LE CONTE

Dans son sens le plus étendu, le mot conte est synonyme de récit – un récit court et rapide d’un fait plaisant, vrai ou faux -; mais il désigne surtout :

– certaines anecdotes qui se rattachent plus ou moins à l’histoire
– des récits dénués de caractère historique (traditions et les légendes mythologiques)

Chez les modernes, le conte forme un genre littéraire spécial; c’est proprement un récit d’aventures imaginaires ou demi-historiques, en prose ou en vers, qui a pour seul but d’amuser, et qui admet le merveilleux, le fantastique et l’impossible, aussi bien que le possible, le réel et le vraisemblable : quelquefois le fond du conte a une intention satirique, ou même est inspiré par une pensée philosophique. La facilité, la vivacité du récit la grâce et la naïveté du style, la finesse et la légèreté du trait, telles sont les qualités essentielles du conte. II diffère de la nouvelle, en ce que celle-ci n’admet pas le merveilleux, et choisit de préférence les sujets simples où domine une passion tendre et mélancolique; et de l’apologue, en ce que ce genre court droit au but, sans détours, du moins apparents.

Caractéristiques du compte

Les personnages de conte

Les personnages de contes ne sont pas décrits de manière précise. Ils sont souvent désignés par leur place dans la société (princesse, sultan) ou par leurs caractéristiques physiques ou morales : la Barbe bleue, le Petit Poucet…

Le personnage principal a un but : remplir une mission, résoudre un problème, trouver l’amour… Pour cela, il doit surmonter des épreuves : certains personnages vont l’aider, d’autres vont lui vouloir du mal. La fin du conte est généralement heureuse. Les épreuves lui auront permis de grandir.

Le merveilleux

La plupart des contes se déroulent dans un monde merveilleux où vivent des êtres surnaturels et dans lequel la magie existe et n’est pas surprenante.

L’histoire n’est pas située à une époque ou dans un lieu précis. Quand nous commençons un conte, nous quittons notre monde réel pour un univers imaginaire. Cette absence de précisions a permis aux contes d’être sans cesse repris et adaptés.

Les fonctions du conte :

Jean-Jacques Vincensini définit ainsi le conte : « il raconte des événements imaginaires, voire merveilleux ; sa vocation est de distraire, tout en portant souvent une morale ; il exprime une tradition orale multiséculaire et quasi universelle ». Pourtant, si l’aspect merveilleux du conte et sa finalité de distraction sont effectivement reconnus, l’affirmation de sa double vocation – distraire et enseigner –, soutenue par le conteur fondateur de ce genre littéraire, Charles Perrault, ne semble pas faire l’unanimité. Au contraire, elle est sujette à débat : Jean-Paul Sermain semble ne pas avoir de réponse quant à ce que serait l’utilité du conte, alors que Jack Zipes y voit clairement une fonction éducative de socialisation, tandis que Bruno Bettelheim, pour sa part, affirme que les contes de fées auraient des vertus thérapeutiques, et que François Flahaut leur accorde un pouvoir cathartique. Qu’en est-il donc ?

Le conte de fées serait-il purement gratuit, ou renfermerait-il des enseignements et des vertus curatives ?

Les auteurs de tels contes ont affirmé, et souvent mis en pratique, la fonction divertissante de ces récits, et parfois même leur fonction pédagogique. Cette pédagogie s’est alors appuyée sur le statut allégorique des contes : les enseignements étant prétendument représentés de manière imagée, afin de mieux agréer au lecteur. Mais, plus récemment, des psychanalystes ont également pu exploiter ces récits imagés (dépassant ainsi le projet conscient des conteurs) pour mettre en évidence le pouvoir de symbolisation des contes de fées, et affirmant ainsi le caractère cathartique et thérapeutique de ces récits merveilleux…

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