LES CONSÉQUENCES DE LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE ET LES REGLEMENTS DU CONFLIT

INTRODUCTION

Les divergences politiques entre les grandes puissances que sont l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, l’URSS et le Japon avaient plongé l’humanité dans une deuxième guerre mondiale entre 1939 et 1945.En Europe, elle dure jusqu’à la capitulation sans condition de l’Allemagne, le 8 mai 1945  et en Asie, jusqu’au 15 août 1945. Le conflit laisse une Europe et une Asie complètement ravagées. Elle modifie profondément les équilibres internationaux, notamment en confirmant que l’Europe ne compte plus guère à l’échelle mondiale. Par ailleurs, l’ampleur des destructions et la sauvagerie de la guerre ont provoqué une grave crise morale.

L’idée de reconstruction d’un monde de paix et de stabilité sera discutée lors de conférences internationales et matérialisée par la création de l’Organisation des Nations Unies (O N U), dont le but essentiel est de préserver les générations futures des périls de la guerre.

I-LES CONSÉQUENCES DE LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE

Elles sont notées aux plans humain, moral, économique, matériel, et politique

1- Une véritable hécatombe humaine 

La Deuxième Guerre Mondiale est considérée comme une véritable boucherie humaine. À l’échelle de l’humanité, la Seconde Guerre mondiale a été le conflit le plus sanglant de l’histoire, trois fois plus sanglant que la Première Guerre mondiale.  Elle a fait environ 60 millions de morts, dont une grosse vingtaine en Asie (surtout des Chinois massacrés par l’armée japonaise, et des Japonais morts au combat ou dans les bombardements américains) et autant en URSS. Les pays les plus affectés, proportionnellement à leur taille, sont la Serbie et la Pologne : un Polonais sur six a été tué, dont l’ensemble de la communauté juive. En revanche, les États-Unis ont eu peu de pertes humaines. La moitié des morts sont des civils, victimes de bombardements, d’atrocités, du génocide (le nazisme a massacré 10 millions de personnes dont plus 5 millions de juifs tués dans les ghettos et dans les camps de concentration dont les plus célèbres sont Auschwitz, Sobibor et Belzec).

Dans l’immédiat après-guerre, des millions d’Européens errent sur les routes : les rescapés du génocide tentent d’atteindre la Palestine ou les États-Unis ; les habitants des pays baltes occupés  par l’Armée rouge essaient de fuir à l’ouest ; tous les Allemands d’Europe centrale, une quinzaine de millions au total, sont expulsés vers ce qui reste de l’Allemagne, mais beaucoup sont massacrés en route. Cette hécatombe humaine a créé un véritable choc moral au niveau de la population européenne.

2- Le choc moral 

L’ampleur des pertes et les souffrances des civils au cours de la Seconde Guerre mondiale étaient tout à fait inimaginables en 1939 : ainsi, en février 1945, à Dresde, un bombardement (au phosphore) a fait plus de 100 000 morts.

L’emploi des techniques les plus modernes dans le but exclusif de semer la mort, et notamment le lancement par les Américains, en 1945, de deux bombes atomiques pour accélérer la reddition du Japon, a fait perdre à beaucoup d’Occidentaux toute foi dans le progrès. De même, on découvre que des médecins (allemands ou japonais) ont effectué des expériences médicales mortelles sur des prisonniers ou des déportés : la science est sur le banc des accusés.

Le génocide et ses 6 millions de victimes juives et tsiganes représentent un autre traumatisme : il pose la question des valeurs collectives de l’humanité, met en évidence la fragilité de la civilisation européenne. Les générations suivantes s’interrogent, et pas seulement en Allemagne : comment en est-on arrivé là ? Comment a-t-on pu laisser Adolf Hitler parvenir au pouvoir et mettre ses projets à exécution ?

Toutes les populations se sentent coupables ou complices des  crimes commis. « Ce passé brutalement dévoilé me rejette dans l’horreur, la joie de vivre cède à la honte de survivre » (Simone De Beauvoir).

