LA VOIE CHINOISE DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

INTRODUCTION

Avec un PIB de 5 878,6 milliards de dollars en 2010, La Chine est la deuxième puissance économique mondiale après les États-Unis. Le pays a connu une croissance économique particulièrement soutenue depuis les années 1980. Cependant, la population reste relativement pauvre: en parité de pouvoir d’achat, le FMI évalue le PIB par habitant 2008 à 6 300 dollars par habitant, contre 10 300 de moyenne mondiale.

Si l’agriculture occupe toujours près de la moitié de la population active, elle ne contribue guère à plus de 10 % du PIB. L’industrie en revanche prend une place prépondérante : elle emploie environ 27 % de la production active et produit la moitié de la richesse nationale Le fort excédent commercial provoqué par les exportations industrielles ont permis au pays de se constituer des réserves de change qui atteignaient officiellement 2400 milliards de dollars fin 2009. Ces réserves donnent au pays une puissance financière considérable.

I-LE MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT CHINOIS

 1- la voie maoïste de développement (1949-1976)   

a)- Un modèle de développement endogène  

Sous le règne des conservateurs, la voie chinoise de développement économique et social reposait d’abord sur le modèle soviétique. La plupart des moyens de production et d’échange étaient socialisés. L’État a procédé à la nationalisation de toutes les industries et du commerce. La réforme agraire de 1950 entraîne une redistribution des terres aux paysans (47 millions d’hectares sont distribués entre 300 millions de paysans). Cependant, ils sont invités à se regrouper en coopératives agricoles. Cette économie socialisée est fortement soutenue par l’État qui entreprend la planification à grande échelle. La Chine adopte alors une voie de développement autocentré. Ce développement endogène se heurte à plusieurs obstacles. D’abord, le pays était confronté à un déficit de techniciens et de cadres qualifiés, ensuite les capitaux, éléments indispensables pour impulser le développement économique, faisaient défauts. A ces obstacles s’ajoutent un déficit énergétique et une insuffisance du réseau de communication centré à l’Est.

b)- Un développement basé sur deux secteurs

Le slogan « marcher sur ses deux jambes » traduit la volonté des dirigeants chinois de faire de l’agriculture et de l’industrie les deux piliers du développement. La politique agricole reposait sur les aménagements pour réduire l’érosion des sols, l’utilisation de nouvelles techniques, culturales accompagnées d’une maîtrise de l’eau avec l’intensification des barrages et l’usage d’engrais chimiques et des semences sélectionnées. Dans l’industrie, coexistent de petites et de grandes entreprises. Dans les centres urbains sont implantées les industries lourdes, tandis que les petites entreprises sont installées en campagne. Cette voie maoïste avait pour objectif de faire décoller la Chine. Mais l’impact négatif du Grand Bond en Avant et la Révolution Culturelle a complètement désorganisé l’économie en favorisant l’arrivée au pouvoir des réformateurs qui vont suivre une nouvelle voie.

 2- le socialisme de marché ou les réformes libérales  

L’avènement des réformateurs sous la direction de Deng Xiaoping, marque un tournant dans la mise en place d’un socialisme de marché. Ils prônent «  l’ouverture » de la Chine pour faire décoller économiquement le pays. Avec les « quatre modernisations », la Chine est engagé dans une politique pragmatique où prime l’efficacité. La politique d’ouverture se manifeste à deux niveaux :

  • ouverture extérieure vers le reste de l’Asie et l’Occident susceptible de fournir capitaux, technologies et marchés. Elle se fait au départ par les ZES (Zones Économiques Spécialisées) situées sur la côte sud (quatre sont créées en 1980 : Shenzhen, Zhuhaï, Shantou, Xiamen ; et un en 1981:Hainan) puis l’ouverture progressive de toute la côte (14 villes ouvertes en 1984, et 3 deltas en 1985).Cette expérience sert à tester le passage vers une économie de marché
  • ouverture intérieure qui prend la forme d’une libéralisation partielle et progressive de l’économie.

Dans l’agriculture, le « système de responsabilité » est généralisé depuis 1982, réintroduisant l’économie de marché dans le monde rural. La priorité donnée à l’agriculture doit permettre le développement de la révolution verte. La Chine se dote progressivement d’une économie mixte (entreprises privées et entreprises d’État), qui est régulée par le marché plus que par le plan, et elle s’insère peu à peu dans l’économie mondiale. Aujourd’hui « l’économie chinoise » est de fait une économie de marché dans un pays qui garde un régime de parti unique.

