Français 5ème » LA PRONONCIATION PHONETIQUE – L’ORTHOPHONIE

LA PRONONCIATION PHONETIQUE – L’ORTHOPHONIE

Les mots ne se prononcent pas souvent selon leur graphie, c’est-à-dire la manière dont ils sont écrits. En effet, il y a certaines règles dont il faut tenir compte au moment de leur prononciation. L’orthophonie est la prononciation correcte des sons des mots.

I- ECRITURE ET PRONONCIATION DIFFÉRENTES :
  • L’écriture de certains mots ou de certains groupes de lettres peut ne pas se conformer à leur prononciation.L’orthophonie
EXEMPLES 
  • on écrit « paon » mais on prononce « pan » : [p ɑ̃]
  • on écrit « examen » mais on prononce « egzamin » : [e g z a m ɛ̃]
  • Un même groupe de lettres peut-être prononcé différemment.
EXEMPLES 
  • On écrit « vent », on prononce [v ɑ̃] / On écrit « ils élèvent », on prononce [i l z e l ɛ v]
  • On écrit « est » (verbe « être »), on prononce [ɛ] / On écrit « est » (un des points cardinaux), on prononce [ɛ s t)
  • On écrit « fier » (adjectif) et on prononce [f j ɛ R] / On écrit « fier » (du verbe « se fier »), on prononce [fje]
  • On écrit « équateur », on prononce [e k w a t œ R] / On écrit « qualifier », on prononce [k a l i f j e]
  • Un même groupe de lettres peut-être prononcé différemment d’un mot à un autre de la même famille.L’orthophonie
EXEMPLES
  • faire : [f ɛ R]
  • faisant : [ f ə z ɑ̃]
  • Un même mot peut être prononcé différemment d’une expression ou d’une phrase à l’autre. Ainsi certains mots changent de prononciation quand ils passent du singulier au
EXEMPLES
  • un os [œ̃ nɔs] → des os : [de zo]
  • un œuf [œ̃ œf] → des œufs (des(z)eu) : [de zø]

Prenons un autre exemple, celui du mot « plus ».

  • On ne prononce pas le « s » final de « plus » :

– dans l’expression « ne…plus ».

EXEMPLES – Je n’habite plus le quartier. ([p l y])

– Il n’y a plus de pain. ([p l y])

 

  • devant un mot qui commence par une
EXEMPLES – Cet élève est plus travailleur. ([p l y])
  • On prononce le « s » final de « plus » :
  • dans l’expression « plus de ».
EXEMPLES
  • Il y a plus de place dans ce ([p l y s])
  • Cette mangue a plus de goût. ([p l y s])
  • devant un mot qui commence par une voyelle
EXEMPLES
  • Cette histoire semble plus (avec la liaison, on prononce [plyz])
  • Il semble plus en mesure de réussir le (avec la liaison, on prononce [plyz])
  • pour le signe « + » en mathématiques, on prononce [s] devant une consonne et [z] devant une voyelle
EXEMPLES
  • Cette histoire semble plus (avec la liaison, on prononce [plyz])
  • Il semble plus en mesure de réussir le (avec la liaison, on prononce [plyz])
  • Une même lettre peut être prononcée différemment d’un mot à un Prenons comme exemple la lettre « s ».

 

  • Elle est prononcée [s] au début des mots, devant une consonne et en fin de certains mots
EXEMPLES – sortir – Sénégal – salut – histoire – sens
  • Elle est prononcée [z] entre deux voyelles, dans la marque du pluriel par la liaison du déterminant au nom qui commence par une voyelle ou la marque du pluriel des verbes, notamment les pronoms « nous », « vous », « ils » et « elles » devant un verbe qui commence par une voyelle.L’orthophonie
EXEMPLES
  • hasard – faisant – peser
  • les҇ oiseaux – certains҇ élèves
  •  ils҇ aiment – nous҇ ouvrons – vous҇ apportez – qu’elles҇ aillent
  • Mais deux « s » (« ss ») entre deux voyelles se prononcent [s].
  • Mais deux « s » (« ss ») entre deux voyelles se prononcent [s].

