L’EVOLUTION DU FOUTA TORO DU XVIIe AU XIX SIÈCLE

Le Fouta toro ou ancien Tekrour est un royaume de la vallée du fleuve Sénégal. Du règne de la dynastie des Déniankobé à la pénétration française, le Fouta a connu une période d’instabilité politique.

I) formation du Fouta

Le royaume du Tekrour est fondé par les Peulhs. Les Dia Ogo, originaires règnet à partir de 850. A la fin du X° siècle, le dernier roi de cette dynastie est tué par War Diabé Ndiaye qui prend le pouvoir.La dynastie des Manna (1000-1300) c’est-à-dire pendant l’époque de l’Empire du Ghana jusqu’au début de l’Empire du Mali. War Diabé Ndiaye se convertit à l’islam. Les Tondions, après une longue lutte, renverse les Mannas et accèdent au pouvoir pour un siècle (1300-1400). Les Diawaras du royaume de Diarra vassalisent les trois groupes qui forment la dynastie qui a succédé aux Tondions. Il s’agit des Lam-Termès, des Lam-taga, des Lam-toro. Le Fouta subit une grève domination du Djolof, sous le règne de Tyukili Ndiklam. Koli Tenguéla Ba, chef peul venu du Sud se réfugie au Fouta toro, en 1512. C’est au milieu du XVI° siècle qu’il entre dans l’histoire du Fouta, en renversant les différentes dynasties. Il crée et installe la dynastie des Déniankobé qui est d’origine peulh et mandingue. Il reprend les terres prises par le Djolof et rompt le lien de vassalité que le royaume de Diarra exerce sur le Fouta. Les Déniankobé donnent au Tekrour le nom de Fouta toro et leurs souverains portent le titre de Saltigui. Ils règnent jusqu’en 1770.

II-la révolution torodo

Après le Boundou et le Fouta djallon, l’islam triomphe au Fouta toro, dans la deuxième moitié du XVII° siècle. En 1770, les Déniankobé sont renversée par une révolte des marabouts musulmans, menés par Thierno Sileymani Baal et Abdoul Kader Kane. Les Torodbé, sous la direction de Sileymani Baal, déclare la guerre sainte, en 1771, au roi dénianké. Abdoul Kader Kane prend le pouvoir, en 1776 et porte le titre d’Almamy. Il lance des djihads dans divers royaumes sénégalais. Il succombe, en 1807, devant les forces colonisatrices du Boundou et de Kaarta.Les Torodbé instaurent un Etat théocratique et proclame l’islam comme religion d’Etat. C’est un groupe de grands électeurs qui nomment les Almamys jusqu’en 1881. C’est sous le règne de Mouhamadou Malick que le Fouta tombe sous la domination française

III- organisation sociale et économique

Le Fouta est divisé en neuf provinces : le Dimar, le Toro, le Law, le Bosseya, le Halaybé, le Yirlabé, le Hébiyabé, le Nguenar, le Damga. Il est peuplé de Peulhs, de Toucouleurs mais aussi de Wolofs, de Sérères, de Soninkés, de Malinkés, de Bambaras, de Maures. Le Fouta est très hiérarchisé. Le royaume a une agriculture florissante car on y cultive le mil, le riz, divers fruits et légumes. L’élevage est aussi très pratiqué par les Peulhs et les Toucouleurs ainsi que la pêche. Il y a eu aussi la pratique du commerce de la gomme arabique, de l’indigo, des tissus du coton.

Conclusion

Le Fouta, au XVII° et au XVIII° siècle, une région riche.Il voit se succéder deux grandes dynasties : les Déniankobé et les Torodbé ; Après la révolution torodo, le Fouta tombe, vers la fin du XIX° siècle, sous la domination française.