

1-L’organisation politique et administrative

Le pharaon, « maître des deux terres », est le souverain absolu. Considéré comme un dieu, il a le droit de vie et de mort sur ses sujets. Le régime politique est celui du droit divin. C’est aussi un régime basé sur le matriarcat. Pour assurer la pureté de sa descendance, le pharaon prend comme épouse principale sa sœur utérine et le fils aîné issu de ce mariage est l’héritier légitime. Le pharaon, chef suprême des armées, est aidé dans ses multiples fonctions par un vizir (sorte de Premier ministre) qui est en même temps conseiller du roi. Le vizir est également le ministre de la justice et des finances. Avec l’aide de nombreux fonctionnaires épaulés par les scribes (secrétaires), le vizir centralise la collecte des impôts.

2-Une société hiérarchisée

a-Le pharaon

Au sommet de la pyramide sociale, il y- a le pharaon et sa famille. Le pharaon est le garant de la régularité des crues du Nil et le détenteur des biens de l’Egypte. Il fait généralement preuve de générosité et de grandes largesses à l’endroit des hauts fonctionnaires de l’administration.

b-Une catégorie de privilégiés : les hauts fonctionnaires

Les plus importants sont les membres de la famille du pharaon. On peut citer parmi ceux-ci le vizir, les ministres du pharaon, les gouverneurs des 42 provinces ou nomes, les prêtres, les officiers supérieurs de l’armée, etc. Ils bénéficient souvent de cadeaux du pharaon (terres, bétail, esclaves, etc.). Les plus respectés et les plus craints étaient les prêtres.

c-Les fonctionnaires, les scribes et les ouvriers spécialisés.

Les scribes jouissent d’un grand prestige. Ils sont les experts en mathématique et en linguistique hiéroglyphique. Ils tiennent les comptes du pharaon, rédigent le courrier et dirigent les travaux.

d-Les masses laborieuses

Les paysans sont pauvres et dépendent de la crue du Nil. Ils doivent verser au double grenier une bonne partie de leur récolte (parfois plus de la moitié). Les artisans sont dans les villes à proximité des temples : orfèvres, ébénistes, tailleurs de pierre, embaumeurs, sculpteurs, parfumeurs, etc. Dans ce « peuple de la vallée » figurent aussi les marins et les soldats.

e-Les esclaves et les captifs étrangers

Ils sont misérables et contraints aux travaux les plus pénibles

3-La religion et l’art

a-Les divinités

Même s’il y a un monothéisme de fond dans leur religion, les Egyptiens adorent des dieux innombrables. Hérodote affirme que « les Egyptiens sont les plus religieux de tous les hommes ». Chaque village, chaque ville avait son dieu. Certains dieux sont représentés avec :

une tête d’animal ( et Horus ont une tête de faucon, Anubis une tête de chacal, Thot une tête d’ibis, Hathor une tête de vache, etc.) ;

une forme humaine (Osiris, Isis, Maât, etc.) ;

d’autres dieux représentent les éléments naturels (Geb, la Terre ; Nout, le Ciel, Hâpy, le Nil, etc.).

Les dieux les plus important sont (le Soleil), dieu d’Héliopolis associé souvent à Amon, dieu bélier de Thèbes pour donner Amon-Râ ; Ptah dieu de Memphis, Osiris et sa sœur Isis, Horus, Hathor, Aton, etc. Au Nouvel Empire, les prêtres d’Amon sont si puissants qu’ils menacent le pouvoir royal. Pour les combattre, le pharaon Aménophis IV (qui prend le nom d’Akhnaton) impose un dieu unique, Aton, le disque solaire.

b-Les croyances et les pratiques religieuses

Les Egyptiens croient à la vie future, à l’immortalité de l’âme. Le lieu de la survie est le tombeau puisque l’âme a besoin d’un corps pour subsister. Dès lors, les morts sont momifiés et conservés dans des sarcophages. Les pharaons se faisaient construire des tombeaux splendides : de simples caveaux (mastabas), puis des pyramides et, enfin, des tombes souterraines (hypogées). Les prêtres, choisis parmi les familles honorables du pays, assurent le culte à la place du pharaon. Les temples sont les maisons des dieux.

c-L’art égyptien

Dans la sculpture, les pharaons et les dieux sont statufiés (bois, bronze, pierre, etc.). Les Egyptiens sont aussi de très grands peintres avec comme représentations des scènes religieuses, agricoles et certaines expéditions militaires. Les Egyptiens nous ont laissé un fabuleux trésor archéologique et une architecture qui a défié les siècles.

Les sciences (astronomie et médecine) se développent : nous devons aux astronomes de Memphis le calendrier solaire fondé sur une année de 365 jours.

La période du Moyen Empire est celle d’une renaissance intellectuelle et culturelle, qu’exprime le développement de genres littéraires variés — romans merveilleux, analyses psychologiques (telle l’Histoire de Sinouhé), poèmes lyriques et traités scientifiques écrits sur papyrus. L’architecture, l’art et les bijoux révèlent une extraordinaire délicatesse de conception.

CONCLUSION

La civilisation égyptienne est particulièrement brillante. Mais elle s’est réalisée sur la base de l’exploitation forcenée des masses laborieuses. Cette civilisation a beaucoup influencé les autres civilisations, notamment celles de l’Afrique noire et de la Grèce antique.

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