L’AFRIQUE OCCIDENTALE : LES EMPIRES PEULS DU SOKOTO ET DU MACINA

Introduction

Au XIX° siècle, un mouvement islamique prend naissance à l’ouest de l’Afrique occidentale. Le déclin de la traite négrière facilite la naissance de théocraties musulmanes à Macina et à Sokoto.

I) l’Empire peulh du Sokoto :

a- formation de l’Empire

L’Empire du Sokoto se situe en Afrique occidentale, en pays haoussa et plus précisément, dans le Nord du Nigeria. Il est conquis par Ousmane dan Fodio (1754-1817) du clan des Torodbé. Il est originaire du Fouta toro. Il prêche la guerre sainte (djihad) contre les Haoussas, en 1804. A la tête d’une armée puissante, Ousmane annexe tous les royaumes Haoussas (Katsina, Zaria, Noupé, Kebbi, Liptako) et le Nord du Cameroun de 1804à 1808, afin de les convertir à l’islam. Il est aidé par son fils Mouhamed Bello et son frère Abdoulaye Dan Fodio.

b- Evolution de l’Empire 

Sur le plan économique, l’impôt zakat est perçu selon la loi coranique. Sur le plan politique, Ousmane Dan Fodio porte le titre de Emir el muminina (commandeur des croyants), en 1809. Il divise l’Empire en deux parties : il remet l’une à son frère et l’autre, à son fils. Il meurt en 1817. D’ailleurs, en 1815, Ousmane transmet le titre de Sultan de Sokoto à son fils Mouhamed Bello. A cette époque, des troubles éclatent dans plusieurs provinces de l’Empire.Les Haoussas, encouragés par les Touaregs de l’Aïr et le souverain du Kanem et du Bornou, rejettent l’islam. Mouhamed Bello rétablit le calme. En 1823, Mouhamed Bello soumet llorin au Nord du royaume d’Oyo. Il meurt, en 1837, et il est remplacé par son frère Ousmane Atikou jusqu’en 1843. Ali, fils de Mouhamed Bello, prend le pouvoir jusqu’en 1855. En février 1903, les Britanniques occupent sans difficultés Kano puis Sokoto en mars.

II-l ’Empire peulh du Macina :

a- l’Empire peulh de Sékou Ahmadou : l’Empire peulh du macina, appelé Diina, est un Empire théocratique fondé au XIX° siècle par le marabout peulh Sékou Ahmadou de clan Barry. Il s’étend sur une partie du mali actuel, de Tombouctou au Nord, au pays Mossi au Sud, de la Mauritanie à l’Est de la région de Mopti, avec Hamdallaye comme capitale. Les Peulhs venus du Fouta toro, vers la fin du XV° siècle. Au début du XIX° siècle, les Ardos chefs de clan peulh, de clan Dicko, contrôlent la région. Sékou Ahmadou, exilé à Noukouma, après avoir rencontré des problèmes avec les oulémas de Djenné y livre sa première bataille en1818 contre les Ardos, alliés au Fama roi de Ségou. C’est la victoire qui le conduit à déclarer le jihad et à conquérir Djenné, un an plus tard en 1819. b-Evolution de l’Empire : Il fonde Diina, ce qui signifie « foi en l’islam ». Il divise son Empire en cinq régions, chacune dirigée par un gouverneur et un conseil religieux. Il fonde, la ville d’Hamdallaye qui devient la nouvelle capitale où siège le conseil de la Diina, composé de 40 chefs religieux et militaires, placé sous son autorité. Il développe l’enseignement coranique. L’économie repose sur l’élevage bovin et ovin. Sékou Amadou impose aux nomades peulhs la sédentarisation. Les populations bambaras, soninkées, bwas, dogons, peulhs animistes seront vaincues par les partisans de Sékou. Ils deviennent des rimaybé ou serviteurs et travaillent dans l’agriculture L’autorité de Diina s’étend des régions actuelles de Mopti, le Nord de la région de Ségou, jusqu’à Tombouctou. L’Etat fait frontière avec les Etats mossis au Nord du Burkina. En 1844, à la mort de Sékou Ahmadou, c’est son fils Amadou Sékou puis son petit-fils Ahmadou Ahmadou en 1852 qui se succèdent sur le trône. En 1862, l’Empire est attaqué par El hadji Oumar Tall qui s’empare de Djenné et d’Hamdallaye.

Conclusion

Les Peulhs ont joué un rôle déterminant dans l’histoire de l’Afrique de l’Ouest. Convertis à l’islam, ils deviennent d’ardents propagateurs de l’islam.