L’AFRIQUE: LA DIVERSITÉ PHYSIQUE ET HUMAINE

INTRODUCTION

L’Afrique est un continent caractérisé par une diversité physique (relief, végétation) et humaine (population, modes de vie)

I- LA DIVERSITÉ PHYSIQUES 

I-1 le relief

Le relief de l’Afrique est essentiellement, un relief de plateaux. Ces derniers sont taillés dans des roches très vieilles. Au Nord-ouest, les chaînes de l’Atlas, succession de pics escarpés, s’étirent d’est en Ouest entre la Méditerranée et le Sahara. Elles s’ordonnent en deux alignements principaux. Les altitudes les plus fortes sont à l’Ouest où le Toubkal culmine à 4167 mètres. De hauts plateaux s’intercalent entre les montagnes, s’étend du Maroc à la Tunisie sur 2400 km. Le Sahara, de part et d’autre du tropique de Cancer, est une vaste dépression parsemée de reliefs : Adrar en Mauritanie, Aïr, Hoggar, Tibesti. Le Sahel est constitué de plaines et de faibles ondulations. Elle est le prolongement de la dépression du Sahara ; Au Sud –ouest, le Fouta djallon, le massif de l’Atakora, dans le Nord du Bénin, et de l’Adamaoua, dans le Sud-est du Cameroun sont les rares points émergents du relief. Les plateaux orientaux, autour de l’équateur, sont les plus élevés du continent. Un premier fossé oriental apparaît avec les lacs (Tanganyika, Kivu, etc. et les volcans (monts Virunga et Nyiragongo). Un deuxième fossé abrite d’autres lacs dominés par des volcans qui comptent parmi les hauts sommets de l’Afrique (mont Kenya avec 5194 m, mont Kilimandjaro avec 5963 m).D’ailleurs, un système de fossés tectoniques (Rift Valley : longue suite de dépressions s’étendant sur plus de 4800 m) traverse la région Nord –Sud. Les altitudes de ces plateaux orientaux dépassent 1500 m. Le Ras Dachan (4620 m) est le point culminant dans le Nord de l’Ethiopie. Le Sud du continent est constitué d’un vaste plateau, coupé par les dépressions du delta de l’Okavango (zone protégée de marécages occupant 16835 km2 dans le Nord du Botswana) et du désert du Kalahari. Le rebord méridional du plateau austral longe la côte Sud-est sur quelque 1100 km et culmine à 3650 m dans le Drakensberg (chaîne de montagnes parallèle à la côte Sud-est de l’Afrique, s’étendant sur environ 1100 km et formant la frontière orientale du Lesotho). Nous avons aussi, le Karoo qui est un plateau aride d’environ 260000 km2, en Afrique du Sud. Le désert de Namib s’étend sur 1900 km le long de la côte Sud-ouest de l’Afrique, surtout en Namibie. L’île de Madagascar est constituée d’un plateau central ravagé par l’érosion et bordé à l’est par une plaine côtière humide.

I-2 le climat :

Une grande partie du continent est soumise à l’influence du climat tropical. On distingue plusieurs grandes zones climatiques : -autour de l’équateur : le climat équatorial est caractérisé une absence de saisons. Les pluies y sont abondantes, le temps humide et chaud ; La moyenne des températures ne est d’environ 27°c. On constate cependant, des différences de plus de 10° C entre le jour et la nuit. Les pluies (1500 à 2500mm) sont concentrées dans l’après-midi. La partie centrale du continent et la côte orientale de Madagascar ont un climat caractéristique de la forêt pluviale tropicale. Le climat de la côte de la Guinée ressemble au climat équatorial ; -au nord et au Sud, nous avons un climat tropical caractérisé par une saison humide et une saison sèche qui s’allonge à mesure que l’on approche des tropiques. Les précipitations annuelles varient de 1500 mm à 550 mm . De part et d’autre de l’équateur, l’humidité décroît lorsque la latitude augmente et l’on passe de la forêt dense à la forêt à feuilles caduques puis à la forêt claire et enfin, à la savane. Le Sahel est une zone climatique intermédiaire entre la savane et le désert. Dans cette zone, la saison des pluies durent six à sept mois et les précipitations varient entre 600 et 400 mm/an ; Le climat désertique : de vastes étendues ont un climat aride ou désertique. Le Sahara, l’Abyssinie, dans l’Est, le Kalahari et le désert du Namib, dans le Sud-ouest reçoivent moins de 250 mm/an. Dans le Sahara, rien ne freine le rayonnement solaire et l’écart se creuse entre les températures du jour (50°) et de la nuit (autour de 0°) ; -le climat méditerranéen : les zones de climat et de végétation méditerranéens se trouvent dans l’extrême Nord-ouest et l’extrême Sud-ouest de l’Afrique. Ces régions sont caractérisées par des hivers doux et humides et des étés chauds et secs. Le climat du haut plateau de l’Afrique du Sud est tempéré dans la région du Cap.

