LES FORMES DE MISE EN VALEUR AGRICOLE DANS LES PAYS TROPICAUX

I-LES MUTATIONS TECHNIQUES

2-Mécanisation et motorisation

Le changement le plus important est l’utilisation de l’énergie animale. En effet, les savanes étant favorables à l’élevage, on a pu développer la culture attelée. Ainsi la charrue, le semoir, la charrette sont tirés par des chevaux, des ânes, des bœufs, etc. non seulement les cultures commerciales mais aussi les cultures vivrières ont pu bénéficier de cette modernisation des techniques de culture. De plus en plus, les paysans font usage des engrais minéraux.

Les grandes entreprises agricoles pratiquent une agriculture motorisée et mécanisée. Ces entreprises au nombre limité se sont installées dans les zones faiblement peuplées. Leur importance est conditionnée par la maîtrise de l’eau pour assurer une irrigation permanente et pratiquer les cultures indépendamment de la saison des pluies. De puissants moyens mécaniques et chimiques sont mis en œuvre. La Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) qui assure la production du sucre et de la canne à sucre dans le Delta du Sénégal est un bon exemple de ces grandes entreprises modernes. Certaines grandes entreprises sont soutenues par l’Etat. Ces entreprises donnent  des salaires, mais aident peu à la transformation de l’agriculture traditionnelle car leur échelle et leurs technologies sont trop éloignées de l’exploitation paysanne.

Mais les paysans bien encadrés réalisent eux aussi de bons résultats.

2-Le développement de l’irrigation

L’irrigation permet d’intensifier la production agricole. Le risque est l’épuisement des ressources en eau du sol et le développement des phénomènes de salinisation. De grands barrages réservoirs ont été édifiés à travers les fleuves et alimentent un réseau de canaux. Mais ce système d’irrigation coûte cher.

3-L’utilisation des produits chimiques

Ils sont employés pour obtenir une augmentation des rendements, mais ils peuvent favoriser la pollution des sols, de la nappe phréatique et des cours d’eau. Les techniques agricoles sophistiquées et coûteuses risquent d’accentuer la dépendance des pauvres à l’égard des pays riches et de leurs firmes multinationales.

4-L’amélioration des espèces

II-LES RÉVOLUTIONS AGRAIRES 

 Pour faire face à la croissance démographique, l’une des principales solutions est l’intensification culturale. A court terme, c’est la réduction de la durée de la jachère qui est pratiquée. Mais sans apport d’engrais, un tel processus entraîne l’épuisement des sols.

La révolution verte est un ensemble de mesures prises pour accélérer la production alimentaire du Tiers Monde. Elle repose sur trois types d’action :

– l’introduction de nouvelles variétés de céréales à haut rendement adaptées au milieu climatique ;

– la modification des modes de production ;

– l’appel aux technologies des pays industriels.

Inaugurée au Mexique et aux Philippines dans les années 1940, la révolution verte est basée sur des variétés conçues au laboratoire et nécessite l’emploi d’engrais et de produits antiparasitaires et le développement des techniques d’irrigation. Sa réussite est fonction de la capacité financière et psychologique des paysans à adopter des nouvelles semences et à modifier leurs techniques culturales. La révolution verte exige de l’information et des capitaux ; elle n’est donc pas à la portée de tous. De plus, elle a des effets positifs sur les rendements mais négatifs sur l’environnement en accentuant les inégalités sociales et régionales.

Ce sont en général les pays d’Asie qui ont participé à cette révolution et enregistré une forte progression de leur productivité agricole. C’est une initiative des gouvernements, des ONG et des firmes produisant les engrais et les semences améliorées. Partout où elle a été pratiquée, on assiste à une progression générale des revenus dans toutes les catégories paysannes.

III. LA COLONISATION AGRICOLE

Des pays possédant des réserves d’espace ont mis en valeur de nouvelles terres. Cette pratique permet de moderniser les techniques agricoles sans faire une réforme agraire. Les exemples sont nombreux en Amérique latine où la colonisation agricole a été pratiquée pour éviter le partage des grands domaines et fournir des terres aux paysans. Ainsi l’agriculture a pu gagner des zones jusque-là désertes. On ainsi des fronts pionniers. La conquête de nouvelles terres a des limites ; elle favorise l’épuisement rapide des sols fragiles et même leur destruction. La déforestation favorise l’érosion des sols.

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