 3- l’internationalisation de l’économie chinoise 

   a)-Adhésion à l’Organisation mondiale du commerce

L’élément clé de l’insertion de la République populaire de Chine dans l’économie mondiale a été son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à compter du 11 décembre 2001 (cérémonie de signature à Doha le 11 novembre), pour devenir officiellement membre de l’OMC au 1er janvier 2002.

Comme défini lors des négociations, la République populaire de Chine s’engageait à libéraliser son économie et devait en particulier :

  • accorder un traitement non discriminatoire à tous les membres de l’OMC. Toutes les entreprises étrangères se verraient accorder un traitement qui ne serait pas moins favorable que celui accordé aux entreprises chinoises en matière de commerce ;
  • ne pas pratiquer de contrôle des prix à des fins de protection des producteurs ou fournisseurs de service locaux ;
  • refondre sa législation intérieure, présente et future, pour la mettre en accord avec l’accord conclu avec l’OMC ;
  • dans les trois ans suivant l’adhésion, donner le droit à toutes les entreprises d’importer, d’exporter et de commercer librement avec l’étranger, avec un nombre limité d’exceptions ; – ne pas maintenir ou accorder de subventions à l’exportation sur ses produits agricoles.

Ces accords ont permis à la Chine de s’insérer avec succès dans la mondialisation de l’économie, dont elle est un des acteurs majeurs. Aujourd’hui, la Chine est fréquemment surnommée « l’atelier du monde » car de nombreuses entreprises sous-traitent la fabrication de produits manufacturés et ainsi réduisent énormément leurs coûts.

b)-La Chine actuelle face à la mondialisation

Ce n’est que plus récemment que certaines entreprises chinoises ont su imposer leur marque dans des secteurs de pointe, et le rachat d’entreprises étrangères.

L’adhésion de la Chine à l’OMC en 2001 a confirmé sa place grandissante dans l’économie mondiale, se profilant comme un nouveau centre économique à l’instar des États-Unis, de l’Union européenne et du Japon. Les exportations chinoises sont très compétitives et constituent une grande partie du déficit commercial américain. La Chine dispose aujourd’hui d’énormes réserves de change. Elles garantissent 18 mois d’importation, en couvrant 10 fois les dettes à court terme du pays et en gageant 20 % de la masse monétaire. Dopée par l’excédent commercial, la Banque du Peuple engrange 15 milliards de dollars de devises supplémentaires chaque mois.

Les autorités chinoises ont adopté une stratégie d’ouverture très progressive de l’économie, qui n’a commencé à se concrétiser que très récemment pour des secteurs-clés comme les banques ou les assurances. Cette ouverture parcimonieuse, synonyme d’arrivée de capitaux étrangers, lui a permis de quasiment ignorer la crise asiatique de 1997.

Affichant des taux de croissance frôlant régulièrement les 10 % par an depuis 1978, soit un doublement du niveau de vie moyen tous les huit à neuf ans compte tenu d’une croissance démographique de 1 % par an, l’économie chinoise est parfois décrite comme étant en « surchauffe ».

 

II-LES PERFORMANCES DE L'ÉCONOMIE CHINOISE

1-l’agriculture chinoise

Le bilan de l’agriculture est impressionnant : en 2004, la Chine avait occupé le 1e rang mondial pour la production du riz ( 176,553 millions de tonnes), de blé (91,190 millions de tonnes), de coton (4,92 millions de tonnes), d’ovins (136,972 millions de têtes) de porcins (464,695 millions de têtes) ; le 2e rang pour la production de maïs (123,175 millions de tonnes ) et de thé (0,760 millions de tonnes) ; et le 3e rang pour le soja, le sucre, et les agrumes.

Dans les années 1990 et 2000, la part de l’agriculture dans l’économie nationale a rapidement diminué, bien qu’elle constitue encore un secteur d’activité important. Sa contribution à la richesse nationale est faible par rapport à la main d’œuvre qu’elle emploie. Selon les données officielles, environ 40 % de la population active occupée travaillait dans l’agriculture, et produisait environ 11 % du produit intérieur brut. En 1990, il s’agissait encore de 60 % de la population et de 27 % du PIB Plus de 800 millions de personnes vivent dans les zones rurales.

La Chine ne dispose que de 10 % de la superficie cultivable mondiale et doit nourrir 22 % de la population mondiale. Le végétal domine toujours l’agriculture, bien que l’élevage connaisse un essor rapide. Le riz constitue l’aliment de base de la majorité de ses habitants.