Cette prise de conscience  a amené certains intellectuels à réagir à travers la littérature de l’Existentialisme de Jean Paul Sartre, la Philosophie de l’Absurde d’ALBERT Camus. La responsabilité de l’Allemagne est posée et pour satisfaire la soif de justice des hommes, le tribunal de Nuremberg est convoqué le 18 octobre 1945 pour juger les chefs nazis allemands considérés comme des criminels de guerre. Parmi eux Hermann Goering (condamné à mort), Rudolf Hess (prison à vie), Joachim Von Ribbentrop (condamné à mort), B. Von Sirach (20 ans de prison) et Fritz Saukel (condamné à mort).

3- Un lourd bilan matériel et économique 

Les régions les plus détruites par la guerre sont le Japon et les villes chinoises, l’Europe centrale (Allemagne incluse) et l’ouest de l’URSS ; mais Londres et les ports français ont aussi beaucoup souffert. Les États-Unis n’ont subi aucune destruction sur leur territoire.

Du fait des innombrables bombardements de terreur subies par les populations civiles, les villes ont été particulièrement exposées : Varsovie, par exemple, est détruite à 99 % ; à Berlin, il y a tant de décombres qu’on en fait des collines artificielles, les « montagnes du diable ». Les infrastructures (ponts, routes, gares) sont très touchées aussi ; d’où d’énormes difficultés de transport. En 1945, la pénurie règne dans toute l’Europe, et, en Allemagne et en URSS, la famine menace.

Les usines sont un peu moins touchées : en URSS par exemple, elles ont été démontées et déplacées hors de portée du front. Mais elles ont travaillé à plein régime pendant quatre ans : les machines sont usées, elles n’ont pas été entretenues. Il va donc falloir non seulement reconvertir l’industrie à des productions de paix, mais largement la reconstruire : c’est un problème non seulement pour les vaincus mais aussi pour certains vainqueurs comme le Royaume-Uni.

En revanche, certains États ont tiré profit de la guerre. La production industrielle des États-Unis a doublé entre 1939 et 1945, le revenu national a accru de  près de75 %, les salaires ont presque triplé, le chômage réduit est réduit à néant, l’excédent commercial est de 11 milliards de dollars. A la fin de la guerre, les États-Unis détenaient 75 % du stock d’or mondiale, ce qui leur a permis d’imposer le dollar comme monnaie d’échange internationale. D’autre pays comme l’URSS, l’Australie, la Nouvelle-Zélande vont aussi tirer des bénéfices de la Deuxième Guerre Mondiale.

4- Les conséquences politiques ou le nouvel ordre politique

L’Europe n’est plus le centre du monde, car la Deuxième Guerre Mondiale clôt pour elle, plusieurs siècles de domination et de rayonnement politique. La Grande Bretagne, bien qu’ayant résisté au nazisme est ruinée, la France a connu la déroute militaire à partir de 1940; l’Allemagne était écrasée par les bombes de 1945 et devient un pays occupé et sous tutelle. Les pays d’Europe centrale et orientale complètement désorganisés et dépendent désormais de l’URSS. Cependant, la guerre a permis l’émergence de deux grandes puissances(les Etats-Unis et l’URSS) qui sont les seuls vainqueurs du conflit.

Le premier vainqueur est évidemment l’Amérique. Elle a eu peu de pertes humaines, aucune destruction sur son territoire ; son industrie a profité de la guerre. Elle détient désormais les deux tiers du stock d’or mondial, ce qui fait du dollar une monnaie de référence à l’échelle mondiale. Elle a vaincu le Japon à elle toute seule ; elle a libéré l’Afrique du Nord et l’Europe occidentale —  de ce fait, elle entretient désormais des troupes dans le monde entier. La popularité des Etats-Unis est immense dans les pays libérés par l’armée américaine, comme la France : dans les années suivantes, de nombreux éléments de l’American waw of life vont s’y implanter.

L’URSS, quoique épuisée et ravagée, est également un grand vainqueur. L’Armée rouge a chassé les Allemands de toute l’Europe centrale. C’est elle qui a pris Berlin en mai 1945. L’URSS et son dirigeant Staline jouissent d’un immense prestige, y compris en Occident, pour avoir contribué à abattre « la bête immonde » (Adolf Hitler) : en France et en Italie, 30 % des électeurs votent communiste à la fin des années 1940.