I-3 la végétation :

La végétation reflète les zones climatiques. Les régions équatoriales sont le domaine de la forêt dense, une forêt toujours verte parce que les arbres ne renouvellent pas leurs feuilles en même temps. La forêt dense existe aussi dans les régions côtières au Sud-est du continent, à l’Est de Madagascar. La végétation est dominée par des fougères et des mousses. Il existe une zone de forêt de montagnes dans les plateaux du Cameroun, en Angola en Afrique orientale et dans quelques régions de l’Ethiopie où une étendue de broussailles fait place à des arbres à bois dur et des conifères primitifs. Une savane boisée avec des précipitations allant jusqu’à 1400 mm/an couvre de vastes étendues de végétation résistante au feu : herbes, légumineuses. La savane arbustive (500 à 900mm/an) est couverte de hautes herbes, d’arbustes, de petits bosquets de feuilles isolées d’où émergent de grands arbres. La savane herbeuse introduit un paysage sahélien. Dans le sahel, l’homme, ses cultures et ses bovins pâtissent du moindre accident climatique. C’est la brousse. Le tapis herbeux devient discontinu dans les régions sahéliennes à cause de la longue saison sèche. Seuls subsistent des arbres ou arbustes résistants comme l’acacia. La savane fait place à la steppe. Cette dernière est plus clairsemée encore aux abords des déserts, dans les régions semi-désertiques. L’herbe y est plus basse et les arbustes couverts d’épines. On retrouve la forêt aux extrémités du continent, dans les régions méditerranéennes plus humides.

I-4- la faune :

L’Afrique présente deux zones zoologiques : la zone Nord et Nord-ouest. Au Nord du Sahara, on trouve des moutons, des chèvres, des chameaux, des chevaux. Dans le Sahara, on trouve des lièvres, des gazelles, des fennecs, etc. La zone éthiopienne abrite une grande variété d’animaux et d’oiseaux. Dans les régions boisées vivent de nombreuses espèces d’antilopes et de daims, de zèbres, des girafes, des buffles, des éléphants, des rhinocéros et différents singes mais aussi le gorille et les lémuriens à Madagascar. On trouve des reptiles en Afrique : lézards, crocodiles, tortues. Dans la zone éthiopienne, il existe des serpents venimeux dont le redoutable mamba. 2000 espèces de poissons sont recensées dans l’eau douce. L’Afrique présentes des termites, des moustiques, des fourmis migratrices, des criquets migrateurs, des mouches tsé-tsé.

I-5 les ressources minérales :

L’Afrique est très riche en ressources minérales. Les combustibles fossiles abondent (charbon, pétrole, gaz naturel). Elle possède de grands gisements de diamants, d’or, de cuivre, de bauxite, de nickel, d’uranium, de platine, de cobalt, de phosphates. Les autres ressources minérales importantes sont le minerai de fer, le chrome, l’étain, le zinc, le plomb, etc. On trouve aussi de l’argile, du mica, du soufre, du sel.

I-6 l’hydrographie :