Pourtant, les aides publiques ne représentent que 6 % environ du revenu des agriculteurs, contre 20 % aux États-Unis, 34 % dans l’Union européenne et 58 % au Japon.

 2- Un secteur secondaire en pleine expansion

La mise en œuvre des réformes libérales entraîne de profonds bouleversements dans l’économie. L’ouverture vers l’extérieur s’est traduite par l’intégration de l’économie chinoise dans la division internationale du travail. D’ailleurs pour attirer les investissements directs étrangers (IDE), les Zones Économiques Spécialisées sont aménagées. Parmi les ZES, celle située dans le delta de la Rivière de Perles, dans la province du Guangdong  reste l’un des plus dynamiques. En effet, la région est le premier centre manufacturier de la planète. Elle produit 70% des photocopieuses, 79% des chaussures, 65% des puces radio-vidéo, 45% des fours micro-ondes, 30% des lecteurs CD ET 90% du matériel Hi-fi. La ville de Shenzhen future concurrente de la Silicon Valley, regroupe l’essentiel des industries de nouvelles technologies comme la microinformatique, les télécommunications et les biotechnologies. Quant à Shanghai, elle est la vitrine de la réussite du modèle chinois de développement. Elle dispose d’une bourse prospère, abrite les sièges de grandes multinationales et de nombreuses banques.

La production de véhicules motorisés a connu une forte croissance en Chine à partir des années 1980. Les investissements de groupes occidentaux et japonais, notamment par l’établissement de coentreprises, a eu un rôle très important. En 2008, la Chine a produit 9,5 millions de véhicules, ce qui la place au deuxième rang mondial après le Japon. General Motors et Volkswagen, par l’intermédiaire de leurs coentreprises, arrivaient en tête avec respectivement 11 % et 10 % des ventes. La Chine, sous-équipée, mais à la croissance économique forte et régulière, représente un marché considérable pour l’industrie automobile. En 2009, elle est devenue le premier marché automobile mondial, passant devant les États-Unis.

 3- la Chine comme puissance commerciale

Relativement autarcique dans les années 1970, la Chine a, depuis les 1980, mené une politique de développement des exportations. En 2008, les exportations chinoises s’élevaient à 1430 milliards de dollars et les importations à 1130 milliards. Relativement au produit intérieur brut, le commerce international joue un rôle bien plus important en Chine que dans les autres grands pays du monde.

En moyenne, le volume des exportations a augmenté de 14 % entre 1990 et 1999, et de 20,5 % entre 2000 et 2008. Les importations ont progressé un peu moins vite : 13 % par an pendant la décennie 1990, et 16 % entre 2000 et 2008. La Chine réalise environ 9 % des exportations et 7 % des importations mondiales en 2008, contre 1,2 et 1,1 % en 1983.

La place de la Chine dans le commerce mondial varie selon les secteurs. Elle est plus grande pour les produits manufacturiers, où le pays réalise 13 % des exportations mondiales que pour les produits agricoles ou miniers. Au sein de l’industrie, il y a de grandes inégalités selon les produits.

Ainsi, le pays effectue 33 % des exportations mondiales de vêtement, mais seulement 3 % de celles de denrées agroalimentaires et 2 % de celles de produits automobiles. Un fait remarquable dans les années 2000 est la progression d’exportation à relativement forte teneur technologique. Ainsi, en 2008, la Chine a réalisé plus du quart des exportations en équipement de télécommunication mondiales.

Les partenaires commerciaux dépendent nécessairement du type de produit. Pour les importations, la part de l’Asie dépasse les 50 %. Pour les exportations, l’Amérique du Nord et l’Europe tiennent une grande place.

La Chine reste en 2008 la quatrième nation maritime du monde avec 3499 navires pour 92,799 millions de tonnes de port en lourd. Une part importante de ce tonnage (59,91 %) est immatriculée à l’étranger. Le trafic portuaire de la Chine est également très important: avec des ports comme Shanghai, Shenzhen ou Ningbo qui comptent parmi les plus importants du globe.

