L’AFRIQUE, BERCEAU DE L’HUMANITE

INTRODUCTION

« L’humanité a pris naissance en Afrique. On n’en doute plus. » Ces propos du Professeur Cheikh Anta Diop ne sont plus contestés aujourd’hui. En effet, les découvertes archéologiques et anthropologiques et les indices montrent que l’homme est apparu en Afrique au paléolithique archaïque, c’est-à-dire au début de la préhistoire. Mais qu’est-ce que la préhistoire ? Comment l’Homme a-t-il évolué ? Comment se fait-il que l’Afrique soit le berceau incontestable de l’Humanité.

I-LA PREHISTOIRE

C’est la période de l’histoire de l’Humanité qui s’étend des origines de l’Homme à l’apparition de l’écriture. Cette période, autrefois connue sous le nom d’âge de pierre, est 1 200 fois plus longue que l’histoire. Le paléolithique, ou âge de la pierre taillée, est la première période de la préhistoire. Elle commence avec l’apparition des premiers hominidés et se termine vers 8000 av. J.-C. ; Le mésolithique (8000-6000 av. J.-C.), marqué par le réchauffement climatique de la fin de la période glaciaire, désigne la transition avec le néolithique ou âge de la pierre polie, qui s’achève avec les prémices de la métallurgie. La protohistoire, qui correspond aux âges des métaux (âge du bronze, âge du fer), sépare la préhistoire de l’histoire.

2-L’ORIGINE DE L'HOMME

Les théories sur l’origine de l’Homme partent des religions, des traditions de certains peuples et de la science.

La Torah, la Bible et le Coran nous apprennent que l’Homme est d’origine divine et qu’il a été créé au 6e jour. Certaines traditions font venir l’Homme parfois de l’eau, de la vache, de la terre… Pour les religieux, l’Homme est apparu sur Terre tel qu’il est actuellement. Il n’a connu aucune évolution ni dans sa morphologie, ni dans sa constitution organique.

Cette thèse religieuse s’oppose à celle dite évolutionniste, développée par le savant britannique Charles Darwin (1809-1882). Selon ce dernier, les espèces vivantes sont issues les unes les autres des lois de la “sélection naturelle” avec la “lutte pour la survie” (“Struggle for life”). Ainsi, d’après cette théorie, l’Homme est le produit d’une série de transformations qui ont commencée avec la première cellule de vie (3,8 milliards d’années) qui est passée des premiers vertébrés (350 millions d’années), aux mammifères (200 millions d’années) et aux primates (70 millions d’années).

III. LE PROCESSUS DE L'HOMINISATION

L’hominisation est le processus par lequel on est passé des primates à l’Homme. Ce dernier se serait séparé du singe il y a 8 à 6 millions d’années. Entre le primate et l’Homme, il n’y a pas de chaîne directe mais plutôt des branches collatérales qui sont des processus avortés ou des impasses.

a-Les premiers hominidés

Se séparant de singe il y a environ 8 à 6 millions d’années, le premier hominidé apparaît. Il se nourrit de fruits. Ses plus vieux spécimens sont Toumaï (Sahelanthropus tchadensis, vieux de 6 à 7 millions d’années, découverts dans le désert de Djourab au Tchad en 2001), Orrorin Tugenensis (mis au jour à la fin de l’année 2000 au nord-ouest du Kenya, près du lac Turkana, âgé de 6 millions d’années). A partir de 4,5 millions d’années apparaissent les Australopithèques qui présentent deux formes principales : l’Australopithèque robustus et l’Australopithèque gracile. Le plus ancien spécimen a été pendant longtemps Lucy (Australopithecus afarensis) découverte par Yves Coppens en 1974 et vieille de 3,5 millions d’années. L’Australopithèque gracile ou Australopithecus africanus a une grosse mâchoire, une boîte crânienne d’environ 450 cm3, un régime herbivore et une petite taille.

b-Les premiers hommes

Ils sont apparus il y a 2,5 millions d’années. Le premier représentant du genre Homo est l’Homo habilis découvert en 1963 par Louis Leakey à Olduwaï. Avec un cerveau de 600 cm3, petit (moins de 1,40 m), encore arboricole, il taille des outils de silex afin de casser des coquilles de fruits ou de broyer des os pour en extirper la moelle.

Viennent ensuite les Archanthropiens représentés par l’Homo erectus (qui se redresse), doté d’un cerveau de 1 000 cm3, vieux de 1,6 millions d’années à 750 000 ans. L’Homo erectus est suivi d’un erectus d’un nouveau genre baptisé Ergaster. Plus grand que ses prédécesseurs (il atteint 1,75 m), ce dernier est particulièrement doué pour la marche. Il fabrique des outils perfectionnés pour la chasse, maîtrise le feu, a une vie sociale complexe et dispose peut-être d’une forme rudimentaire de langage. Ergaster marque une étape importante parce qu’il est le premier Homo à sortir du continent africain.

L’Homo erectus est représenté :

– en Afrique par le Pithécanthrope (1,6 millions d’années) ;

– en Asie par l’Homme de Java (700 000 ans) et le Sinanthrope (400 000 ans) ;

– en Europe par l’Homme de Mauer.

Entre temps apparaissent, toujours en Afrique, les Paléanthropiens représentés par l’Homme de Neandertal (Allemagne), très proche des Néanthropiens, d’où son nom d’Homo presapiens neanderthalensis. Enfin les Néanthropiens qui sont de deux ordres apparaissent : l’Homo sapiens fossilis (entre 40 000 et 30 000 ans) et l’Homo sapiens sapiens, ancêtre de l’Homme actuel connu sous des noms divers : Homme de Cro Magnon (France), Homme de Grimaldi (Italie), Homme d’Asselar (Mali), Homme de Boskop (Afrique du Sud), Homme de Mechtel Arby (Algérie).

IV-L’AFRIQUE BERCEAU DE L'HUMANITE

Les arguments anthropologiques, archéologiques et climatiques prouvent l’origine monogénétique et africaine de l’Homme. En effet, jusque dans les années 1920, on considérait que l’Asie était le berceau de l’Humanité. Mais dès 1924, cette thèse asiatique est abandonnée du fait de la découverte de squelettes par Raymond Dart en Afrique du Sud. Dart baptise ces squelettes “Australopithèques” (“singes du Sud”). Depuis, les découvertes se multiplient et permettent d’y voir plus clair sur l’arbre généalogique de l’Homme.

Au-delà des arguments paléontologiques et archéologiques, le climat milite aussi en faveur de l’Afrique avec son climat chaud favorable à l’épanouissement des corps à sang chaud selon la loi de Gloger.

 Quelques découvertes paléoanthropologiques remarquables

A partir de l’Afrique, l’Homme peuple le reste de la Terre en passant par le détroit de Gibraltar et l’isthme de Suez. L’Homme de Grimaldi, premier habitant de l’Europe, avait des traits négroïdes. L’Homme de Cro Magnon est l’ancêtre des Européens actuels. L’Homme de Chancelade, aux traits mongoloïdes, est l’ancêtre des Jaunes d’Asie.

Malgré la différence raciale, tous les hommes dérivent d’une souche unique. Les groupes humains actuels se différencient par des caractères secondaires acquis sous l’effet de causes extérieures adaptatives, sélectives, génétiques et géographiques.

CONCLUSION

L’origine monogénétique et africaine de l’Homme est admise aujourd’hui par tous les scientifiques après maintes tergiversations. Il n’y a pas de “berceau à roulettes” car toutes les étapes de l’hominisation se sont effectuées en Afrique.

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