LA TRAITE NEGRIAIRE

INTRODUCTION

A partir du seizième siècle, les Européens n’ont pas assez de main d’œuvre dans les plantations d’Amérique. Ils reviennent en Afrique pour y chercher des esclaves. C’est le début de la traite des Noirs. Cette dernière désigne le commerce des esclaves dont sont victimes des millions de Noirs africains durant plusieurs siècles.

I-ORIGINES

Les origines de la traite négrière remontent très loin dans le temps.

-Egyptiens, Grecs, Romains ont eu des esclaves. Le monde arabe a pratiqué à son tour le commerce des esclaves : c’est la traite dite orientale. Elle se caractérise par ses voies commerciales (traversée du Sahara, de la Méditerranée, de la mer rouge, de l’océan Indien) et ses principaux marchés d’esclaves (grandes villes d’Afrique du Nord et de la péninsule arabique). Les esclaves sont revendus en Arabie, dans l’empire ottoman, en Europe méridionale.

– Après le Moyen âge, des esclaves arrivent jusqu’en Russie. La traite orientale fournit une main d’œuvre servile employée à des travaux domestiques et de service. Entre le VII° et le début du XX° siècle, 17 millions de noirs sont réduits à l’esclavage, selon l’historien Olivier pétré Grenouilleau.

– Par ailleurs, il a existé en Afrique une traite intra-africaine qui remonte à l’onzième siècle. Il existe un esclavage de case consistant à maintenir les pauvres et les faibles dans les maisons comme esclave. Il y a aussi, un esclavage de guerre regroupant les princes et les soldats des royaumes vaincus. Selon l’historien Manning, on estime à plus de 14 millions le nombre d’individus réduits en esclavage et restant sur place.

– Enfin, la traite occidentale se développe, après le XV° siècle. La traite atlantique est un commerce d’Africains. C’est aux Portugais qu’il faut attribuer l’extension du commerce des esclaves. Elle débute en 1441 par la déportation de captifs africains vers la péninsule ibérique. En 1444, Denis Dias atteint le Sénégal et ramène à Lagos quatre esclaves : c’est le début de la traite systématique. Durant la même année, les Portugais créent la première compagnie pour l’importation des noirs. Les Portugais convoient les esclaves vers les Caraïbes, l’Amérique du Sud. Ils servent de main d’œuvre dans les plantations de canne à sucre dans les premières colonies portugaises : Madère, Açores, Sao Tomé. La mise en valeur de l’Amérique relance la traite. Espagnols, Anglais, Français, Hollandais organisent leur propre traite : de nouvelles compagnies créées, des bateaux affétés. Les plus grands centres se situent sur la côte.

II-MECANISME

Le commerce triangulaire désigne le processus de la traite des Noirs entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. Des grands ports européens (La Rochelle, Le Havre, Bordeaux, Nantes avec 1427 expéditions négrières de 1715 à 1789, Amsterdam, Anvers, Londres) partent des navires négriers chargés dans leurs cales des pacotilles (tissus, alcool, armes à feu, verroterie, jouets). Ces produits sont échangés contre des captifs, sur la côte. Une fois leurs cales pleines d’esclaves, les navires négriers quittent l’Afrique pour rejoindre l’Amérique du Sud (Brésil), les caraïbes plus précisément les Antilles (Guadeloupe, Cuba, Jamaïque) ou l’Amérique du Nord. Ils sont échangés contre des produits exotiques (coton, sucre, tabac, café).

III-EVOLUTION

Les premiers esclaves africains arrivent à Cuba en 1513, deux ans après l’arrivée des Espagnols. 5000 Noirs sont débarqués chaque année dans les Antilles. En 1600, les esclaves sont au nombre de 300000 sur le sol américain. Au 17° siècle, l’Afrique livre un million et demi d’esclaves. Ce chiffre passe à 6 millions et demi, au 18° siècle. Les centre se multiplient : les côtes du vent (Gambie, Guinée), des graines (Sierra Léone, Libéria), de l’or (Ghana, Togo), des esclaves (Bénin, Nigeria, Cameroun, Gabon), d’Angola (Congo, Angola) et la côte orientale (Mozambique). La traite atteint son paroxysme, au 17° siècle, avec l’augmentation des plantations. On estime, entre 35 et 100 millions, le nombre d’Africains victimes de la traite.

CONCLUSION

La traite a contribué à freiner l’essor démographique du continent et à retarder son développement économique.

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