Sur le plan territorial, jamais dans l’histoire, sauf en 1815, les troupes russes n’étaient parvenues aussi loin à l’ouest : la Russie soviétique va pouvoir se constituer un empire en Europe centrale. En attendant, dès 1945, elle annexe trois pays indépendants (les pays baltes), ainsi que des morceaux de Finlande, de Pologne, de Tchécoslovaquie et de Roumanie.

II - LES RÈGLEMENTS DU CONFLIT

Les règlements du conflit sont faits sur la base des lois élaborées par les vainqueurs lors des conférences de Téhéran, de Yalta, de Potsdam et de Paris. La création de L’Organisation des Nation Unis. (ONU) en 1945 vient confirmer la volonté des vainqueurs de bâtir un monde de paix et justice.

1- La conférence de Téhéran (28 novembre au 2 décembre1943)

La conférence de Téhéran réunit le président américain Franklin D. Roosevelt, le chef d’État soviétique Joseph Staline et le Premier ministre britannique Winston Churchill.

Les discussions portèrent sur les objectifs de la guerre et la date des opérations militaires : l’ouverture d’un second front en Europe, par des débarquements en Provence et en Normandie, fut adoptée par les trois puissances. L’occupation de l’Allemagne, au sortir de la guerre, fut envisagée, sans qu’un accord sur son démembrement soit conclu. Le cas de la Pologne fit l’objet de négociations secrètes : l’URSS conserverait ses annexions de 1940, la Pologne recevrait en compensation des territoires à l’ouest pris sur l’Allemagne vaincue. Si la question des objectifs de paix ne fut évoquée qu’à titre provisoire (création de l’ONU), toutes les parties exprimèrent leur désir de coopérer après la guerre.

2- La conférence de Bretton Woods (1er au 22 juillet 1944) 

La conférence, qui réunit 44 nations, a pour objet de poser les bases d’un nouveau système monétaire international plus stable.

Pour les dirigeants de l’après-guerre, il s’agit d’éviter le retour aux erreurs des années trente, quand, en réponse à la crise, les Etats multipliaient les dévaluations et les protections douanières. Le retour à la prospérité passe par une coopération internationale selon le modèle imaginé par les Etats –Unis, première puissance financière, à la conférence de Bretton Woods en Juillet 1944. Le dollar est reconnu comme monnaie internationale, lui seul se définissant par rapport à l’or (système du Gold Exchange Standard). Les autres pays acceptent un système de change fixe, leurs monnaies s’évaluant uniquement par rapport au dollar. Le Fonds monétaire international et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (la Banque mondiale) sont créés, organismes chargés respectivement d’accorder des crédits à court et à long termes pour financer la reconstruction des économies ruinées par le second conflit mondial.

En cas de déséquilibre temporaire de la balance des  comptes, un pays peut éviter de dévaluer sa monnaie en obtenant auprès  du FMI les devises dont il a  besoin. Si  la situation s’aggrave, le FMI autorise le pays à dévaluer

3- La conférence de Yalta (04 au 11 février 1945) 

La conférence de Yalta se tient pendant la Seconde Guerre mondiale, du 4 au 11 février 1945, entre le président des États-Unis, Franklin Roosevelt, le Premier ministre du Royaume-Uni, Winston Churchill et Joseph Staline, le dirigeant de l’Union des Républiques socialistes soviétiques

(URSS). La conférence eut lieu dans une atmosphère cordiale, à Yalta, sur la côte de Crimée, en Ukraine. Elle fut menée par les « Trois Grands » à un moment où les Alliés avaient largement pris l’avantage sur l’Allemagne.

