LES DOCTRINES SOCIALES : SOCIALISME ET SYNDICALISME

INTRODUCTION

L’essor fulgurant du capitalisme au XIXé siècle crée des inégalités entre bourgeois et ouvriers. Ces derniers, dans les pays industrialisés d’Europe, prennent conscience de leur situation d’exploités. Pour améliorer leur sort, ils s’organisent et adhèrent aux nouvelles doctrines sociales : le socialisme et le syndicalisme.

I-SOCIALISME

A-Définition

Le socialisme est une idéologie qui cherche à supprimer les inégalités que la société crée entre les hommes afin de donner des chances égales à tous. Il préconise la suppression de la propriété privée, et la collectivisation des moyens de production pour socialiser le profit.

Il comporte plusieurs courants proches dans leurs buts mais différents dans leurs méthodes.

1-Le socialisme utopique :

C’est un socialisme qui vise l’instauration d’une société de justice, d’égalité, de fraternité et de bonheur pour tous. Les théoriciens de cette doctrine comme Robert Owen, joseph Proudhon, Louis Blanc, Saint-Simon, comptent sur la générosité et la bonté des bourgeois pour améliorer le sort des ouvriers en leur redistribuant les bénéfices des entreprises, ainsi que sur la bonne volonté de l’état.

Mais en l’absence d’une stratégie cohérente pour atteindre cet objectif, ces théories furent considérées comme des utopies (idées ou projets qui ne peuvent être concrètement réalisés).

2- Le socialisme scientifique ou marxisme :

Il est l’œuvre de deux théoriciens allemands, Karl Marx (1818-1883) et Friedrich Engels (1820-1895) qui ont consigné leurs thèses dans un ouvrage politique (« Le manifeste du parti communiste ») et dans un ouvrage économique (« Le capital »).

Ils constatent que le patron bourgeois ne paie pas le travail de l’ouvrier à sa vraie valeur, et c’est partie non payée appelée « Plus-value » qui enrichit le bourgeois.

Constatant en outre que « la lutte des classes est le moteur de l’histoire », ils annoncent que la mission du prolétariat est de renverser la bourgeoisie par une révolution sociale et d’instaurer la « dictature du prolétariat » dont l’objectif ultime est d’instituer le communisme ou « société sans classes ».

Ces nouvelles idées vont influencer la formation de partis socialistes (partis de « gauche ») à travers l’Europe comme le Labour Party en Grande Bretagne, la SFIO en France, le SPD en Allemagne.

Par ailleurs conformément au slogan de K. Marx « prolétaires de tous les pays, unissez-vous », deux associations internationales du travail sont créées : la Ière Internationale crée à Londres en 1864 et la IIé Internationale créée à Paris en 1889.

B-Le syndicalisme

Jusqu’au XVIIIé siècle, système de corporation établies sur une base professionnelle : travailleurs qualifiés et artisans.

Un syndicat est une association de défense des droits et intérêts matériels et moraux des travailleurs. Le syndicalisme peut donc être défini comme l’ensemble des idées, des théories, des formes d’action qui guident les syndicats.

Les premiers syndicats sont apparus en Angleterre sous l’appellation de Trade Unions en 1825 qui deviendront les Trade Union Congress en 1864, puis en Allemagne (Ligue des syndicats allemands ADGB) en 1892, en France (CGT) en 1895, mais aussi aux USA depuis 1886 (American Federation of Labour AFL).

L’histoire du syndicalisme est marquée par deux grands courants de pensée, le syndicalisme réformiste et le syndicalisme révolutionnaire, qui imposent deux types différents d’action syndicale.

1- Le syndicalisme réformiste

Dans les pays anglo-saxons et en Allemagne. Il préconise une collaboration et la négociation avec le patronat, et une liaison étroite entre les syndicats et les partis chargés de défendre les intérêts de la classe ouvrière (Parti Travailliste- Labour Party en GB, Parti Social-démocrate en Allemagne.

2- Le syndicalisme révolutionnaire 

En France, en Italie, en Espagne. Il inscrit sa lutte dans la perspective d’un renversement du capitalisme et prône la violence pour faire céder le patron. Le principal théoricien du syndicalisme révolutionnaire est Georges Sorel.

Malgré les difficultés rencontrées par les premiers syndicalistes, l’action syndicale a eu d’importants acquis ;

Le droit de grève est reconnu en GB en 1830 et en France en 1864.

  1. Le repos dominical est accordé.
  2. La durée du travail quotidien est réduite.
  3. Interdiction du travail des enfants avant 12 ans
  4. Assurance

A la fin du XIXé siècle, la lutte des ouvriers s’identifie à un symbole (drapeau rouge), un hymne (l’Internationale) et à une fête (le 1er Mai).

Mai 1886 : lutte des ouvriers US pour la journée de 8h : tirs de la police qui font 6 morts.

CONCLUSION

Dans la lutte des ouvriers contre la bourgeoisie et le capitalisme, le socialisme et le syndicalisme ont été déterminants. Malgré les difficultés la lutte ouvrière a été fructueuse avec des résultats satisfaisants. Mais il faudra attendre 1917 avec la révolution russe pour voir le prolétariat enregistrer une victoire éclatante.

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