LE SÉNÉGAL : MILIEUX NATURELS ET POPULATIONS

INTRODUCTION

Le Sénégal est un petit pays de l’Afrique de l’Ouest (196 722 km2) présentant une large ouverture sur l’océan atlantique avec 700 km de côte. Sa position en longitude (11° 30’ Ouest et 17° 30’ Ouest) en fait le Finistère Ouest du continent, alors que sa situation  en latitude (12° 30’ Nord et 16° 30’ Nord) le place au cœur du domaine intertropical. Avec un cadre physique peu contrasté, il  présente une population à majorité jeune, inégalement répartie et à croissance rapide croissance.

I- LE MILIEU NATUREL

1-Le modelé et les sols

  • Le Sud-est, le sommet du pays

Les contreforts du Fouta Djallon au Sud-est du pays offrent les altitudes les plus élevées sur une zone de plateaux caillouteux (581 m au Mt Mako). À l’Ouest de cette zone, se dressent les monts Bassari (311 m). Ailleurs, les formations de granites et de schistes du socle précambrien et les grés argileux du primaire voient se dresser des collines recouvertes de cuirasses avec des sols ferrugineux souvent lessivés. La basse vallée de la Falémé traverse les plaines argileuses où se sont formés des vertisols.

  • Les plateaux

Ce sont des ensembles monotones qui s’étendent sur le bassin sédimentaire secondaire – tertiaire, couvrant les 4/5 du territoire sénégalais. Ils s’abaissent de l’Est (100 m) vers l’Ouest (20 mm) avec au centre des dunes fixes formées entre 20 000 et 14 000 ans avant JC. Les dunes du Ferlo septentrional quant à elles sont plus anciennes. Dans cette partie du pays, les sols sont brunrouge au Ferlo et au Lac de Guiers, “dior” au Ferlo Central, Baol, Kayor et Djolof, ferrugineux tropicaux lessivés au Sine Saloum, en Moyenne Casamance, et ferralitiques en Basse et Moyenne Casamance.

  • La vallée alluviale du fleuve Sénégal et les régions littorales

La vallée alluviale du Sénégal s’étale de Bakel à Saint-Louis. Le relief y est constitué de levées alluviales et deltaïques ainsi que de cuvettes argileuses inondables. Les anciens golfes marins de Basse Casamance et du Sine Saloum ont été transformés en vasières basses recouvertes régulièrement par la marée ou en vasières hautes appelées “Tannes”.

Les côtes sénégalaises sont plates et sablonneuses dans l’ensemble. La Presqu’île du Cap Vert, avec ses anciens édifices volcaniques (105 m), constitue un ensemble particulier. Quant au Massif de Ndiass (104 m), il fait suite à la formation du plateau de Thiès. Les Niayes que prolonge la grande côte sont des dépressions intermédiaires inondées par la nappe phréatique. Les plans d’eau douce (Mboro, Mbaorane, Tanma) y côtoient les plans salés (Lac Retba).

2-Climat et végétation

Les mécanismes du climat au Sénégal résultent de la position en longitude qui atténue les effets de la continentalité, de la position en longitude qui fait du Sénégal une zone de transition entre la zone humide et les déserts tropicaux, de la circulation atmosphérique générale. L’année climatique comprend  deux saisons : une saison pluvieuse de longueur variable selon l’emplacement du FIT et une saison sèche. Suivant ses caractéristiques, on distingue sept régions climatiques: la grande côte de Saint-Louis à Dakar ; la région  sahélienne ; Ferlo ; la région du Boundou ; la petite côte et du Saloum ; le Fouladou ; la Basse Casamance. Les paysages végétaux ont une disposition zonale. Du Sud au Nord se succèdent la forêt subguinéenne, la savane soudanienne et la steppe sahélienne. Font exception à cette disposition les groupements azonaux comme les palmiers à huile des Niayes et les palétuviers du Saloum.

3-Hydrologie et ressources naturelles

  • Les eaux continentales : Deux bassins hydrographiques importants se partagent le territoire sénégalais : le Sénégal dans son cours inférieur et la Gambie dans son cours moyen. Alimentés par les pluies du Fouta Djallon, ils sont marqués par une crue située entre août et septembre et un étiage ou décrue en février-mars. Deux autres bassins de moindre importance couvrent le Sud du Sénégal : la Casamance et le Kayanga dans le département de Vélingara. De nombreuses vallées mortes (Ferlo, Sine, Saloum) sont caractérisées par l’aréisme (écoulement superficiel, sporadique ou nul).
  • L’hydrologie marine : Le Sénégal dispose d’un plateau continental de près de 30 000 km2 d’une largeur variable. L’hydrologie marine est marquée par deux phénomènes :

L’Upwelling : c’est l’invasion des côtes sénégalaises par les eaux froides de décembre à avril. Celles-ci résultent d’une remontée des eaux profondes suite à l’écartement du littoral suivi de l’envoi au large des couches superficielles par l’alizé maritime. Pendant cette période, la mer est très poissonneuse.

