LA DISSERTATION EN HISTOIRE

INTRODUCTION

La dissertation d’histoire est proche de celle de lettres mais elle s’en différencie par sa matière et ses objectifs. Car la dissertation d’histoire n’est pas un exercice d’érudit ni de culture générale il s’agit d’élaborer à partir de connaissances correctement assimilées une argumentation solide et convaincante. Pour faire une bonne dissertation il faut respecter les trois parties.

I-LA COMPRÉHENSION DU SUJET

Dans un exercice de dissertation historique il faut avant tout lire et comprendre le sujet pour éviter le hors sujet. Pour cela il faut une démarche en trois temps :

1-Comprendre le libellé et le sens du sujet

  • Chaque mot du libellé a un sens qu’il faudra interpréter car les mots du libellé déterminent la nature et l’orientation du sujet. Exemple des mots comme causes, conséquences, conditions, bilans ont un sens précis dont le devoir ne doit pas s’écarter.
  • L’emploi du singulier ou du pluriel a un sens dans le devoir
  • L’ordre des termes du sujet
  • Les conjonctions de coordination méritent une attention particulière

La qualité d’une dissertation dépend  donc en premier lieu d’une bonne compréhension du sujet. Il s’agit de comprendre l’orientation générale donnée par l’intitulé et de réfléchir au sens de chacun des termes.

2- la délimitation du champ du sujet

Après la lecture et la compréhension du sujet il s’agit de délimiter le champ du sujet

Le champ géographique il s’agit de définir l’étendu géographique sur lequel porte le sujet

Le champ chronologique c’est-à-dire la période qui concerne le sujet

Le champs thématique c’est le thème dont débat le sujet

3-L’élaboration de la problématique

La problématique, c’est l’étude du problème posé par l’intitulé du sujet. C’est un questionnement (qui peut être interrogatif ou affirmatif) qu’on doit analyser tout au long du travail. Ce questionnement doit être le fil conducteur du développement. La problématique doit montrer l’idée maîtresse qui préside à la construction du devoir.

Le plus souvent la problématique découle tout naturellement du sujet. Si le sujet a correctement été analysé et compris, l’élaboration de la problématique ne devra pas poser de difficultés.

Lorsque le sujet est formulé à la forme interrogative il ne faut en aucun cas se contenter de recopier l’intitulé du sujet. Là encore, c’est de l’analyse précise du sujet que découlera la problématique.

La problématique naît d’une réflexion sur le sujet. Sa formulation doit être claire, car ce questionnement initial détermine l’ensemble de l’argumentation.

II-ÉLABORER UN PLAN DÉTAILLÉ DE L'INTRODUCTION ET LA CONCLUSION

1-Élaboration du plan détaillée

IL ne faut jamais élaborer le plan à partir des notes désordonnées mises sur les feuilles de brouillon. Pour élaborer son plan il faut donc partir de la problématique et élaborer une argumentation qui y réponde clairement. Les titres de partie doivent répondre à la problématique.

Les types de plans  sont souvent déterminés par le libellé du sujet. Il y a trois types de plan qu’on retrouve dans les types de sujet

Les plans thématiques

Les plans chronologiques

Les plans mixtes

 

Il existe plusieurs familles de sujets qui offrent des types de plans bien précis. On peut citer comme grandes familles de sujet : les sujets de type « tableau / bilan », les sujets de type « évolutif », les sujets de type « confrontation » ou « mise en relation », les sujets de type « discussion » ou « démonstration », les sujets de type « comparatif », les sujets de type « dialectique », etc.

* Les sujets de type « tableau / bilan » : Pour ce type de sujet, il s’agit de caractériser l’état d’une situation. Ici, c’est le plan thématique qui convient le mieux.

Exemples : Le monde en 1945.

                   Bilan de la décolonisation.

* Les sujets de type « évolutif » : Ici, il s’agit de décrire les transformations au cours d’une période chronologique. Il faut donc trouver des dates ruptures significatives. Pour ce type de sujet, c’est le plan chronologique qui convient le mieux

Exemples : Les relations Est / Ouest de 1947 à 1975.