Le Nil, le plus long fleuve du monde avec ses 6718 km, arrose le Nord-est de l’Afrique. Il est issu de la rencontre entre le Nil blanc et le Nil bleu. Le Nil blanc prend sa source dans le lac Victoria et le Nil bleu est issu du lac Tana (Ethiopie). Leurs branches s’unissent à Khartoum. Il traverse le Sahara et se jette dans la Méditerranée. Le bassin hydrographique du Nil couvre 3254555 km2, à peu près 10% de la superficie de l’Afrique. Le Congo, avec ses 4700 km, baigne une grande partie de l’Afrique centrale. Il prend sa source à Katang (Congo démocratique).Fleuve équatorial, il développe son réseau dans les deux hémisphères. Le fleuve écoule jusqu’à 50000 m3/seconde à l’embouchure. La surface du bassin est de 3450000 km2. Son régime est pluvial équatorial. La majeure partie de son cours est navigable. Le troisième fleuve africain, le Niger, en Afrique occidentale, est long d’environ 4200 km avec un débit moyen de 6000 m3/seconde. La surface du bassin est de 2262000 km2. Le régime est pluvial tropical. Il prend sa source près des monts de Coma à la frontière de la Sierra Léone et de la guinée. L’aménagement de barrages hydroélectriques Sélingué, celui de Kainji a pour vocation de sortir de ces pays de la dépendance énergétique et céréalière. Le Zambèze, long de3540 km, prend sa source en Zambie, fait une incursion en Angola et se jette dans l’océan Indien. Il présente de nombreuses chutes dont les plus remarquables sont les chutes Victoria. Son débit varie de 2000 à 3000 m3/seconde. La surface du bassin est de 1330000 km2. La puissance hydro-électrique est concentrée sur deux barrages : barrage Kariba et celui de Cahora bassa au Mozambique alimente en énergie l’Afrique du sud. Le fleuve Orange est le plus grand fleuve d’Afrique du Sud avec une longueur de 2100 km. Il prend sa source dans le massif de Drakensberg, près de la frontière de Lesotho et se déverse à l’ouest dans l’océan Atlantique. La surface de son bassin set de 973000 km2. Le fleuve Sénégal au régime tropical est long de 1790 km qui prend sa source en Guinée à 750 m d’altitude. Le Sénégal se forme, à Bafoulabe au Mali par la confluence de deux rivières le Bafing et le Bakoye qui descendent du Fouta djallon. Son débit moyen est de 337000 km2. Parfois, le régime peut aller jusqu’à 5000 m3/seconde. Il est navigable sur 175 km (Podor). Le lac Tchad est un grand lac peu profond, ce qui est rare pour un lac endoréique c’est-à-dire dont les eaux ne rejoignent pas l’océan. Il est un lac d’eau douce d’une profondeur moyenne de 1,2 m environ mais aussi le réceptacle des oueds et cours d’eaux environnantes dont le fleuve chari (apport 90%). C’est le plus grand bassin fermé du continent. Le bassin hydrographique du lac est théoriquement de 2380000 km2. Il fournit à plus de 20 millions de personnes. Le delta de l’Okavango, les lacs Natron, Turkana sont aussi des bassins fermés. La grande faille orientale a donné naissance à un grand nombre de lacs : les lacs Mobutu, George, Edouard, Kivu, Malawi. Le lac Victoria est le plus grand lac d’Afrique et le quatrième du monde. Il est un lac d’eau douce de l’Afrique orientale. Sa superficie est de 69490 km2. Il est situé à une altitude de 1130 m au-dessus du niveau de la mer. Il alimente le Nil. Le lac Tanganyika est un lac d’Afrique centrale et se situe dans la Rift Valley. Il s’étend sur 32900 km2. Il est le deuxième lac d’Afrique par sa profondeur de 1436 m.