A Yalta fut proclamée une Déclaration sur l’Europe libérée, qui prévoyait la mise en place, sur tout le continent, de gouvernements démocratiques, par la voie d’élections libres. Cette déclaration s’inspirait de la Charte de l’Atlantique et du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».  La conférence de Yalta porta aussi sur les conditions de la capitulation allemande, aussi bien sur le plan militaire que politique, ainsi que sur l’organisation de l’Europe après la guerre. Une capitulation inconditionnelle de l’Allemagne fut décidée ; elle s’accompagna d’une réorganisation de son territoire. Quatre zones d’occupation furent donc constituées en Allemagne et à Berlin, trois étant occupées et administrées par une des grandes puissances et la quatrième par la France, pays non invité à Yalta, au sein d’une commission de contrôle.

La conférence de Yalta porta également sur des problèmes de frontières. Ainsi, l’URSS conserva la partie orientale de la Pologne, tandis que celle-ci s’étendait vers l’ouest, annexant une partie du territoire allemand. Un gouvernement d’union nationale devait être constitué et installé en Pologne. En outre, l’URSS s’engagea à intervenir dans le conflit contre le Japon, après la capitulation allemande. En échange, elle réclamait la moitié méridionale de l’île de Sakhaline, les îles Kouriles, et le contrôle des chemins de fer en Mandchourie.

Enfin, Roosevelt persuada les Alliés d’adhérer au projet de l’Organisation des Nations unies, dont les bases avaient été posées à la conférence de Dumbarton Oaks, en octobre 1944. Un nouveau rendez-vous fut pris pour le mois d’avril 1945, date à laquelle devait se tenir une nouvelle conférence, à San Francisco.

Lors de la conférence de Yalta, ce fut bien l’idée de coordination entre les Grands qui domina et non celle d’un partage du monde. Cependant, elle fut également le point de départ de malentendus, en particulier entre les États-Unis et l’URSS.

4- La conférence de Potsdam (17 juillet au 02 août 1945)

Cette conférence se déroule dans un contexte particulier, car dans les semaines qui ont suivi la conférence de Yalta, Staline installe des gouvernements provisoires dominés par des communistes dans les pays libérés par l’armée rouge, violant ainsi la déclaration sur l’Europe libérée. Roosevelt, puis son successeur, Truman protestent vigoureusement. Les  États-Unis suspendent le Prêts-bails à l’URSS. Staline soupçonne Truman de vouloir étrangler son pays et d’exercer là un chantage financier. Cependant, le Président des États-Unis se sent en position de force grâce à l’arme nucléaire. C’est dans ce contexte fortement marqué par la méfiance que s’ouvre la conférence de

Potsdam à laquelle participent Staline, Truman (qui remplace Roosevelt mort le 12 Avril 1945), et Clément Attlee (qui remplace Churchill qu’il a battu aux élections législatives). La conférence traita principalement de la situation en Europe et des futurs traités de paix.

C’est en premier lieu l’Allemagne qui fut l’objet de l’attention des participants ; il fut décidé un désarmement, suivi d’une démilitarisation du pays, ainsi que le jugement des criminels de guerre. Un processus de dénazification, c’est-à-dire de destruction du Parti national-socialiste, et de démocratisation devait également être mis en place. En outre, l’économie du pays devait être réorganisée et l’Allemagne devait verser 20 milliards de dollars de réparations. La frontière germano-polonaise, fixée à la ligne Oder-Neisse, n’était considérée que comme une limite provisoire.

Concernant la guerre dans le Pacifique, l’URSS accepta de s’allier aux puissances occidentales afin d’exiger une capitulation japonaise.

Concernant la fin de la guerre, ce fut l’idée de la coordination entre Alliés qui prédomina. En effet, les traités de paix avec les puissances de l’Axe devaient être élaborés par un Conseil des ministres des Affaires étrangères, composé des représentants américain, britannique, soviétique, français et chinois.

La conférence de Potsdam fut donc considérée comme un succès ; pourtant, nombre des accords qui en résultaient ne furent jamais respectés, du fait des relations de plus en plus conflictuelles entre l’URSS et l’Europe occidentale.