                   L’évolution de la Chine de 1945 à 1993.

* Les sujets de type « confrontation » ou « mise en relation » : Ici, il faut confronter pour thématiser, spatialiser, périodiser. On peut traiter ce type de sujet selon un plan chronologique si la situation s’inscrit dans la durée et selon un plan thématique si la situation constitue un moment précis.

Exemples : L’URSS et la guerre froide.

                   La question allemande dans les relations Est / ouest.

* Les sujets de type « discussion » ou « démonstration » : Pour ce type de sujet, il faut démontrer en suivant la problématique suggérée par le libellé.

Exemples : L’affirmation du Tiers Monde : réalités et limites.

                   L’Allemagne en 1945 : année zéro ou nouveau départ ?

* Les sujets de type « comparatif » : Pour ce type de sujet, il faut faire une étude alternée et éviter de faire une étude juxtaposée :

Exemple : Comparez la décolonisation de l’Inde et celle de l’Indochine.

Les sujets de type « dialectique » : Pour ce type de sujet, le plan suivant est à adopter : « thèse, antithèse, synthèse ». C’est un sujet souvent présenté sous la forme d’une affirmation accompagnée des expressions « Qu’en pensez-vous ? », « Partagez-vous cette assertion ? » « quelle réflexion vous inspire cette affirmation ? », etc.

Dans la thèse, il faut expliquer la pensée qui fonde l’affirmation ; c’est-à-dire ce que l’information veut insinuer.

Dans l’antithèse, il faut montrer les faiblesses ou les limites de l’affirmation.

Dans la synthèse, il faut réconcilier la thèse et l’antithèse ; c’est-à-dire qu’on cherche à dépasser la contradiction. On cherche ce qu’il y a de vrai dans la thèse et dans l’antithèse.

Exemples : « L’ONU n’a plus sa raison d’être. » Partagez-vous cette affirmation.

                   « Le président Senghor affirme que « la colonisation a été un mal nécessaire. » Qu’en pensez-vous ?

2-Élaboration de l’introduction

Compte tenu de l’importance de l’introduction et de la conclusion il s’avère nécessaire de les rédiger au brouillon. L’élaboration de l’introduction répond à une démarche en  trois temps :

le préambule : c’est, en quelque sorte, l’introduction de l’introduction. L’élève amène le sujet en rappelant le sujet, ou en précisant de nouveau son contexte général, ou encore en procédant à la définition des termes de l’intitulé. Pour annoncer le sujet, on se réfère à l’histoire ou à l’actualité.

la problématique : elle consiste à poser le sujet, à donner un sens au sujet, à faire apparaître les questions qu’il suscite.

l’annonce du plan : elle consiste, par quelques propositions habilement agencées, à indiquer les idées principales autour desquelles s’articule votre devoir.

NB : Dans l’introduction, il faut surtout éviter de développer ou de répondre à la question posée

3-Rédiger le devoir

La rédaction du devoir obéit à trois règles impératives

  • Soigner la présentation du devoir : le devoir doit avoir une disposition claire et aérée, qui fait ressortir les grandes articulations de l’argumentation.
  • Soigner la qualité de l’argumentation : la structure de l’argumentation doit être particulièrement soignée.
  • Soigner la rigueur de l’expression : utiliser un vocabulaire simple et une expression rigoureuse

4-Élaborer la conclusion

La conclusion est un bilan : c’est l’aboutissement du raisonnement. Elle doit être courte. Elle n’est jamais un résumé du devoir mais celui des résultats. En clair, elle apporte la réponse à la problématique. On la divise en trois sous parties :

le bilan ou le résumé des résultats ;

le point de vue personnel, l’opinion personnelle sur l’intérêt du sujet ;

l’ouverture : elle oriente le lecteur vers des perspectives plus larges, cependant directement liées aux résultats citées auparavant.

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