LE DÉVELOPPEMENT DU CAPITALISME ET LES MUTATIONS SOCIALES

INTRODUCTION

Le nouveau mode de production né de la révolution industrielle transforme les structures économiques et financières. Les hommes d’affaires s’enrichissent et accumulent les capitaux. Cela favorise le développement du capitalisme. Ces mutations économiques engendrent de nouvelles classes sociales : la bourgeoisie et le prolétariat.

I-LE DÉVELOPPEMENT DU CAPITALISME

Le capitalisme est un système économique dont les moyens de production appartiennent au secteur privé. Il est fondé sur la libre entreprise, orienté vers la recherche du profit et basé sur la concurrence.

On distingue le capitalisme mercantile qui s’est développé du Moyen-âge au 19é siècle en enrichissant des villes comme GênesFlorence et Venise et le capitalisme industriel de monopole issu de la révolution industrielle du 19é siècle.

L’essor fulgurant du capitalisme au XIXé siècle est lié au développement industriel qui entraîna le développement d’entreprises qui nécessitent de lourds investissements qui font intervenir les sociétés financières au cœur du système capitaliste.

Ainsi on assiste à la création de Banques (banques d’affaires qui investissent à long terme leurs fonds propres et banques de dépôt qui drainent et investissent à court terme l’épargne des petits porteurs) comme le Crédit Lyonnais, la Deutsche Bank, Société Générale, Barclays, etc. On assiste aussi à la création de Sociétés Anonymes (SA) dont le capital est divisé en Participations (Actions : une part dans le capital d’une société ou Obligations : prêt à une entreprise et qui rapporte un intérêt fixe) qu’on peut échanger dans des Bourses de Valeurs comme le Stock Exchange de Londres.

Le capitalisme va aussi se développer avec l’accroissement de moyens de paiement grâce à la circulation de la monnaie fiduciaire (billets) et scripturale (chèques) après la découverte des mines d’or de Californie, d’Australie, d’Alaska et d’Afrique du Sud.

Enfin, le développement du capitalisme donne naissance à des concentrations financières : horizontale (cartels, zaibatsu) et verticale (consortiums et trusts).

II-LES MUTATIONS SOCIALES

A-La croissance démographique

Au XIXé siècle, l’explosion démographique européenne est remarquable et fait passer la population de 200M à 400M entre 1800 et 1900. Cet accroissement s’explique par la baisse de la mortalité et une forte natalité dues aux progrès scientifiques. Le résultat est le développement des migrations.

D’une part, il y a un exode massif vers le « Nouveau Monde » (Etats-UnisCanada), les « Pays neufs » (l’Australie, la Nouvelle-Zélande), et vers l’Afrique du Sud pour des raisons économiques, politiques, religieuses.

D’autre part, l’exode rural lié à la mécanisation agricolea entraîné le déplacement des paysans vers les grandes agglomérations urbaines pour se faire ouvriers ou petits employés.

L’Europe s’urbanise avec le développement de villes comme ParisFrancfortStrasbourgBirmingham LondresBerlin, etc.

En 1800, l’Europe n’avait que 23 villes de plus de 100000 hbts. En 1900, elle se retrouve avec 135 villes de plus de 100000 hbts. Les citadins se regroupent en fonction de leurs revenus.

B-Les classes sociales

1-La bourgeoisie : elle est formée par le groupe social qui détient les moyens de production (banques, usines, terres, commerce….) qui contrôle l’activité économique, et par là, la vie politique et culturelle. Elle présente une double diversité :

Selon l’origine de la fortune, on distingue la bourgeoisie mercantile (marchande), la bourgeoisie rentière (usuriers, banquiers, propriétaires de maison…) et la bourgeoisie industrielle.

Selon le rang social, il y avait la haute bourgeoisie (banquiers, directeurs de sociétés anonymes, armateurs….), la moyenne bourgeoisie (celle des professions libérales : avocats, médecins, notaires, pharmaciens, architectes….), et la petite bourgeoisie (négociants, enseignants….)

Les bourgeois formaient une classe fermée (mariages à l’intérieur de la classe sociale)

2-Le prolétariat : l’explosion démographique et la mécanisation de l’agriculture ont engendré un taux de chômage élevé dans les campagnes européennes. Certains paysans émigrent vers les pays neufs Amérique, Australie….), d’autres prennent le chemin de l’exode vers les centres urbains où ils se font employer dans les usines, les maisons de commerce, les banques. Ils constituent les prolétaires qui sont des ouvriers industriels et agricoles qui n’ont que leur force de travail à vendre.

Ces ouvriers travaillent dur mais leur salaire est bas. Leurs conditions de vie sont précaires (travaux durs, longues journées de travail, pas de journées de congé, pas d’assurance, misère, maladies.

Les améliorations de ces conditions de vie sont tardives et timides. Elles seront étroitement liées à la lutte syndicale et à l’influence d’autres doctrines comme le socialisme.

CONCLUSION

En somme, les mutations économiques nées de la révolution industrielle ont divisé la société européenne en deux classes antagonistes (rivales) car l’une, la bourgeoisie exploite l’autre, le prolétariat. Cet antagonisme sera atténué par les nouvelles doctrines sociales.

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