5 Les remaniements territoriaux à la conférence de Paris (1945-1947)

Après la guerre de nouvelles frontières apparaissent :

-En Europe, une nouvelle carte est dessinée au profit de l’URSS. Le territoire allemand est amputé de toutes les annexions faites depuis 1938 (100 000 km2). La Pologne reçoit la Prusse orientale, le Corridor de Danzig et les territoires allemands situés à l’Est de la ligne Oder-Neisse, cependant elle perd une partie de son territoire au profit de l’URSS qui a aussi annexé les États Baltes, (Estonie, Lituanie, Lettonie, Bessarabie) et quelques territoires allemands, ce qui lui permet d’avoir une ouverture vers la Mer Baltique. Les traités de paix signés en février 1947 à Paris  avec les anciens satellites du 3ème Reich (Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Italie), renforcent les gains territoriaux de l’URSS.

-En Asie, le Japon, occupé par les Etats- Unis perd tous les territoires conquis depuis le 19ème siècle. La Manchourie et Taiwan sont rétrocédés à la Chine qui revient à la Chine. Il perd également les Iles Kouriles et Sakhaline au profit de l’URSS, les Iles Mariannes Carolines et Marshall reviennent aux Etats-Unis. La Corée est divisée en deux par le 38ème parallèle, le Nord occupé par l’URSS et le Sud par les Etats-Unis.

-En Afrique, l’Italie perd ses colonies de l’Afrique de l’est.

6- dossier sur l’organisation des nations unies [ONU]

Organisation des Nations unies [ONU], organisation internationale d’États nations fondée en 1945, sur le principe de l’égalité souveraine de ses membres, dans le but d’assurer la paix, la sécurité et la coopération internationales. L’ONU ne constitue pas un gouvernement supranational, mais un instrument flexible de collaboration et de coordination entre ses États membres, dont l’efficacité dépend plus de la volonté des gouvernements de chaque pays membre que de la structure de l’organisation elle-même, dépourvue d’une véritable autorité et d’une réelle indépendance. C’est ce qui explique l’influence et le rôle fluctuants qu’exerce l’institution internationale sur les affaires du monde en fonction de l’état des relations internationales.

a-les étapes de la création de l’ONU

Les règlements du conflit portent également sur la réorganisation du monde par la mise en place d’une Institution internationale chargée de gérer la Paix et la sécurité collective. Cette institution est appelée l’ONU.

L’ONU est créée à la suite d’un long processus qui part de 1941 à 1945. En effet, c’est à la conférence de l’Atlantique d’Août 1941 que le président américain Roosevelt a émis l’idée « d’une paix universelle par la sécurité collective ». Cette idée fut proclamée dans la Chartre de l’Atlantique. En 1942, l’expression « Nations-Unies » est employée pour la 1ère fois à la conférence de Washington. En 1943, à la conférence de Moscou les Alliés s’engagent à créer une organisation fondée sur « un pied d’égalité entre les états ». En Octobre1944 à la conférence de Dumbarton Oaks (USA), les experts des pays alliés mettent sur pied l’ONU. En Février 1945 à YALTA, Roosevelt, Churchill et Staline approuvent le projet des experts en ajoutant au future Conseil de Sécurité deux autres Etats, à savoir la France et la Chine. L’adoption finale de l’Organisation des Nations Unies  se fait le 25Juin 1945 à la conférence de San Francisco (USA) par les cinq chefs d’États des pays fondateurs (USA, G .Bretagne, France, Urss, Chine). L’ONU repose sur un certain nombre de principes fondamentaux et vise des objectifs essentiels à atteindre :

b- les principes

Ils sont définis dans le préambule de la Chartre de l’ONU. Parmi ces principes, nous pouvons retenir le respect de l’égalité entre les Etats, la liberté et la souveraineté des peuples. Par rapport à ces principes, chaque peuple a le droit de s’autodéterminer c’est-à-dire de choisir la forme de régime qu’il désire à partir d’élections libres et démocratiques.

