LA DÉCOLONISATION EN AFRIQUE NOIRE : GOLD COAST

L’Afrique noire connaît deux formes de décolonisation. La décolonisation violente qui se développe généralement dans les colonies Portugaises alors que dans les colonies Françaises et Britanniques se développent généralement la décolonisation pacifique

       LA  DÉCOLONISATION EN GOLD COAST 

La GOLD COAST est une colonie britannique constituée de quatre régions : le Nord, le Sud, l’Ashanti et le Togo sous tutelle depuis la fin 1ere mondiale. Très tôt la Gold Coast connaît le développement d’un nationalisme ardent. L’évolution de ce nationalisme permet d’accéder à l’indépendance sans grande difficulté.

I- EVOLUTION DU NATIONALISME DE 1925 A 1948

Au début des années 20 se développe en Gold Coast un nationalisme à la fois aristocratique bourgeois et populaire. La pression de ce nationalisme aboutit à la mise sur pied d’une Constitution en 1925.Celle-ci permet la participation des chefs traditionnels au Conseil législatif. Au lendemain de la 2nd guerre mondiale, une nouvelle Constitution permet l’installation d’une majorité africaine au conseil législatif et l’entrée de trois africains au Conseil Exécutif. Cependant, le pouvoir est réellement entre les mains des anglais et la représentation africaine ne privilégie que les chefs traditionnels. Les élites intellectuelles mécontentes créent le 1er Parti nationaliste en Août 1947 : c’est l ‘UNITED GOLD COAST CONVENTION (U.G.C.C.) fondé par l’avocat John Danquah et ayant pour secrétaire général le docteur  Kwamé N’KRUMAH. La Gold Coast connaît alors un mécontentement plus ou moins généralisé, politiquement formulé par Kwamé N’krumah qui s’appuie sur les paysans, les jeunes et les travailleurs des villes .La colonie sera fortement secouée par la crise du cacao, ainsi que le problème des anciens combattants et des jeunes instruits. En février 1948 à la suite  d’une manifestation pacifique des anciens combattants réclamant une réduction du coût de la vie et le paiement de leurs pensions, se développent des troubles à Acra. Ces troubles se propagent à l’intérieur du pays à Koumasi. Ils se soldent par 29 morts, 237 blessés et l’arrestation puis la déportation dans le nord du pays de N’KRUMAH et 5 autres membres de l’U.G.C.C. pour atteinte à la sûreté de l’état.

II-LA MARCHE VERS L’INDEPENDANCE

Les événements de février 1948 sont à l’origine de divergences au sein de l’U.G.C.C. N’krumah, après sa libération par la commission d’enquête Watson, crée le 12 juin 1949 son propre Parti, la CONVENTION PEOPLE’S PARTY (C.P.P.) par une propagande au niveau de toutes les couches sociales, une collaboration avec les organisations syndicales féminines de jeunes, par sa popularité, son programme basé sur la disparition de l’ oppression et l’amélioration des conditions socio-économiques, la démocratisation, l’autonomie totale dans l’unité et le panafricanisme en Afrique occidentale, N’krumah  fait de la C.P.P. un parti populaire de masse. La commission Coussey totalement constituée d’africains devant préparer certaines réformes ne précise pas de date pour le self-government, N’krumah lance alors en 1950 une « campagne d’action positive » non violente soutenue par les syndicats qui déclarent une grève générale dans toute la colonie. L’Angleterre réagit par l’état d’urgence et l’arrestation de N’krumah. Une nouvelle constitution promulguée en Décembre 1950 transforme le conseil législatif en Assemblée Nationale et le conseil exécutif en Cabinet Ministériel dont 8 des 11 membres sont des africains. Les élections de février 1951 sont remportées par la C.P.P.  N’krumah libéré par le gouverneur Charles Arden Clarke est nommé leader of government business, titre qui deviendra en 1952 celui de premier ministre. Pour la  première fois en Afrique un Noir assure la direction politique dans son propre pays. N’krumah s’engage à collaborer avec les autorités britanniques tout en demandant l’africanisation complète du gouvernement, l’institution d’une assemblée unique élue au suffrage universel. En Avril 1954, la Grande-Bretagne promet une constitution garantissant l’autonomie interne complète. A l’idée de N’krumah d’une indépendance dans l’unité, s’opposent les chefs traditionnels du nord et de l’Ashanti et certains bourgeois et intellectuels. La Grande-Bretagne essaye de concilier les positions. Dans ce contexte, les élections de1956 donnent 72 des 104 sièges au C.P.P. La Grande-Bretagne ne pouvait plus reculer et accorde, le 6 mars, l’indépendance à la Gold-Coast sous l’appellation de République de du Ghana.

CONCLUSION

Suite à une évolution politique lente et pacifique, la Gold-Coast sous l’impulsion de N’krumah  accède à l’indépendance sous le nom historique de Ghana. Cette indépendance va fortement influencer la décolonisation en Afrique occidentale.

×