EXEMPLES

– poisson – lessive – passage

La lettre « s » prononcée [z] est aussi la marque du féminin des adjectifs terminés au masculin par les lettres « -s », « -x ».

EXEMPLES
  • compris comprise
  • heureux heureuse
  • sénégaiais sénégalaise
II.LES LETTRES MUETTES :

Une lettre muette est une lettre (voyelle ou consonne) qui fait partie de l’écriture d’un mot mais qui n’est pas prononcée.

a – Le « e » muet :

  • Le « e » muet se trouve à la fin de certains mots, particulièrement ceux terminés par –ie,-aie, –ue, –oie, –oue, –eue.
EXEMPLES
  • bougie, librairie, prairie, écurie, modestie, superficie, pharmacie.
  • baie, craie, monnaie, plaie, raie.
  • avenue, bienvenue, étendue, rue, tenue.
  • joie, oie, proie, soie, voie.
  • joue, moue, roue, boue.
  • banlieue, lieue, queue.
  • Le « muet peut aussi être placé à l’intérieur d’un
EXEMPLES – remerciement – paiement – éternuement – dévouement
  • On peut également retrouver le « e » muet à l’intérieur d’un nom formé à partir d’un verbe qui se termine en –ier, –yer, –uer ou –ouer.
EXEMPLES
  • verbe en –ier : remercier remerciement
  • verbe en –yer : payer paiement
  • verbe en –uer : éternuer éternuement
  • verbe en –ouer : dévouer dévouement
  • Le « e » est muet à la fin des mots terminés par –re.

EXEMPLES

  • les noms en –oire : auditoire, laboratoire, territoire, baignoire, balançoire.
  • les noms en –aire : anniversaire, estuaire, salaire, molaire.
      • les adjectifs en –oire : illusoire, méritoire, provisoire, respiratoire. Adjectifs en –aire : alimentaire, nucléaire, polaire, solaire, volontaire.
      • les noms en –ure : capture, coiffure, mesure, murmure, ordure.
      • les noms en –ore : carnivore, flore, folklore, incolore, omnivore.
      • les noms en –are : fanfare, gare, guitare, mare, phare, rare.
      • les noms en –aure : dinosaure, minotaure.

 

Remarque :

La lettre « e » se prononce dans les petits mots suivants : ce, de, je, le, me, ne, que, se, te ;

b – Les consonnes muettes :

  • Le « b » muet :
EXEMPLES – plomb – aplomb

Le « b » muet se trouve à la fin d’un mot.

Mais dans “baobab”, le “b” final est prononcé.

  • Le « c » muet :
EXEMPLES – banc – blanc – flanc – franc – escroc

Le « b » muet :se trouve à la fin d’un mot.

  • Le « d » muet :

Le « d » muet se trouve à la fin d’un mot.

  • Le « g » muet » :
EXEMPLES – crapaud – nid – nœud – pied – bond – friand – accord – sourd – lourd

Le « g » muet se trouve à la fin d’un mot.

Mais le « ing » qui termine les mots d’origine anglaise se prononce [iɲ] ou [iŋ(g)].

EXEMPLES – poing – long
  • Mais le « ing » qui termine les mots d’origine anglaise se prononce [iɲ] ou [iŋ(g)].
EXEMPLES
  • parking : [paʁ.kiɲ(g)]
  • camping : [kɑ̃piŋ(ɡ)] ou [kampiŋ(ɡ)]
  • Le « l » muet :

Le « l » muet se trouve à la fin d’un mot.

EXEMPLES

– fusil – outil

  • Le « p » muet :

Le « p » muet se trouve à la fin d’un mot.

EXEMPLES – beaucoup – champ – coup – loup – sirop – trop

Le p est muet dans le mot sculpture même s’il est placé à l’intérieur du mot.

  • Le s muet :

Le « s » muet se trouve à la fin d’un mot.