L’ONU s’est fixé comme objectifs dominants la gestion de la paix dans le monde et la sécurité collective, mais aussi la consolidation de la solidarité et la coopération entre les peuples et les Etats en luttant contre la pauvreté et les multiples inégalités sociales. A cet effet l’ONU va mettre en place des structures de fonctionnement.

c- les structures de fonctionnement  

L’ONU dispose des organes suivants :

  • L’Assemblée Générale : elle regroupe tous les pays membres de l’organisation ; discute des problèmes prévus par la chartre et étudie les questions d’actualité. Chaque pays a droit à la parole (un pays, une voix).
  • Le Conseil de Sécurité : c’est l’instance suprême de l’ONU, composée de 15 membres dont cinq (05) disposent du DROIT de VETO et qui sont appelés « membres permanents » de l’ONU. Ce sont les USA, l’URSS, l’ANGLETERRE, la FRANCE et la CHINE. Le droit de veto annule toute mesure prise par le Conseil si toutefois un seul des membres permanents s’y oppose. Les dix autres membres du Conseil sont élus pour deux (02) ans. Le Conseil de Sécurité est l’instance de décision en matière de maintien de la paix et de la sécurité dans le monde.
  • Le Secrétariat général : il se compose d’un Secrétaire général et de 08 adjoints. Il est chargé de l’exécution des décisions prises par l’A.G. et par le C.S. C’est l’organe administratif de l’ONU visible à l’échelle mondiale, sur tous les terrains de conflit ou de catastrophe.
  • Le Conseil Economique et Social : il se compose de 54 membres élus pour 03 ans. Il est chargé de coordonner les activités économiques et sociales de l’ONU.
  • La Cour Internationale de Justice : elle se compose de 15 juges élus pour 09 ans. Ils sont chargés de juger les litiges internationaux. Mais la Cour n’a qu’un avis consultatif.
  • NB : signalons le Conseil de Tutelle qui était chargé de la décolonisation en Afrique et en Asie. Depuis la fin de la lutte pour l’indépendance, ce Conseil n’est plus fonctionnel.

Notons également qu’au-delà  des structures de fonctionnement l’ONU se fait aider dans les domaines économiques et sociaux par des institutions spécialisées dont les principales sont : l’OMS pour la santé, l’UNESCO pour l’éducation, l’UNICEF pour l’enfance, la FAO et le PAM pour l’alimentation et la nutrition, l’OIT pour l’emploi, la Croix Rouge pour le secourisme. L’ONU dispose en outre d’une force militaire d’intervention appelée « les casques bleus ». Cette intervention revêt trois aspects : l’interposition pour séparer des belligérants, l’action militaire pour imposer la paix, porter secours à des personnes en détresse en cas de catastrophe (tremblement de terre, inondation, éruption volcanique …

d-Bilan et perspectives.

En regroupant la quasi-totalité des Etats du monde (191), l’ONU apparaît comme étant l’un des acteurs majeurs des relations internationales. Elle est créées à l’issu de la deuxième guerre mondiale pour garantir le maintien de la paix, le respect des droits de l’homme dans le monde et favoriser le développement économique et social.

Depuis 1945, le système international a connu des mutations importantes : guerre froide, décolonisation, explosion démographique et mondialisation de l’économie. Comment, dans ce contexte, l’ONU a-t-elle réussi à remplir les objectifs qu’elle s’était fixés dans la charte ? Nous répondrons à cette question en étudiant le bilan et les perspectives de l’ONU.

 

Après 60 ans d’existence, le bilan de l’ONU peut être analysé à travers son audience croissante, ces actions en faveur de la paix, ces interventions dans l’humanitaire, mais aussi ces limites.  Depuis sa création, l’ONU a mis en place plus de 50 opérations de maintien de la paix, dont une quinzaine sont encore en cours. Au cours des années 90 elle a contribué à rétablir la souveraineté du Koweït (1991) et a joué un rôle de premier plan  dans les efforts déployés pour mettre en terme aux guerres civiles qui ravageaient Cambodge, le Guantanamo  et  le Mozambique. Les forces d’interposition onusienne ou casques bleu ont marqué leur présence dans plusieurs foyers de conflit dans le monde : Chypre (1974), Liban (1978), Somalie (1993), ex Yougoslavie (1995), Libéria et Cote d’Ivoire2004), Haïti (2005) etc. Le déploiement est souhaité pour mettre fin au chao politique qui règne en Somalie et à la tragédie humaine du Darfour.

