LA CHINE DE 1945 AUX ANNÉES  1990


INTRODUCTION

 

 

Après la défaite du Japon en 1945, la Chine est divisée en deux camps qui s’opposent : les nationalistes de Tchang Kaï Tcheck et les communistes sous la direction de Mao Tsé Toung. La victoire obtenue en 1949, les communistes s’attèlent à la tâche la plus difficile, la construction du socialisme dans un pays ravagé par un siècle de guerre civile, ponctuée d’invasions étrangères. A la mort de Mao en 1976, Deng Xiaoping et les réformateurs lancent le processus de modernisation de la Chine. Ils engagent le pays dans la voie du socialisme de marché.

 

 

I-LA VICTOIRE DES COMMUNISTES SUR LES NATIONALISTES

 

 

Roosevelt, puis Truman ont voulu parrainer la chine dans le concert des Grands : elle a un siège de membre permanent au conseil de sécurité à l’O.N.U.  Mais  les Américains ne peuvent empêcher, en 1946, la reprise de la guerre civile,  interrompue  depuis 1937, entre les nationalistes de Jiang Jieshi  et les communistes de Mao Zédong. Soutenant les premiers, ils assistent impuissants, puis indifférents, à la défaite militaire et politique d’un régime corrompu et impopulaire. Dès 1947 d’ailleurs, leur politique d’endiguement s’applique propriétairement à l’Europe occidentale.

La victoire de Mao Zédong est totale en 1949. Le 1er octobre, la République populaire est proclamée en chine. Jiang Jieshi  doit se réfugier avec les débris de son armée dans l’ile de Formose  (Taiwan), ou il maintient la «  République de chine », seul Etat  chinois reconnu par les Américains. Staline, donnant  lui aussi la priorité à l’Europe, n’a pas encouragé le parti communiste chinois dans son entreprise. Mais en 1949, il mesure les avantages de cet élargissement spectaculaire du camp socialiste. L’U.R.S.S. demande  en janvier 1950 que la chine nationaliste cède à la République  populaire la place qu’elle occupe à L’ONU. Le Conseil de sécurité et les EtatsUnis refusent ; les Soviétique ripostent en boycottant l’ONU et tous ses organismes.

 

 

II- L’ÈRE DES MAOÏSTES (1949-1976)

1- Les débuts de la république populaire de Chine (1949-1953)

 

 

Le parti communiste chinois arrive au pouvoir en 1949 après de longues années de lutte armée. La naissance de la république populaire de Chine, proclamée par Mao Tsé Toung à Pékin le 1er Octobre 1949, est l’aboutissement d’une guerre civile opposant nationaliste et communiste depuis 1927. Vaincus, les nationalistes se retirent dans l’île de Taïwan.

La tâche du nouveau régime apparaît alors difficile. Il faut reconstruire un pays entièrement dévasté, réorganiser l’administration, moderniser l’économie et changer radicalement les mentalités.

-Au plan économique, La réforme agraire du 28 Juin 1950 redistribue 47 millions d’hectares de terre à 300 millions de paysans et les entreprises étrangères et celles de l’aristocratie chinoise sont nationalisées.

-Au plan social, des efforts immenses ont été consentis en matière d’éducation et de santé. La loi sur le mariage de 1950 cherche à émanciper la femme chinoise du système patriarcal. Une lutte a été engagée contre la corruption, le gaspillage, la bureaucratie et les religions étrangères. Une dure répression s’abat sur les « contre-révolutionnaires » qui sont physiquement éliminés (au moins 1 million de victimes) ou  « rééduqués ».

 

 

 2- Le premier plan quinquennal (1953-1958)

 

 

En 1953 est adopté un plan quinquennal inspiré dans ses grandes lignes du modèle soviétique. Dans la pure tradition stalinienne, il privilégie l’industrie (58,2% des investissements) au détriment de l’agriculture (7,6%). Lancée avec prudence en 1953, la collectivisation des campagnes est brusquement accélérée par Mao Tsé Toung. Quelques 120 millions de familles paysannes se retrouvent ainsi organisées en coopératives à la fin de l’année 1956.

-L’originalité du régime Maoïste réside dans les nombreuses campagnes de masse orchestrées par le PCC ou par certains de ses dirigeants en désaccord avec la ligne officielle. La liberté d’expression reste cependant très limitée. C’est ainsi que la campagne des « cent fleurs » de 1956-1957, encourageant la libre discussion, est suivi d’une campagne de « rectification » se traduisant par une sévère répression contre les intellectuels.

3- Le grand bond en avant (1958-1960) 

 

 

En 1958, la Chine décide d’abandonner le modèle soviétique en économie. A l’initiative de Mao, est lancée une nouvelle stratégie, le « grand bond en avant » dont les objectifs ambitieux (« rattraper l’Angleterre en 7 ans et les Etats Unis en 15 ans ») doivent être atteint par une mobilisation totale des masses rurales sous employées. Ainsi les coopératives agricoles sont regroupées en 26000 communes populaires intégrant toutes les activités économiques et administratives : L’agriculture, l’industrie, l’éducation, la santé, l’organisation militaire… la vie collective s’y développe à un point tel que les chinois pensent avoir trouvé dans cette formule un raccourci vers le communisme.

-Mélange de volontarisme et d‘utopie, le « grand bond en avant » est un grave échec. Des calamités naturelles, des erreurs techniques, des défaillances humaines et le ralentissement puis l’arrêt de l’aide soviétique (suite aux divergences politiques entre Pékin et Moscou) provoquent une catastrophe économique de 1959 à 1961. Pendant ces trois « années amères », une gigantesque famine a fait en Chine 15 à 30 millions de morts.