EXEMPLES – bras – marais – corps – avis – repos – volontiers – velours – souris – brebis
  • Le t muet :

Le « t » muet se trouve à la fin d’un mot.

EXEMPLES – art – départ – écart – concert – désert – confort – effort – respect – aspect
  • Le « x » muet :

Le « x » muet se trouve à la fin d’un mot.

EXEMPLES – choix – croix – deux – époux – faux – paix – perdrix

 

  • Le cas de la lettre « r » :

On ne prononce pas le « r » final des verbes terminés par « er » à l’infinitif.

EXEMPLES
  • habiter : [a.bi.te]
  • visiter : [vi.zi.te]
  • aller : [a.l e]

Mais on prononce le « r » final des verbes qui ne se terminent pas par « er » à l’infinitif.

  • On prononce également le « r » dans les autres mots.

EXEMPLES

– mer – pour – toujours

III.L’ÉLISION, LA LIAISON ET L’EFFACEMENT :

1-L’élision :

Dans leur prononciation, on peut associer la consonne finale d’un mot avec la voyelle qui débute le mot suivant : on appelle cela l’élision. Dans ce cas, la voyelle finale du premier mot disparaît devant un mot qui commence par une voyelle. Cette voyelle qui disparait est dite élidée et elle est signalée à l’écrit par une apostrophe. Dans la prononciation, la consonne qui précède la voyelle élidée forme ainsi une syllabe avec la voyelle du mot suivant.La voyelle élidée est le plus souvent un « e » (avec « le », « ce », « me », « je », « te » », se »,« ne », « de », « que », « parce que », « puisque », « lorsque », « jusque », « presque »…), un « a » (avec « la »), un « i » (avec « si »).

EXEMPLES
  • le infirmier = l’infirmier
  • la armoire = l’armoire
  • ce était = c’était
  • si je étais toi = si j’étais toi
  • je me étais dit = je m’étais dit
  • il se engage = il s’engage
  • je pense que aujourd’hui = Je pense qu’aujourd’hui
  • parce que en ce moment = parce qu’en ce moment
  • lorsque il = lorsqu’il
  • jusque à ce jour = jusqu’à ce jour
  • presque île = presqu’île
  • si il vous plait = s’il vous plait

2- La liaison :

En français, la liaison peut apparaître entre un mot qui se termine par une consonne et un mot qui commence par une voyelle ou un « h » non aspiré, si ces deux mots ne sont séparés par aucune ponctuation ni par aucune pause orale. La consonne finale se lie à la voyelle initiale pour former le son [z], [t], [n] ou [p].

EXEMPLES
  • on écrit « les͡ enfants », on lit « les(z)enfants » : [l ɛ z ɑ̃ f ɑ̃]
  • on écrit « à tout҇ instant », on lit « à tout(t)instant » : [a t u t ɛ̃ s t ɑ̃]
  • on écrit « en҇ effet », on lit « en(n)effet » : [ɑ̃ n e f ɛ]
  • on écrit « c’est trop important » → c’est trop(p)important : [c ɛ t r o p ɛ̃ m p ɔ R t ɑ̃]

Selon les cas, elle est obligatoire, interdite ou facultative.

  • La liaison est obligatoire :
  • entre le déterminant suivants et le nom : « un », « deux », « trois », « six »,« dix », « les », « aux », « des », « ces », « mes », « tes », « ses », « nos », « vos »,« leurs », « quelques », « plusieurs », « certains », « (de) nombreux », « quels »,« aucun », « mon », « ton », « son », « tout »…
EXEMPLES
  • des amis → des(z)amis
  • tout homme → tout(t)homme

« Neuf » fait sa liaison en [v] devant quelques mots : « ans », « heures », « hommes », parfois « autres ».

EXEMPLES – Il est neuf‿heures. → Il est neu(v)heures.

– Elle a neuf‿ans. → Elle a neu(v)ans.