Le pilling-up : c’est la propagation en août-septembre des eaux tropicales chaudes au large du Sénégal.

Le sous-sol sénégalais est peu riche. Les principales mines exploitées sont les phosphates. Un potentiel minier considérable est localisé dans la région de Tambacounda, mais sa mise en valeur est très hésitante faute de capitaux suffisants.

II- LA POPULATION

1-Une croissance rapide

De 3 110 000 habitants en 1960, la population du Sénégal est passée à 3 620 000 habitants en 1970, 5 100 000 habitants en 1976, 7 000 000 habitants en 1986, 9 000 000 habitants en 2000 et 10 239 000 habitants en 2004.Une telle évolution ne correspond pas à un “boom démographique” récent car on note que depuis 1960, le comportement de la population n’a pas fondamentalement changé. C’est vrai qu’entre temps, la mortalité a considérablement chuté. L’évolution témoigne néanmoins d’un rythme de croissance élevé. Le taux d’accroissement est estimé à 26 ‰. Ce qui implique un doublement de la population tous les 25 ans. À l’origine de ce dynamisme, il y a une forte natalité (37 ‰) et une mortalité à reculons (11 ‰), avec des disparités accusées entre les régions.L’espérance de vie à la naissance est de 56 ans : 55 ans pour les hommes et 57 ans pour les femmes. Elle était de 48 ans en 1985 (espérance de vie moyenne mondiale : 65 ans en l’an 2000).  Quant au taux de fécondité, il demeure toujours élevé : 5,1 enfants par femme en 2004 contre 6,1 en 1991 et 6,5 en 1970.

2-Une population jeune, à dominante wolof et musulmane

La population Sénégalaise est fondamentalement jeune avec 43,62 % de -15 ans contre 2,69 % de vieux (+ 65 ans).La baisse du taux de mortalité infantile qui passe de 135 ‰ en 1970 à 64 ‰ en 2004 est un des éléments explicatifs. Elle est composée de cinq grands groupes ethnolinguistiques : les wolofs 43,7 %, les pulars 23,2 %, les diolas 5,5 %, les sérères 14,8 % et les mandingues 4,6 %. Il existe des groupes minoritaires comme les baïnouks, les manjacks, les mancagnes, les sarakholés et les bassaris. Ces populations sont à 94 % musulmanes et à 4,9 % chrétienne.

3)-Une population rurale et inégalement répartie

Le Sénégal reste un pays rural. Sa population urbaine, estimée à 49,57 %, est concentrée dans la région dakaroise. Elle  s’accroît de 3,82 % par an, donnant un taux d’urbanisation de 12 %. Sa densité moyenne,  évaluée à  5 hab. /km2 en 1904, se situe  aujourd’hui à 52 hab. /km2. Elle cache toutefois une répartition inégale. En effet, la région de Dakar, avec quelquefois 3154 hab. /km2 devance de loin Thiès avec 150 hab. /km2 ou Tambacounda avec 7 hab. /km2. Il en résulte une forte concentration démographique à l’ouest d’une ligne Dagana- Kolda avec un axe DakarThiès-Diourbel-Kaolack-Fatick qui concentre les 2/3 de la population.

4-Une population mobile 

La population Sénégalaise est très mobile et les facteurs économiques jouent un rôle important dans les migrations  internes qui se dirigent surtout vers Dakar dont la macrocéphalie1 s’accentue. Ces flux  sont liés à la transhumance, à l’exode rural, à la scolarisation et au mariage. La polarisation par l’Ouest s’explique par la mise en valeur coloniale qui a multiplié les villes à l’Ouest et développé le bassin arachidier autour d’un réseau routier et ferroviaire. À ces migrations volontaires se sont ajoutées celles forcées des populations du Sud qui fuient le conflit casamançais. Quant aux migrations externes, elles sont d’ordre économique et ont pour destination l’Europe, l’Amérique et la sous-région.

CONCLUSION

Le Sénégal est un pays, certes plat dans l’ensemble mais qui dispose d’un milieu naturel assez contrasté. Il s’agit d’un espace habité par une population aux comportements et aux caractéristiques rappelant ceux de tous les pays en voie de développement. Celle-ci est toutefois confrontée à des contraintes dont l’une des plus sérieuses est celle relative à la question de l’eau.

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