L’ONU ne parvient donc pas toujours à éviter les guerres, mais elle a un rôle déterminant lorsqu’il s’agit d’accompagner les processus de pacification : faciliter la mise en œuvre d’accords de paix, surveiller les cessez-le-feu, favoriser l’aide d’urgence, etc. L’ONU aide aussi les pays qui sortent d’une guerre à mettre en place des institutions démocratiques (prise en charge de l’administration provisoire, organisation et supervision d’élections, etc.). Récemment, l’ONU a par exemple accompagné le processus d’indépendance au Timor-Oriental (Asie du Sud-est), qui est devenu en 2002 le 191e pays membre des Nations unies.

Elle favorise le progrès économique et social. Comme la pauvreté est l’un des principaux obstacles à la paix, l’ONU s’est dotée d’organismes de coopération internationale qui doivent favoriser le développement économique et social de tous les pays. Ces institutions travaillent dans des domaines spécialisés : ce sont par exemple la FAO (alimentation et agriculture), l’OMS (santé), l’Unicef (enfance), l’Unesco (éducation, science et culture), le PNUD (aide au développement), le HCR (protection et assistance aux réfugiés), etc. L’ONU consacre 70 % de ses activités à la coopération internationale.

Elle défend les droits de l’homme. La défense des droits de l’homme constitue une mission fondamentale de l’ONU. En élaborant des normes qui concernent tous les aspects des droits de l’homme (droits politiques, droits économiques, sociaux et culturels, lutte contre le racisme, etc.), l’ONU a permis de faire changer les mentalités (en ce qui concerne les droits de la femme et de l’enfant notamment).

L’un des grands résultats positifs de l’ONU a également été son intervention en faveur du mouvement de décolonisation dans les années 1960. L’Assemblée générale a servi de tribune pour les peuples colonisés qui revendiquaient leur droit à disposer d’eux-mêmes.

Cependant nous pouvons noter quelques limites  dans la mise en œuvre des actions de l’ONU

Elle a été paralysée complètement par l’opposition américano soviétique dans le cadre de la guerre froide. Le principal problème s’est révélé être l’existence du droit de véto dont l’usage abusive avait complètement paralysé le conseil de sécurité. Les états unis et l’URSS se sont servis du véto pour protéger leurs intérêts politiques et idéologiques.

L’une des plus grandes limites de l’ONU est son incapacité à résoudre les conflits locaux (Somalie, Ethiopie, Colombie,  Tchétchénie, RD Congo, Philippines etc.) car le droit d’ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat n’est pas inscrit dans la charte. Depuis 1945 plus de quatre-vingt (80) conflits armés ont déstabilisé la paix mondiale et provoqué plus de 20 millions de morts.

Les actions de l’ONU en faveur des droits de l’homme n’ont pas réussi à éradiquer leur violation parce qu’il se heurte souvent à la raison d’Etat ou à l’indifférence des grandes puissances. L’ONU n’est pas encore parvenue à apporter des réponses concrètes au problème de l’analphabétisme, de la pauvreté, des inégalités de développement, de l’endettement chronique du tiers monde et de la lutte  contre le terrorisme.

Aujourd’hui le lourd poids politique de l’hyper puissance américaine au sein de l’ONU constitue un obstacle à la bonne marche du système des nations unis, il se manifeste par une crise de défiance des Etats-Unis sur le reste de la communauté internationale.

Exemple : leur intervention en Irak sans l’aval du conseil de sécurité. La crise irakienne, née au Conseil de sécurité de l’ONU pendant l’été 2002, finit de décrédibiliser et de marginaliser l’institution internationale, face à la politique unilatérale américaine. Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 dirigés contre les États-Unis, l’institution internationale doit en effet faire face à de profondes divisions concernant le problème du désarmement de l’Irak, soupçonné par les États-Unis de soutenir le terrorisme international.