II-COMPOSITION DE LA POPULATION

L’Afrique qui couvre 6% de la surface terrestre a une population d’un milliard, soit 14% de la population mondiale. Le taux de natalité est de 3,8% tandis que le taux de mortalité est de 1,4%. La densité moyenne est de 3à Hbts/km2. L’indice de fécondité est de 5 enfants par femme. Dans 40 ans, la population africaine atteindrait 1 milliard d’habitants. Nous avons plusieurs groupes humains : D’abord, nous avons une population indienne d’un million de personnes qui vit de commerce dans les villes d’Afrique orientale et en Afrique du Sud. -les Paléoafricains sont le groupe humain le plus ancien. Ils sont d’un comportement primitif. Il y a les Pygmées sont des chasseurs-cueilleurs avec une taille de 1,50 m. Ils sont au nombre de 200000 et vivent en Centrafrique, au Congo démocratique, au Gabon, Au Rwanda. Ils parlent la langue de leurs voisins bantous. Les Bochimans ou Sans sont les plus anciens habitants de l’Afrique australe où ils vivent principalement dans le désert de Kalahari, au Botswana et en Namibie, depuis au moins 20000 ans. Ils parlent des langues de Khoisans. Ils sont au nombre de 50000. Ils vivent de cueillette et de chasse et sont organisés en petits groupes. Les Hottentots ou Khoï-khoï vivent dans le sud de la Namibie et dans le Nord-ouest de l’Afrique du Sud. Nomades pasteurs, ils vivent aussi d’élevage et de chasse. -Les Mélano-africains ou Noirs constituent 60% de la population africaine. On les subdivise en sous-groupes : les Soudanais et les Bantous. Les Bantous sont des populations vivant dans les régions équatoriales et méridionales de l’Afrique. Ils forment un ensemble de peuples parlant quelques 400 langues apparentées dites bantoues dont la plus parlée est le swahili. Ils sont présents en Afrique du Gabon aux Comores d’ouest et du Kenya à la Namibie du Nord au Sud ; Ils sont sédentaires et agriculteurs ; Les Soudanais en Afrique occidentale parlent plus de 1200 langues ; -les métisses viennent du métissage des Noirs et des Blancs. C’est le cas des Ethiopiens et des Somaliens. Les Peulhs constituent une ethnie présente dans quinze pays en Afrique de l’ouest, au Tchad, en Centrafrique, au Soudan. D’abord nomades, beaucoup se sont sédentaires. Dispersion et mobilité ont favorisé les échanges et les métissages avec les autres populations. Les Massaï, peuples d’Afrique de l’Est, constituent un groupe ethnique d’éleveurs, de guerriers semi nomades d’Afrique de l’Est. Ils vivent dans le centre et le Sud-ouest du Kenya et le Nord de la Tanzanie. Ils parlent le maa et vivent dans les kraals ou huttes de bouse de vache ; -les Blancs constituent 30% de la population africaine. Nous avons les Berbères qui sont dans la partie septentrionale du continent c’est-à-dire dans le Maghreb. Ils sont au nombre de 130 millions d’habitants. La population, très inégalement répartie, est concentrée au Maroc et en Algérie. La Tunisie vient de loin derrière, suivie de la Libye et de la Mauritanie. La croissance démographique est de 3% par an. L’Egypte fait partie aussi de l’Afrique du Nord avec une population estimée à 81,7 millions d’habitants. Il est le pays arabe le plus peuplé. Sa population s’accroît rapidement avec 1,2 millions d’habitants par an, soit un taux d’accroissement naturel de 1,70%. 99% de la population est concentrée sur 4% de la superficie totale qui est de 997739 km2. Les Blancs représentent 13,6% de la population sud-africaine qui est estimée à 43786115 habitants. Les langues : entre 5000 à 2000 langues différentes sont parlées en Afrique. Les langues d’Afrique sont classées en quatre familles : les langues afro-asiatiques ou chamito-sémitiques sont parlées en Afrique septentrionale et saharienne, les langues nilo sahariennes, les langues nigéro-congolaises (mandingue, bantou, langues ouest atlantiques), les langues khoisan sont parlées en Afrique australe par les Bochimans, les Hottentots et les Khoï-Khoï. Le Français, l’Espagnol, le Portugais, l’Anglais, l’Arabe sont les langues officielles. Religions : le christianisme est introduit en Afrique du Nord au 1er siècle. Les 45% des chrétiens africains sont répartis entre catholiques et protestants. L’islam s’est propagée à partir du VII eme siècle et compte plus de 40% de fidèles. Enfin, il y a les religions traditionnelles africaines dont les Adeptes se chiffrent à 70 millions et sont répartis en 43 pays. Elles forment 12% de la population africaine.

III- LA VÉRITÉ DES MODES DE VIE

L’activité rurale domine encore en Afrique avec un élevage nomade ; Les éleveurs peulhs se déplacent avec leurs troupeaux. Les femmes peulhs s’occupent de la traite, de la fabrication du beurre, du lait caillé. Dans les savanes, les travaux agricoles commencent peu avant la saison des pluies. Les agriculteurs se servent du brûlis, de la jachère, de l’assolement. Après la moisson, l’abattage se fait en groupe ; Il y a d’autres activités comme l’artisanat, la sculpture, la poterie, le tissage. L’Afrique compte 70% de Ruraux et 30% de Citadins Conclusion: l’Afrique reste un continent marqué par une diversité physique et humaine.

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