LA DÉCOLONISATION EN AFRIQUE

INTRODUCTION 

Le processus de décolonisation a pris principalement 2 formes : pacifique et violente. Cela est dû d’une part à la nature plus ou moins xénophobe des mouvements nationalistes, d’autre part à l’attitude des gouverneurs métropolitains ou des colons plus ou moins hostiles à la décolonisation.

I- LA DECOLONISATION PACIFIQUE

Elle est dite pacifique si l’indépendance est obtenue sans le recours à la lutte armée entre la colonie et la puissance coloniale. Toutefois, cette forme ne signifie pas passivité ou docilité généralisé des mouvements nationalistes. Dans un certain cas, la revendication de l’indépendance est très vigoureuse même s’il n’y a pas eu guerre de libération nationale. On peut retenir 3 conditions de la décolonisation pacifique.

1- Le réalisme politique de la puissance coloniale

Il est en grande parti lié à la politique coloniale adoptée par la métropole. La Grande Bretagne par exemple, par son administration indirecte qui accorde une plus ou moins grande responsabilité aux élites locales, a toujours accepté dans ses principes l’émancipation des colonies. C’est pourquoi, elle a généralement su se retirer à temps et éviter des guerres d’indépendance. La France bien qu’ayant accepté difficilement et tardivement l’irréversibilité de la décolonisation, est tout de même parvenue réussir une décolonisation pacifique en Afrique Noire et dans une certaine mesure au Maroc et en Tunisie.
Cependant, le réalisme n’a pas pour autant pu empêcher la puissance coloniale de recouvrir à la force pour réprimer les mouvements nationalistes : emprisonnement de leaders (Gandhi, Bourguiba,…), exil (Sultan Mohamed V à Madagascar) émeutes (répression de marche en Gold en Gold Coast) furent des méthodes employées par l’administration coloniale contre les nationalistes.

2- L’existence d’une élite disposée au compromis

Le dialogue avec le pouvoir colonial est beaucoup plus facilité par une élite politique pour qui l’indépendance se pose comme un objectif politique immédiat. Autrement dit, cette élite nationaliste est dispo-sée à collaborer encore avec le colonisateur et accepte en conséquence toutes les réformes qu’il lui propose. C’est le cas des réformes proposées par la France en Afrique Noire : l’union française de 1946 à 1956, la communauté franco- africaine de 1958 qui n’exclue pas l’indépendance.

3- L’impact de la guerre froide

La « menace communiste» a des fois contraint la puissance coloniale à lâcher du lest en laissant le pou-voir à des nationaux. D’ailleurs, l’une des conditions de la politique de décolonisation de l’occident est de ne pas permettre l’avènement d’un régime communiste. En Asie, les hollandais ont préféré donner le pouvoir à Ahmed Soekarno pour éviter l’affirmation d’un parti communiste indonésien comme seul mouvement d’indépendance. En Indochine, la France fait tout pour imposer Bao Daï.

Bref, la décolonisation dite pacifique a comme conséquence le maintien des intérêts de l’ancien colonisa-teur dans l’ex colonie. Les liens économiques, politiques et culturels sont maintenus par la création d’institutions ou de structures appropriées. Exemple : les zones monétaires.
En somme, cette forme de décolonisation a constitué les germes de ce qui est appelé le néocolonialisme.

II- LA DECOLONISATION VIOLANTE 

C’est une forme de décolonisation où l’indépendance est obtenue à la suite d’une lutte armée entre la colonie et la métropole. Elle découle des circonstances suivantes :

1- L’entêtement du colonisateur

Il est lié le plus souvent à 3 types de pressions :

  • Le poids économique et stratégique de la colonie pour la métropole. Exemple : L’Indochine dont la production de riz est vital pour le système colonial, ensuite, c’est la seule colonie française de l’extrême Orient.

L’existence de groupes de pression dur le pouvoir colonial de la colonie : c’est une importante communauté de colons qui détient une bonne partie des richesses du pays et qui a peur de les perdre avec l’indépendance avec l’indépendance. C’est le cas dans les colonies portugaises, en Afrique centrale avec les 2 Rhodésie (Zambie et Zimbabwe actuels), en Indochine et surtout en Algérie.

  •  Le rôle des forces conservatrices de la métropole. Exemple : le cas de l’Indochine, une violente campagne de presse est déclenchée en 1946 contre la

« politique d’abandon de la France ». Cette campagne est appuyée par les radicaux, le MPR (Mouvement Populaire Républicain), la droite et une partie de l’armée. Ce sont toutes ces pressions qui ont contribuées à engager la France dans les guerres coloniales en Indochine et en Algérie.

  • L’exemple type d’entêtement est le cas du Portugal. Son immobilisme dans ses colonies en l’occurrence très riches poussa les nationalistes à adopter le

langage des armes pour se libérer de leur tutelle. La Guinée Bissau, São Tomé et Principe, l’Angola et le Mozambique vont obtenir l’indépendance à la suite d’une lutte armée.

2- L’existence de mouvements de libération radicaux et organisés

C’est le cas où le mouvement de libération est suffisamment mûr pour revendiquer l’indépendance immédiate sans compromis ou condition. Dès lors, cela suppose que le mouvement nationaliste soit assez bien organisé pour pouvoir gérer son attitude radicale. D’une manière générale, cette attitude est surtout notée dans les mouvements de libération marxistes-léninistes (Vietminh en Indochine et ceux des colonies portugaises) ou bien nationalistes comme le FLN (Front de Libération National) en Algérie.

3- L’existence d’un soutien extérieur

L’entêtement du colonisateur et la radicalisation des mouvements de libération ont suffit pour déclencher les guerres d’indépendances. Celles-ci doivent leur durée et leur ampleur au soutien extérieur aux mouvements nationalistes. Très souvent, ce soutien obéit à des préoccupations idéologiques et stratégiques comme c’est le cas du soutien des pays socialistes aux vietminh et aux colonies portugaises. Ce soutien peut aussi traduire une solidarité culturelle comme l’action du monde arabe en Algérie.
D’une manière générale, la décolonisation violente a entraîné une rupture violente et totale entre l’ancienne colonie et la métropole. Comme le redoutait l’occident, ces nouveaux Etats renforcent le camp socialiste. Dès lors, la lutte s’intègre dans la Guerre Froide : les occidentaux tentent de déstabiliser ces nouveaux Etats en soutenant des mouvements de guérilla comme l’UNTA en Angola.

CONCLUSION 

Quelle que soit la forme revêtue, la décolonisation consentie de manière désintéressée n’a jamais été concevable pour les occidentaux. Dans tous les cas, les nouveaux Etats indépendants subissent le poids des relations internationales, soit par le biais du néocolonialisme, soit par celui de la guerre froide.

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