De même en matière de développement : même si ses principes ne sont plus rejetés en bloc, la Cuneo ne parvient pas à garantir un régime de prix stables sur les marchés mondiaux des matières premières ; quant aux déclarations produites par l’Assemblée générale en 1974 sur les droits et les devoirs économiques des États, elles demeurent sans effet, négligées par les guerres commerciales de plus en plus rudes qui se livrent sur le marché mondial.

La représentativité du Conseil de sécurité fait également l’objet de controverses, notamment en ce qui concerne les cinq membres permanents qui, selon leurs détracteurs, ne représentent plus les rapports de forces internationaux actuels. La question de la candidature du Japon et de l’Allemagne est ainsi soulevée. Enfin, même si la division du monde en deux blocs ne paralyse plus l’action du Conseil de sécurité, l’action de l’ONU continue d’être suspendue à la volonté politique des États membres. Or la crainte de s’engager dans des conflits longs, difficiles et coûteux incite souvent ces États à renoncer à toute action. Surtout l’ONU semble de plus en plus dépendante, tant dans sa ligne politique que dans son action sur le terrain, des décisions américaines, les Etats-Unis apparaissant en effet comme la seule puissance capable d’intervenir efficacement au niveau international — en 1992, l’intervention américaine en Somalie (baptisée Restore Hope) est emblématique de cet état de fait. L’ONU connaît aussi une situation financière catastrophique. Elle est surendettée à cause de ses arriérés de cotisation que traine certains de ses Etats  membres, notamment les Etas Unis.

Les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de ses actions ont amené L’ONU à s’ouvrir de nouvelles perspectives 

Ces perspectives sont centrées autour de la réforme du système des nations Unis le recours à la force contre le terrorisme

A la veille des cérémonies marquant 60 ternaire de l’ONU, son secrétaire général K ANNAN, a lancé un projet de réforme du système des Nations Unis. Son objectif est d’adapté ses structures aux mêmes réalités géopolitiques et économique du monde. Cette réforme prévoit l’élargissement du conseil de sécurité pour le rendre plus représentatif de la communauté international passant de 15 à 24 membres.

Cependant les questions cruciales  de l’adoption de cette réforme historique et de la répartition des sièges n’ont pas encore réponses.

L’Allemagne, le Brésil ; l’inde, le Japon sont objectif officiellement candidat à des sièges permanant tandis que l’Union Africaine en demande deux pour l’Afrique ou le Sénégal, Nigéria et l’Afrique du sud sont candidats.

Après l’intervention critiquée des Etats-Unis en Iraq, l’ONU a plaidé pour l’élaboration d’un code pour d’entrée en guerre sous la forme d’un texte définissant la condition d’usage de la force  par la communauté internationale. A cet effet  la responsabilité de protéger les hommes et la nécessité d’une action en cas de menace sur la sécurité internationale doivent être clairement affirmé pour éviter des dérapages. La confusion entretenue par les américains entre une action terroriste  et un combat pour la liberté à amener les Nations Unis à proposer une définition universelle  du terrorisme. Toutes actions destinées à causer la mort ou de graves blessures à des non combattants ou des civils dans le but d’intimider une population ou de forcer un gouvernement ou une organisation à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir quelques actes que ce soit, constitue un acte terroriste. Mais le problème est de convaincre des pays comme les Etats-Unis et l’Angleterre, qui pour des raisons sécuritaires et géostratégique s’appuient sur des menaces terroristes prétendues pour intervenir dans le monde.

 

Les Nations unies n’ont très imparfaitement pu remplir les objectifs qu’elles s’étaient fixés dans la charte de 1945. L’action en faveur de la paix, pour généreuse qu’elle fut n’a porté que sur des conflits secondaires et les questions essentielles se sont réglées directement entre puissances concernées. En matière de droit de l’homme, la tâche à accomplir est immense, et l’essentiel de l’effort revient  aux Etats membres. Les bouleversements du contexte international expliquent cette incapacité des objectifs très ambitieux. Actuellement, les Nations unies traversent une crise grave. Dans un environnement oscillant depuis la fin de la guerre froide entre décompositions et recompositions

 

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