L’IMPÉRIALISME EN AMÉRIQUE ET DANS LES CARAÏBE

A partir des années 1860, les Qing, ayant réprimé les rébellions avec des milices organisées par l’aristocratie, entama un processus de modernisation militaire. Cependant, les nouvelles armées furent défaites par la France (guerre franco-chinoise de 1883-1885), puis par le Japon (première guerre sino japonaise de 1894-1895). En 1894, les tentatives japonaises pour soustraire la Corée à la suzeraineté chinoise aboutirent à la guerre sino-japonaise. Par le traité de Shimonoseki (1895), la Chine dut reconnaître l’indépendance de la Corée, désormais sous influence japonaise, et céda au Japon l’île de Taiwan et la péninsule du Liaodong, au sud de la Mandchourie. Finalement, la Chine se retrouva morcelée en zones d’influence étrangère.

I-LA FIN DE L'EMPIRE CHINOIS 

La mort de l’impératrice Tseu Hi en 1908 accéléra la chute de la dynastie Qing. Dans la première décennie du XXe siècle, les révolutionnaires formèrent une vaste coalition réunissant les étudiants et les commerçants d’outre-mer, ainsi que les Chinois de l’intérieur mécontents du régime. Au milieu de l’année 1911, des soulèvements se produisirent, tandis que le général des armées mandchoues (Yuan Tsé Kaï) avec les rebelles le poste de président du nouveau gouvernement républicain. Le 14 février 1912, une assemblée révolutionnaire réunie à Nankin élit Yuan Tsé Kaï premier président de la république de Chine. La même année, Pou Yi, dernier empereur de Chine, abdiquait à l’âge de six ans. Le 10 octobre 1911, une révolution transforme la Chine impèriale en république et renverse l’empereur mandchou. Le premier président s’appelle Sun Yat Sen (1866-1925); il gouverne à la tête du parti nationaliste. Une constitution fut adoptée et un parlement convoqué en 1912. Mais Yuan Tsé Kaï ne laissa pas ces institutions entraver sa mainmise sur le pouvoir et établit une dictature (1912-1916).
Lorsque le Guomindang, un parti nationaliste fondé en 1911 par Sun Yat Sen, tenta de limiter ses pouvoirs, d’abord par des tactiques parlementaires, puis par la révolution manquée de 1913, Yuan Tsé Kaï réagit. Il imposa la dissolution du Parlement, interdit le Guomindang et utilisa son influence personnelle auprès des chefs militaires provinciaux pour gouverner. L’opposition populaire le contraint néanmoins à abandonner ses ambitions de restaurer l’Empire et de devenir empereur. A sa mort en 1916, plusieurs gouverneurs proclamèrent l’indépendance de leur province. Pendant plus de dix ans, le pouvoir politique passa aux mains de seigneurs de la guerre, qui régnèrent localement. Le gouvernement central conserva une existence précaire et parfois fictive jusqu’en 1927. En 1921, un groupe de partisans fondent à Shanghaï, le parti communiste, influencés par les écrits de Karl Marx, philosophe allemand ayant émis une théorie scientifique du communiste. Après la mort de Sun Yat Sen
en 1925, le général Tchang Kai Chek le succède. Une lutte entre nationalistes et communistes s’engage alors et amène une guerre civile. Après trois années de combats, Mao Zédong proclame le 1er octobre 1949 la fondation de la République Populaire de Chine. Pendant ce temps, de nombreux Chinois étaient convaincus qu’il fallait à la fois débarrasser la Chine de l’impérialisme occidental et rétablir l’unité nationale. Ils se tournèrent de plus en plus vers l’Union soviétique et le marxisme-léninisme. Le Parti communiste chinois fut créé à Shanghai en 1921. Parmi ses fondateurs figure Mao Tsé Toung. En 1925, Tchang Kaï Chek prit le contrôle de son parti, le Guomindang et réussit à contrôler l’essentiel de la Chine du Sud et du Centre. Ayant vaincu les seigneurs de la guerre du Sud et du Centre, il obtint l’allégeance formelle de ceux du Nord. A partir de 1927, il se retourna contre les communistes, s’attaquant à leurs chefs comme à leurs troupes dans leurs bases du Sud et de l’Est. En 1934, défaits et chassés de leurs bases dans les montagnes, les communistes entreprirent la Longue Marche à travers les régions les plus désolées du pays, vers le nord ouest. Ils établirent leur nouvelle base de guérilla à Yanan, dans la province du Shaanxi. Après la longue décadence des Qing, Sun Yat-sen, qui a fondé l’Association pour la régénération de la Chine en 1900 puis le Guomindang (parti national du peuple) en 1908, fait proclamer, le 29 décembre 1911, la République, dont il devient le premier président. Mais il
est contraint de s’incliner devant le général Yuan Shikai, qui obtient successivement
l’abdication de l’empereur (1912), le départ de Sun Yat-sen et la dissolution du Guomindang. Yuan Shikai meurt au moment où il va se faire reconnaître comme empereur, en 1916. La Chine est aussitôt déchirée par les rivalités des généraux, les «seigneurs de la guerre», tandis que s’organise le parti communiste chinois (1921) et que la mort de Sun Yat-sen (1925), qui a recréé un gouvernement républicain dès 1917 à Canton, fait éclater le Guomindang en deux fractions: l’une dure, avec notamment la veuve de Sun Yat-Sen, Song Qingling, l’autre modérée, avec Jiang Jieshi (Tchang Kaï chek).

LA GUERRE CIVILE

La Chine devient alors le théâtre d’un double conflit: entre les «nationalistes» de Jiang Jieshi et les communistes de Mao Zedong; contre le Japon, qui a occupé en 1931 la Mandchourie. Tandis que Nankin devient la capitale de Jiang Jieshi, les communistes échappent aux forces nationalistes, au terme de la Longue Marche (1934-1935) qui les mène du Jiangxi au Shaanxi, où ils créent un Etat autonome avec Yan’an pour centre. La Chine, en guerre officiellement contre le Japon (les Japonais s’emparent de Pékin en 1937), est bientôt l’un des fronts de la Seconde Guerre mondiale: communistes et nationalistes (qui ont transféré leur capitale à Chongqing et qui bénéficient de l’aide des Etats-Unis) combattent tantôt unis, tantôt séparés et se disputent le contrôle des régions libérées.
La lutte entre les communistes et nationalistes chinois se poursuivit durant de longues années.

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