  • entre l’adjectif posé avant le nom et le nom lui-même.
EXEMPLES
  • un ancien usage → un(n)ancien(n)usage
  • un savant(t)aveugle   (si   «   aveugle   »   est   un   nom)   mais   «   un   savant aveugle » (si « savant » est le nom)
  • entre les  pronoms  (sujets  ou   compléments)  suivants  devant   ou   après  un verbe : « on », « vous », « nous », « ils », « vous », « y », « en ».
EXEMPLES – ils(z)aiment – on(n)aime – ils vous(z)aiment – ils(z)y vont – courons(z)-y – donnez(z)-en
  • entre « est » et le mot qui suit, dans des phrases à la forme impersonnelle ou avec l’expression « c’est à » ou « c’est aux ».
EXEMPLES
  • Il est(t)évident qu’il
  • C’est(t)à
  • C’est(t)aux parents de décider.
  • entre les adverbes suivants et le mot (unis étroitement) : « très », « moins »,« mieux », « plus », « bien », « trop ».L’orthophonie
EXEMPLES -Cette pièce est trop(p)étroite.

Sa proposition est plus(z)avantageuse.

  • entre la plupart des prépositions qui ont une seule syllabe et le mot qui suit : « en »,« dans », « chez », « sans », « sous ».
EXEMPLES
  • Le train part dans(z)une
  • ils sont chez(z)eux.
  • dans la plupart des mots composés et
EXEMPLES
  • Il faut lire mot(t)à
  • Je lis de temps(z)en
  • La liaison ne se pratique pas :

après la conjonction « et ».

EXEMPLE  – Il a un et une fille.

 

  • après la consonne finale d’un nom au
EXEMPLE 
  • Il fait un temps idéal pour aller à la
  • Ce garçon a un nez
  • après le « s » du pluriel de certains noms suivis de prépositions (« à », « en », e).L’orthophonie
EXEMPLE
  • L’Etat a acheté des moulins à mil pour les femmes du
  • Des sacs en plastique sont vendus
  • après la finale -es de la 2e personne du singulier de l’indicatif présent et du subjonctif présent.L’orthophonie
EXEMPLE
  • Tu portes un pantalon
  • Il faut que tu lui écrives une lettre
  • après les mots terminés en « -rt » en « -rs », sauf s’ils sont suivis de « il », « elle »,

« on » ou s’il s’agit du « t » de l’adverbe « fort » ou du « s » de « toujours ».L’orthophonie

EXEMPLE
  • La flèche a transpercé la pomme de part en
  • Le car part à huit (mais : quand dort-(t)on ? quand sort-(t)elle ?)
  • devant « un », « oui », « onze » et les mots étrangers commençant par « y ».L’orthophonie
EXEMPLE
  • Pour un oui ou un non, il se met en colère.
  • Il est midi moins
  • Mon père a un yacht. (on prononce [j o t])
  • devant les noms de lettres de l’alphabet.
EXEMPLE – des i, des a.
  • Le cas de la lettre « h » :

On distingue deux sortes de « h » : le « h » muet et le « h » dit aspiré.Le « h » muet, comme son nom l’indique, fait partie de l’écriture du mot mais n’a aucun effet sur sa prononciation. Il ne peut pas être précédé de l’article « le » ou « la ».L’orthophonie

EXEMPLE
  • l’homme (et non « le homme »)
  • l’heure (et non « la heure »)
  • l’herbe (et non « la herbe)
  • l’hyène, l’habileté, exhiber, le bonheur,

 

Quant au « h » aspiré, il s’entend faiblement devant certains mots et on peut employer l’article « le » ou « la » devant les noms dont il est placé au début.

EXEMPLE
  • la hache (et non « l’hache)
  • la haie (et non « l’haie)
  • la haine (et non « l’haine »)
  • la halte, la hanche, un handicap, un hangar, le héros, le héron, un hérisson, le haut, la hausse, une hâte, le hasard, le haricot, un hibou, le hiéroglyphe, la honte, le hoquet…

L’orthophonie


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