 4-la chine dans l’économie mondiale

a)-Rôle de la Chine en Asie orientale

La Chine effectue environ la moitié de ses échanges avec l’Asie (CEI et Moyen-Orient non compris). C’est en Asie du Sud-est que la Chine est la plus active. Elle y a remplacé le Japon comme première puissance commerciale et a en partie à réorganisé autour d’elle les circuits commerciaux. Les échanges sont de nature diverse, mais on note forte division internationale du travail. Certains produits passant par de nombreux pays au cours de leur fabrication. Ainsi, en 2003, 60 % des importations chinoises en provenance de Hong Kong, de Taïwan et de la Corée du Sud étaient en fait destinées à être réexportées. Il s’agit, par exemple, de produits électroniques dont les composants à forte teneur technologique sont réalisés à Taïwan et l’assemblage en Chine. Dans certains cas toutefois, la Chine se trouve en situation de rivalité commerciale avec d’autres pays de la région. En raison de son importance numérique et de son faible coût, la main d’œuvre chinoise peut entrer en concurrence avec celle des pays les moins avancés de la région, tels que le Viet Nam ou l’Indonésie, dont l’avantage comparatif en termes de production manufacturière réside dans des produits simples et faisant appel à des travailleurs faiblement rémunérés. Néanmoins, la Chine renforce sa coopération économique avec l’Asie du Sud-est. La constitution d’une zone de libre-échange avec l’ASEAN représente une étape importante. Celle-ci, décidée en 2002, est effective depuis janvier 2010 avec la plupart des pays. Elle doit être étendue en 2015 aux pays les moins avancés de l’association : Vietnam, Cambodge, Laos, Birmanie.

b)- les investissements chinois à l’étranger

La Chine a développé une considérable puissance financière dans les années 2000. Celle-ci est due notamment à ses réserves de change, les plus élevées au monde, qui, début 2010, atteignent les 2400 milliards de dollars. La majeure partie des réserves chinoises sont placée en bons du Trésor américain. Il s’agit là d’investissements peu risqués, ce qui entraine des rendements moyens limités. Afin de diversifier ses avoirs, la République populaire a annoncé en 2007 la création d’un fonds souverain, la Chinese Investment Corporation. Sa dotation initiale en capital s’élevait à 200 milliards de dollars, qu’elle a notamment utilisés pour effectuer des placements en actions en Chine ou à l’étranger. Elle a par exemple acquis 10 % de la banque américaine Morgan Stanley. Les investissements chinois à l’étranger ne se limitent pas à ces investissements de portefeuille : les entreprises chinoises, publiques ou privées, réalisent également des investissements directs, qui suscitent parfois un émoi dans les pays où ils sont effectués.

Dans les pays en développement, d’abord en Amérique latine, puis en Afrique, la présence chinoise s’est considérablement accentuée dans les années 2000, et vise notamment à s’assurer l’accès aux ressources pétrolières ou minières. Des analystes estiment la frontière entre investissement et aide publique au développement est ténue pour la Chine. En effet, Pékin a signé avec différents pays des accords qui consistent à la fois en prêts et en accords économiques impliquant des entreprises publiques chinoises. Ces accords portent surtout sur l’exploitation de ressources naturelles ou la construction d’infrastructures. En Afrique, ils ont connu un développement soudain à partir de 2005-2006. Selon les données officielles, l’aide chinoise s’élevait à 27 milliards de dollars en 2007, l’Afrique ayant remplacé l’Amérique latine comme premier bénéficiaire.

 

III-LES PROBLÈMES DE L’ÉCONOMIE CHINOISE

 1-Crise de 2008-2009

Comme les autres pays intégrés à l’économie mondiale, la Chine est touchée par la crise économique de 2008. La récession américaine a des effets sur la croissance du pays qui dépend en grande partie des exportations et des importations.

À la fin de l’année 2008, le taux de chômage en ville serait de 9,4 % d’après un chercheur de l’Académie des sciences sociales de Pékin Zhang Chewei, soit le double du chiffre annoncé par les autorités. Selon Huang Yun long, le vice-gouverneur du Guangdong, 600 000 migrants qui travaillaient dans la province seraient retournés dans leur ville ou leur village d’origine en 2008.

Le gouvernement chinois annonce en novembre 2008 un plan de relance de 15 % du PNB dans les deux ans à venir pour relancer la croissance. Les 4 000 milliards de yuans (soit 454 milliards d’euros) iront à des grands travaux d’infrastructures (beaucoup de ferroviaire, ports, autoroutes, de grands travaux hydrauliques (45 %), à la reconstruction du Sichuan (25 %), au développement des campagnes (9,25 %), à l’environnement , principalement des stations de traitement des eaux usées (8,7 %), des logements sociaux (7 %), et pour la santé (1 %), etc.). Ce budget prévu contient les 1 000 milliards de yuans décidée pour la reconstruction de la province du Sichuan en juin 2008 suite au séisme du Sichuan de mai 2008.

