L’IMPERIALISME EN AFRIQUE:

 I-LES CAUSES DE L’IMPÉRIALISME EN AFRIQUE

1-Les causes économiques

Arguments économiques: Entre 1850 et 1939, l’industrialisation accroit les besoins des états européens en matières premières  et en débouchés. Ils se lancent alors dans une course aux colonies pour renforcer leur puissance et leur dynamisme économique, à cause de la protection économique des États à partir de 1960(refus de la libre échange: obligation de trouver des débouchés).

Arguments scientifiques: L’avance scientifique et technique générée par la révolution industrielle fournit aux  européens de nouveaux instruments de domination : les progrès en armements, l’amélioration des transports. En outre l’accroissement des capitaux et les politiques protectionnistes consécutives à la dépression économique de la fin du XIX° siècle attisent les convoitises pour obtenir des marchés et des domaines réservés. C’est une manière d’exalter le sentiment national et de détourner les opinions publiques des problèmes sociaux. Nationalisme et idéologie colonialiste vont de pair.

2-L’accroissement démographique et Exotisme

Le développement industriel s’accompagne d’un accroissement démographique à l’échelle européenne. La population européenne passe de 270 millions en 1850 à 400 millions au début du XX° siècle. Des mouvements de migrations important poussent les Européens à explorer d’autres horizons et pour certains à s’établir dans les colonies de peuplement comme l’Afrique du Sud. Le taux de chômage élevé, les persécutions politiques et religieuses constituent autant de raisons qui favorisaient les flux migratoires.

 3-La mission civilisatrice

En effet les européens sont convaincus que leur culture et leur mode de vie sont supérieurs et ils ont l’obligation de répandre la civilisation partout dans le monde notamment les «races inférieures». «Le fardeau de l’homme blanc». La mission civilisatrice c’est pour légitimer l’entreprise d’exploitation et de domination, le discours colonial s’appuie sur la science et plus particulièrement les thèses de Darwin, qu’il utilise pour affirmer la supériorité de la civilisation européenne. Ils doivent par la même occasion évangéliser les peuples colonisés. Pour les Européens c’est un devoir moral  d’apporter la foi aux populations païennes décrites  comme esclavagistes et cannibales.

II-L’IDÉOLOGIE IMPÉRIALISTE

Le mouvement impérialiste a fait apparaître deux points de vue opposés.

D’une part, des groupes de pression s’engagent en faveur de la colonisation. Ils sont puissants en Grande-Bretagne, en France et en Italie. En Grande-Bretagne, des écrivains comme le romancier et poète Rudyard Kipling (1865-1936) célèbrent l’impérialisme anglo-saxon. En 1884, est créée l’Imperial Federation League qui réunit de grands hommes d’affaires comme Cecil John Rhodes (1853-1902) et sir Leander Starr Jameson (1853-1917). Pour ces partisans de l’impérialisme colonial, le Blanc est investi d’une « mission civilisatrice » et est censée apporter le progrès et la vraie religion aux « races inférieures », aux « peuples primitifs », avec en première ligne les Noirs d’Afrique. En France, les leaders de la politique coloniale sont Eugène Etienne, Jules Ferry (1832-1893), Léon Gambetta (1838-1882), Charles Mangin (1866-1925), Jean-Baptiste Marchand (1863-1934), etc. Pour Jules Ferry, l’impérialisme colonial est un prolongement naturel de la révolution industrielle. Aussi disait-il : «La politique coloniale est fille de la politique industrielle». Autrement dit, la révolution industrielle portait en elle les germes du colonialisme.

D’autre part, quelques voix, peu nombreuses, s’élèvent contre le mouvement impérialiste. En France par exemple, une partie de l’opinion publique reste hostile à l’exploitation des indigènes. Jean Jaurès (1859-1914) considère l’impérialisme comme «une des tares du système capitaliste qui est obligé d’opprimer pour survivre». Certains trouvent l’impérialisme ruineux et coûteux (c’est la cas de Georges Clemenceau, 1841-1929). Pour les nationalistes comme Paul Déroulède (1846-1914), la colonisation détourne de l’essentiel qui doit être la reconquête de l’Alsace et de la Lorraine.

 III-MÉTHODE IMPÉRIALISTES

La conquête de l’Afrique s’est faite en plusieurs étapes successives. Le travail préliminaire des explorateurs et des missionnaires  ouvrent la voie aux marchands qui exploitent et investissent l’Afrique.

1-Les explorateurs

Ils sont dits de deuxième génération, ils vont profiter du développement des transports et des armements pour investir l’Afrique. Leur objectif était d’explorer les voies maritimes, les tracés des fleuves et les voies terrestres, de pénétration du continent. Ils dégagèrent des renseignements sur les potentialités économiques du continent. Ils furent financés par les Etats à travers des sociétés de géographie qui financent leur recherche.

Le Niger est remonté par Barth (1850-1856)

Le Congo est identifié par Stanley envoyé par Léopold II

Le Zambèze est remonté par Livingstone quand à Grant découvre les Sources du Nil.

René Caillé découvre Tombouctou

Parmi eux se distinguent les Allemands Heinrich Barth (1821-1865) et Gustav Nachtigal, les Britanniques David Livingstone (1813-1873), John Hanning Speke (1827-1864) et Mungo Park (1771-1806), l’Anglo-américain Henry Morton Stanley (1841-1904), les Français Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905) et René Caillié (1799-1938).

Les missionnaires

Les missions étaient des associations d’hommes d’églises (prêtes, pasteurs, religieux…) dont les objectifs portaient l’évangélisation des populations, l’enseignement et la propagande anti-esclavagiste. Le caractère désintéressé et humanitaire avait servi de prétexte pour la colonisation. Parmi les missions les plus célèbres on peut retenir: la «London Missionnary Society» à Madagascar et en Afrique du Sud, «la Church Missionnary Society» en Sierra Leone, les «Pères du Saint esprit» au Sénégal, Congo et Gabon, les «Pères Blancs» en Ouganda.  Cette période d’intense activité missionnaire coïncide avec la période de curiosité géographique qui va favoriser les explorateurs.

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