LES RIVALITES COLONIALES : Le Congrès de Berlin et ses conséquences

INTRODUCTION

Dans la seconde moitié du XIXé siècle, s’appuyant sur les connaissances géographiques du continent obtenues grâce à l’exploration, les nations européennes qui subissent la crise de croissance du capitalisme, s’élancent à la conquête de l’Afrique. Mais les rivalités aigües qui les opposent débouchent sur le congrès de Berlin qui consacre le partage de l’Afrique.

I-LES RIVALITÉS COLONIALES 

Elles s’expliquent par des causes multiples. Vers 1870, l’essor du capitalisme pose un besoin de conquête de marchés extérieurs pour maintenir le rythme de la croissance industrielle et assurer l’approvisionnement en matières premières de l’industrie européenne. C’est pourquoi, s’appuyant sur la découverte du continent africain, la plupart des grands états industrialisés s’élancent vers la conquête de l’Afrique.

Ainsi chacune des puissances cherchent à se tailler la part du lion, ce qui va occasionner des rivalités entre elles. On peut citer entre autres :

I-1 La rivalité franco-anglaise en Egypte :

de par sa position de carrefour entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie, l’Egypte a été le théâtre d’une longue compétition entre la France et l’Angleterre. En 1882, l’Angleterre finit par occuper l’Egypte et le canal de Suez.

I-2 La rivalité franco-belgo-portugaise :

Les territoires du bassin du Congo ont fait l’objet d’un tiraillement entre Savorgnan de Brazza qui les déclare possession française en signant un traité avec le roi Makoko, et Stanley qui les a placés sous l’autorité du roi belge Léopold II. En outre les Portugais, présents en Angola et au Mozambique, rêvent de faire de l’Afrique centrale leur chasse gardée avec le soutien des Anglais.

I-3 La rivalité entre l’Allemagne et les autres :

l’Allemagne, dernière puissance européenne à s’intéresser à la colonisation, arrive et occupe des territoires entre le lac Tanganyika et la côte orientale, la Namibie, le Cameroun et le Togo. Cette implantation allemande va réduire considérablement les chances d’expansion maritime des autres puissances européennes.

I-4 La rivalité franco-italienne en Tunisie

Pour éviter que ces crises ne dégénèrent en conflits, le chancelier allemand Otto Von Bismarck va convoquer la tenue d’un congrès à Berlin.

II-LE CONGRES DE BERLIN (Novembre 1884-Février 1885)

Ce congrès auquel sont conviées toutes les nations impérialistes avait un double objectif : trouver une solution à la crise du Congo, mais aussi définir les règles de partage du continent africain.

A-Les décisions du congrès

La question du Congo sera réglée de la manière suivante :

Le grand territoire de la rive gauche est attribué à Léopold II alors que les territoires de la rive droite (Gabon, Congo Brazzaville, Oubangui Chari) reviennent aux français. Le Portugal se contente de l’enclave du Cabinda.

Le bassin du Congo et celui des autres grands fleuves africains comme le Niger sont déclarés zones libres pour le commerce international.

Pour ce qui est du partage de l’Afrique, les règles suivantes sont édictées :

L’appropriation d’un territoire, en plus d’un traité signé, doit être notifié aux autres puissances.

Toute puissance établie sur la côte pouvait pousser ses conquêtes dans l’hinterland jusqu’à rencontrer un obstacle naturel ou une autre puissance coloniale.

B-Les conséquences du congrès

Le congrès de Berlin a procédé au partage de l’Afrique et a déclenché un rush colonial sur l’Afrique qui sera presque entièrement colonisée en l’espace de vingt ans (1880-1900). Le congrès a en outre consacré la balkanisation de l’Afrique et a créé des frontières artificielles ne tenant pas compte des réalités culturelles et linguistiques des populations africaines.

Cette balkanisation a déstabilisé l’équilibre ethno-tribal et attisé les tensions qui alimentent encore beaucoup de conflits fratricides (Rwanda, RDC, Somalie, Sierra Leone, etc.).

CONCLUSION

Le congrès de Berlin a été un tournant dans l’histoire de l’Afrique. Il a occasionné le morcellement du continent africain. Cette situation pose de sérieux problèmes de développement à l’Afrique.

×