 

 

4- Le réajustement (1961- 1965)  

 

 

Dès l’automne 1960, des mesures d’urgence sont prises pour relancer l’économie. L’échec du

« Grand bond en avant » ayant affaibli Mao Tsé Toung, des dirigeants plus pragmatiques (Liu Shaoqi, Deng Xiaoping, Zhou En Laï) entreprennent le réajustement de l’économie. La priorité redonnée à l’agriculture et l’assouplissement des contraintes collectives permettent de redresser la situation à partir de 1962.

Mao Tsé Toung lance alors une nouvelle campagne de masse, le « mouvement d’éducation socialiste » dénonçant la renaissance de « tendances capitalistes spontanées », il entraîne le PCC à durcir sa ligne politique. Avec la diffusion massive, dès 1964, du petit livre rouge se développe dans le pays un culte de la personnalité qui va connaître son apogée lors de la révolution culturelle.

 

 

5- La révolution culturelle (1965-1969)  

 

 

La révolution culturelle est une vaste campagne idéologique contre les vieilles coutumes, elle est surtout une lutte pour le pouvoir. Elle met aux prises au sein du parti communiste, le courant révolutionnaire animé par Mao, Chen Bo Daï et Jiang Quing et le courant réformiste dirigé par Deng Xiaoping, Li Teng Yi et Liu Shaoqi. Les révolutionnaires accordent une priorité à la lutte des classes alors que les réformateurs privilégient le nécessaire développement économique du pays. Chaque tendance mobilise les secteurs sociaux qui lui sont favorables. Les ouvriers de Shanghai, les intellectuels et les artistes soutiennent les réformateurs alors que Mao mobilise des millions de jeunes organisés en « gardes rouges ».

La révolution culturelle plonge la Chine en pleine anarchie. Certains sinologues estiment à deux millions le nombre de morts, sans compter les déportations massives, les lourdes peines de prison et les humiliations publiques.

Mao, vainqueur, rétablit l’ordre mais gouverne un pays en retard dans tous les domaines. A sa mort en 1976, il est remplacé par Hua Guofeng dont le règne n’a duré que 2 ans. Il est déposé en 1978 au profit de Deng Xiaoping qui engage la Chine dans de profondes réformes économiques et sociales.

 

 

II- L’ÈRE DES RÉFORMATEURS (1978 A NOS JOURS)

 1- Les réformes économiques de Deng Xiaoping 

 

 

Deng Xiaoping ressuscite les forces autonomes de la société en faisant appel au marché et aux techniciens pour accéder à l’indispensable modernisation de la Chine. Il prône aussi le retour au pragmatisme qui est résumé par son slogan : « Peu importe que les chats soient gris ou blancs, l’essentiel est qu’ils attrapent des souris ». Pour lui, le résultat prime sur la méthode. C’est pourquoi la Chine doit opérer de profondes réformes économiques, « les quatre modernisations » Il s’agit de moderniser l’agriculture, l’industrie, les sciences et techniques et l’armée. Parmi les 4 modernisations, l’agriculture est la plus importante. Les communes populaires sont dissoutes, l’Etat loue les terres aux paysans pour une durée de 15 ans renouvelables et les surplus de la production agricole peuvent être écoulés dans des marchés libres. On assiste alors à une spécialisation et une orientation de l’agriculture vers les cultures commerciales.

La politique des quatre modernisations est accompagnée d’une ouverture économique et diplomatique. Dès 1979, les entreprises à capitaux mixtes sont autorisées. En 1980 la Chine adhère au FMI et à la Banque mondiale. A partir de 1984, des « zones économiques spéciales » sont créées sur le littoral pour recevoir des investissements occidentaux. La Chine pratique aussi une diplomatie d’ouverture en entretenant des relations officielles avec les Etats-Unis, le Japon, l’URSS, la France.

 

 

 2- Une évolution politique contrôlée par le parti   

 

 

Au plan politique, la Chine connaît une démaoïsation limitée et contrôlée. La libéralisation du régime ne se manifeste guère que par la réhabilitation de certaines victimes du maoïsme. Les réformateurs continuent de lancer des campagnes contre la « pollution spirituelle » ou contre toute autre mauvaise influence occidentale comme la démocratie. En Mai-Juin 1989, de grandes manifestations d’étudiants réclamant la liberté et la démocratie sont durement réprimées, l’armée allant jusqu’à utiliser les blindés sur la place Tien Anmen à Pékin. Au plan idéologique, le communisme chinois n’a pratiquement plus rien de marxiste. Marqué par l’échec et l’éclatement de l’URSS, son ancien modèle, le PCC joue essentiellement la carte du nationalisme pour légitimer son pouvoir. La formule de Deng Xiaoping, « un pays, deux systèmes » permet ainsi la réintégration de la très capitaliste colonie britannique, Hong-Kong, le 1er Juillet 1997.De fortes pressions s’exercent en outre sur Taiwan pour que cette dernière rejoigne un jour la « mère patrie chinoise ».

 

 

CONCLUSION

 

 

La construction du socialisme en Chine s’est réalisée en deux phases :

-De 1949 à 1976, les conservateurs, sous la direction de Mao ont maintenu un cadre politique rigoureux et développé, une économie fortement marquée par la planification et les grands projets

-Et de 1978 à nos jours, les réformateurs, dirigés par Deng Xiaoping ont entrepris le processus de modernisation de la Chine avec le socialisme de marché.

 

 

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