2-Les problèmes sociaux

Entre 1980 et 2010, on observe deux tendances majeures : une nette baisse de la pauvreté absolue, et une forte augmentation des inégalités.

La Chine a connu la plus importante et la plus rapide réduction de pauvreté de l’histoire. Le taux de pauvreté absolue, définie par un revenu inférieur à un dollar par jour (en PPA), concernait 74 % de la population au début de la réforme en 1981 pour atteindre 15 % en 2004. Cependant en 2003, 30 millions de personnes sur plus de 130 millions vivaient encore avec moins de 77 dollars par an.

Dans le même temps, les différences de niveau de vie se sont nettement accentuées, ce qui indique une plus forte concentration des revenus. Les familles les plus riches, qui représentent 8,6 % de la population totale, détiennent 60 % du capital financier. Différentes études indiquent que les 10 % les plus pauvres de la population ont connu une détérioration très forte de leurs conditions de vie tandis que les 10 % les plus riches ont vu leurs revenus et leur patrimoine exploser. Le nombre de milliardaires chinois en dollars est passé de 3 en 2004 à 106 en 2007. Les inégalités entre les villes et la campagne sont particulièrement fortes. Selon les statistiques officielles, les grandes agglomérations sont trois fois plus riches par habitant que les espaces ruraux.

Dans les campagnes, les revenus des agriculteurs chinois ont cependant plus que triplé entre 1980 et 2000 ce qui a largement contribué à la diminution de la pauvreté dans le pays. Ceci n’empêche pas l’inégalité croissante entre ruraux et citadins. De ce fait, la Chine est confrontée à un exode rural important. On estime qu’environ 8 millions de paysans quittent la campagne chaque année pour rechercher un emploi.

 3-Les problèmes environnementaux et la forte dépendance énergétique

La situation de l’environnement est préoccupante et pourrait devenir un frein à la croissance (pollution des centres industriels et urbains, diminution de la surface cultivable sous le coup de la désertification, empoisonnement des eaux douces, etc.). Les pluies acides tombent sur un tiers du territoire, les eaux contaminées tuent plus de 30 000 enfants chaque année.

Conséquence d’une croissance rapide et axée sur l’industrie, la consommation énergétique chinoise a très fortement augmenté au cours des années 1990 et 2000.Le charbon représente 70 % et le pétrole 20 % de l’énergie consommées. Il s’agit là de combustibles polluants, ce qui rend la situation environnementale assez préoccupante, générateurs de CO2, ce qui fait de la Chine le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre.

Le charbon représente la principale source d’énergie chinoise. Selon l’Energy Information Administration, la consommation du pays s’élevait 2,3 milliards de tonnes environ en 2007, soit près de 38 % du total mondial. La production est légèrement excédentaire, permettant des exportations. Les conditions de travail dans les mines sont souvent très dures. Selon les statistiques officielles, plus de 9200 personnes y ont trouvé la mort en 2008. Par ailleurs, le charbon est source d’une importante pollution qui cause de graves problèmes de santé publique          Selon l’Energy Information Administration américaine, la Chine consommait environ 7,5 millions de barils par jour en 2008, ce qui la place en deuxième position mondiale, loin derrière les 19,5 millions de barils des États-Unis. En 2007, la production ne dépassait pas les quatre millions de barils par jour. La Chine doit donc importer près de la moitié de sa consommation.

La Chine s’efforce de développer d’autres sources d’énergie, en particulier pour la production d’électricité. Malgré la construction très médiatisée, et très controversée du barrage des TroisGorges, la part de l’énergie hydraulique dans la production électrique tend à baisser : 23 % en

1990, 19 % en 2000 et 15 % en 2007. Malgré un ambitieux plan de développement dans les années 2000, l’énergie nucléaire reste assez marginale : en 2007, elle ne produisait guère plus de 2 % de l’électricité consommée dans le pays.

CONCLUSION

Depuis plus d’une décennie, La Chine est le pays qui réalise les taux de croissance les plus élevés de la planète. Ses produits inondent le marché mondial et ses chantiers tournent à plein régime notamment avec la préparation des jeux olympiques de l’été 2008.

Le pays est devenu une puissance économique mondiale grâce aux pragmatismes de ses dirigeants qui ont mis en place le socialisme de marché. Cependant, ces résultats masquent le revers de la médaille, marqué par des inégalités régionales, sociales, une dépendance en matières premières et une absence de démocratie

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